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II. — La course

Gomme la marche, la course est une allure naturelle à l’homme. Judicieusement employée, elle joue un rôle aussi important qu’utile dans l’éducation physique. Mais, comme on apprend à l’enfant à marcher, il faut aussi lui apprendre à courir.

Pendant la course, le corps doit être légèrement penché en avant, de telle sorte que la propulsion du pied s’effectue obliquement et non verticalement. On tient les coudes dans la demi-flexion, les mains fermées ; on laisse osciller les bras sans contrainte.

Bien entendu, l’enfant ne peut apprendre à courir que par un entrainement rationnel. La durée des exercices de course doit être d’abord très courte, puis on l’accroît progressivement en tenant compte des conditions topographiques du champ de course, du climat, de la saison, de l’âge et de la force de résistance des élèves. En règle générale, sur un sol sans poussière et plat, et en plein air, on peut arriver graduellement, en commençant par une course de quatre minutes au plus, avec reprise, à faire exécuter sans fatigue de un à trois kilomètres selon l’âge : un kilomètre jusqu’à onze ans, deux kilomètres jusqu’à quatorze ans, trois kilomè-

très pour les enfants âgés de plus de quatorze ans. Mais ce dernier terme ne pourrait être dépassé sans excès quel que soit l’âge des élèves. Il est bon, en outre, dans les exercices de marche entremêlés de temps de course, de ne commencer ni cesser la course brusquement, mais de la faire précéder et suivre d’un temps de pas accéléré, en faisant observer aux élèves que, pour obtenir un surcroît de rapidité, ce n’est pas à exagérer l’étendue du pas qu’ils doivent s’appliquer, mais à précipiter le rythme des mouvements.

Le meilleur procédé pédagogique pour l’enseignement des principes qui président à l’exécution des mouvements propres à la course, est, d’après Collineau, le dressage au pas gymnastique. Voici, d’après lui, comment il faut procéder. Dans le pas gymnastique le pied est d’abord détaché du sol et élevé d’une hauteur de dix centimètres ; puis il est porté en avant et ensuite réappliqué sur le sol sur lequel il s’appuie par son tiers antérieur seulement. Ce mouvement doit s’exécuter selon le plan antéro-postérieur du corps et non obliquement, de façon que le pied vienne poser sur le sol non obliquement mais d’aplomb.

L’application la plus élémentaire des règles du pas gymnastique et celle sur laquelle il est le plus aisé d’exercer une surveillance efTec-

tive, continue Collineau, est la course sinueuse dans les chaînes gymnastiques. Un premier élève parcourt successivement toutes les sinuosités des chaînes sans s’arrêter ; les autres le suivent en conservant leurs distances. Lorsque les élèves se rencontrent aux intersections des cercles, ils raccourcissent ou allongent le pas afin de ne point se heurter et pour éviter que deux élèves passent dans le même intervalle. Le maître se place de façon à veiller à ce que l’élève ne porte pas le genou trop haut, rase de son pied le sol sans y poser le talon, allonge franchement la jambe active, garde les coudes au corps, tienne le torse légèrement fléchi en avant sans renverser la tête trop en arrière et avance avec une vitesse moyenne de deux cents mouvements à la minute.

Il faut veiller en même temps à ce que les élèves respirent convenablement et surtout normalement pendant les exercices : inspiration de l’air extérieur par les narines et expiration de l’air provenant des poumons par la bouche. « C’est, dit Collineau, une des conditions indispensables pour éviter l’essoufflement, de même que, dans la course dite de vitesse, précipiter dans toute la mesure du possible les mouvements sans allonger le pas est le plus sûr moyen de ménager ses forces. Pour le coureur consommé, la fatigue musculaire n’est guère

plus grande que dans la marche ; ce qui fait sa résistance, c'est l’ampleur qu’a acquise le jeu des poumons et la placidité relative que conservent les mouvements du cœur ». Par conséquent, dans les exercices de course, ce qu’il faut éviter par dessus tout, c’est ce rythme accéléré, irrégulier et involontaire, spasmodique presque de la respiration qui constitue l’essoulïïement.

On voit l’importance des effets physiologiques que la course produit sur les appareils de la respiration et de la circulation. Ils sont aussi réels, mais plus intenses, que dans la marche. Le tout est de ne pas dépasser le but et de procéder méthodiquement et avec prudence : dans ces conditions, l'exercice de la course constitue un des meilleurs moyens gymnastiques pour fortifier le jeu physiologique des organes de la respiration.

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