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LA NATALITÉ DECROISSANTE EN FRANCE

jcnlionnons notre second projet : l'allocation d'une prime de cinq cents francs, payable en deux annuités, pour la naissance du troisième enfant vivant et de chaque enfant au-delà du troisième par ménage. D'après nos évaluations, ce second sacrifice nécessaire pour maintenir la population française, de souche française, pourrait coûter au Trésor 150 à 175 millions par an ; cela vaudrait mieux qu'une foule de dépenses superflues et ostenta-

oires auxquelles on se livre.

Qu'on ne dise pas que la dépense est considérable; c'est,

^.ans toute la force du mot, une dépense pour l'existence; il

'agit de savoir si la nation française doit continuer d'exister. Au cours de Tannée 1910, il semble que les pouvoirs publics j aient commencé à s'émouvoir du lamentable avenir qui est réservé ' i la nation française, sauf mesures immédiates, énergiques, longtemps maintenues et efficaces. M. le docteur Lannelongue et quelques-uns de ses collègues du Sénat ont proposé d'entrer, mais très timidement, beaucoup trop timidement, dans la voie que nous indiquons depuis quinze ans. Les honorables sénateurs

>roposent d'exiger le mariage à vingt-cinq ans de tous les fonc-

onnaires publics; mais si le mariage est stérile ou à peu près, ;e qui est vraisemblable, l'avantage sera nul; il faut imposer le devoir du troisième enfant par ménage. Personne n'est tenu i'être fonctionnaire public; l'État ne fera violence à personne en excluant de ses cadres ceux qui n'ont pas trois enfants.

Les honorables sénateurs accordent des augmentations de traitements d'après le nombre des enfants; soit, si ces augmentations sont notables. Pour que la charge ne soit pas trop forte, il faudrait tout au moins stipuler, tout en respectant les droits icquis actuels, que le traitement fixé pour chaque poste correspond à celui d'un ménage justifiant de trois enfants vivants et ■que les traitements doivent être réduits pour les fonctionnaires ayant un moindre nombre d'enfants et encore davantage pour les télibataires.

Ainsi le devoir du troisième enfant doit être mis en pleine

vidence par l'État et le troisième enfant doit être la condition ibsolue de toutes les faveurs et de tous les avantages que l'État confère. Les propositions de M. Lannelongue et de ses collègues forment donc une bonne base de discussion; mais elles sont manifestement insuffisantes et il faudra en venir aux deux mesures que nous avons proposées.

Qu'on n'ait aucun souci des critiques plus ou moins spiritueires qu'on peut élever contre ces mesures de saluL L'antiquité a vu des peuples spirituels mourir; il faut éviter que le monde moderne voie se répéter, aux dépens de la France, cette catastrophe. La question est nettement posée par les faits : il s'agit» ie iavoir si la nation française veut continuer de vivre ou si elle»

veut céder la place à un conglomérat confus de races étrangères.

La principale des critiques adressées à ces mesures, c'est que l'État risquerait de se priver du concours d'hommes de premier ordre qui restent célibataires ou n'ont pas trois enfants. Celle critique ne porte pas. L'État, en effet, n'a pas besoin comme fonctionnaires des tout premiers sujets d'une génoralion, des très grands poètes, des très grands artistes, des inventeurs, des créateurs en tout genre; ces hommes exceptionnels trouvent leur emploi naturel et l'ont toujours truuvé dans les carrières libres où ils se mettent bien plus rapidement à leur place; les puissantes sociétés anonymes, dont le nombre s'accroît, offrent notamment aux ingénieurs, administrateurs et autres hommes exceptionnels, un débouché qui vaut mieux pour eux que celui des carrières de l'État, à avancement généralement lent.

Ces carrières de l'Etat, la plupart bureaucratiques, n'exigent on ne comportent que de bonnes capacités moyennes qui abondent dans les sociétés modernes où l'instruction est très répandue. La règle que nous posons qu'il faudrait avoir trois enfants pour être titularisé fonctionnaire de l'Etat ne porterait donc aucun préjudice sérieux au recrutement des carrières de l'État non plus qu'aux hommes d'un mérite exceptionnel qui ne se lrouv<-raient pas dans ce cas.

Outre cette mesure, il est vraisemblable que, pour prévenir le suicide, par défaut de natalité suffisante du peuple français, il faudra recourir aux primes de 500 francs par troisième enfanl vivant et au-delà, prime due en tout élat de cause, quelle que soit la situation de ft)rtune des parents, afin d'éviter toute incertitude, et payable en deux fois : 300 francs peu de temps après la naissance et 200 francs au bout d'un an.

Comme points de comparaison, disons qu'il n'y a pas une seule nation sur le globe où la natalité, c'est-à-dire le cliilfre annuel, des naissances relativement au nombre des habitants, soitaus^i faible qu'elle est en France. On a vu que la natalité française est tombée au-dessous de 20 naissances par 1,000 habitants; or, quoiqu'elle tende à baisser, mais lentement, chez les nations voisines, la natalité encore, dans les années 1907 à 1909, a été d'environ 32 pour 1,000 habitants en Allemagne, 31 p. 0/00 en Italie, c'csl-àdire 50 à 60 p. 0/0 plus élevée qu'en France, de 25 à 26 pour 1,000 habitants dans le Royaume Uni d'Angleterre et d'Irlande, de 25 ai 26 p. 0/00 également en Belgique, soit, pour ces deux derniers pay<,j un quart à un tiers plus élevée qu'en France, sans parler des pa\;y comme l'Autriche-Hongrie, la Russie, les contrées balkaniques oi la natalité est voisine de 40 pour l',000 habitants en ce qui con< cerne la première et dépasse cette proportion pour les autres^ ce qui représente plus du double de la natalité française.

Disons, en finissant^ oue la population de l'Empire allemand'

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.ente de 800,000 à 900,000 âmes antiuellemenl par l'excédent * naissances sur les décès, celle de l'Angleterre de près de 0,000 âmes et que, dans tous les autres pays d'Europe et du inde. In population s'accroit plus ou moins, tandis que la populion française, quasi strictement stationnaire depuis le comencement du xn* siècle, offre les itîdices les plus cen&ins d'un

rès prochain déclin.

Pour plus de détails sur cette question, se reporter à notre

raité théorique et pratique d^Économie politique^ 5' éd'tion. t . pp. 575 à 7i6. ^

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