‹ Précis d'économie politiqueChapitre 68 sur 113 · LE CRÉDIT · texte numérisé non relu

LE CRÉDIT

sont sorties des tentatives chimériques qui ont abouti à d'effroyables banqueroutes, comme celle de Law et de la compagnie du Mississipi au commencement du xviii* siècle, et celle des assignats sous la Révolution. L'expérience de même que le raisonnement démon- I trent la fausseté de cette opinion. Le crédit étant la ^ faculté de disposer du capital d'autrui, moyennant qu'on promet de le rembourser, il en résulte que le crédit déplace un capital, le fait changer de mains, parfois de lieu ; mais il ne crée pas un capital nouveau.

Je prêle 100,000 francs à Pierre ; Pierre les a en plus de ce qu'il avait; mais moi je les ai en moins ; j'ai seulement droit à les recouvrer au moment convenu, mais alors Pierre s'en dessaisira. C'est, sous ce rapport, comme si j'avais prêté mon cheval à Pierre : il serait dans son écurie, il ne serait plus dans la mienne. ^ Notons que l'on ne peut jamais prêter que des choses existantes. Je prête 1,000 francs, parce que je les ai, ou parce qu'ils me sont dus et que je puis contraindre mon débiteur à me les rendre pour les prêter à un autre. Mais je ne pourrais prêter ces 1,000 francs si je ne les avais pas ou si je n'avais pas un débiteur solvable duquel je pusse les réclamer.

Néanmoins, certaines circonstances ont égaré l'esprit public qui est grossier et irréfléchi, et même plusieurs intelligences subtiles. Si Paul, dit-on, prête 1,000 francs à Pierre, Pierre a les 1,000 francs; d'un autre côté Paul a un billet dont il peut se servir si celui qui l'a signé est solvable, pour se procurer lui-même 1,000 francs, s'il en a besoin ; par conséquent l'un et l'autre a la disposition du capital prêté. Gela est spécieux, mais tout à fait inexact. Paul qui a prêté les 1,000 francs à Pierre peut sans doute, avec le billet de ce dernier, s'il inspire confiance, se procurer 1,000 francs; mais il ne les

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