L. if. — ECON. POL. ;l
240 tA CIRCULATION DES RICHESSES.
a pas; il ne peut les obtenir qu'à la condition qu'une troisième personne se dessaisisse des 1 ,000 francs qu'elle possède pour les prêter à Paul. Ainsi, il est faux de dire que le capital existe pour les deux à la fois. Ce qui existe pour l'un, c'est la possession effective du capital pour l'autre, c'est le droit à la récupération de ce capital et à des intérêts.
Le crédit déplace donc les capitaux, il les transfère, il ne crée pas une parcelle de capital.
Les trois utilités du crédit. — Puisque le crédit ne crée pas de capitaux, à quoi sert-il? D'abord, il peut servir ou il peut nuire. Aux nations, aux sociétés, comme aux particuliers, il peut apporter la ruine et la décadence, aussi bien que la richesse et le progrès.
Le crédit peut avoir trois utilités :
1* Le transfert de capital que le crédit opère peut avoir pour conséquence que l'emprunteur tire de ce capital un meilleur parti que le prêteur ne l'aurait fait; c'est là le principal avantage du crédit.
2" Le crédit, en mettant les capitaux dans des mains d'hommes qui en font un usage plus productif que n'auraient pu le faire les hommes qui ont formé ces capitaux par l'épargne, en facilitant, par conséquent, la meilleure utilisation des capitaux dans la société, fait qu'il y a plus d'avantage à créer du capital. Il stimule ainsi l'épargne en en augmentant la rémunération; et à la longue, par une action indirecte, il provoque la formation de capitaux plus abondants.
3" Le crédit, en introduisant dans les payements des modes d'acquittement ou de transfert des capitaux plus rapides et moins coûteux que la monnaie, permet de faire un chiffre d'affaires beaucoup plus considérable avec un moindre chiffre de iponnaie. Or, comme la monnaie est une marchandise qui coûte beaucoup à