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LÀ GY PS H ASTIQUE RESPIRATOIRE

Effets déplorables de l’insuffisance respiratoire. — Importance de la gymnastique respiratoire dans la lutte contre les maladies. — Avantages delà marche et de la course. — Exercices des jambes. — Comment on apprend à respirer. — Les mouvements respiratoires pédagogiques et artificiels. — Leur valeur. — Leur rôle en thérapeutique. — Leur importance comme moyen prophylactique, principalement contre la tuberculose.

Chez l’enfant privé d’exercice la respiration est réduite à son minimum. Il en résulte une sorte d’inertie par insuffisance respiratoire. Or le bon fonctionnement des poumons est un des meilleurs moyens pour conserver non seulement la force et l’énergie, mais surtout la santé. La respiration insuffisante est la cause principale et certaine d’un grand nombre de mala-

(lies. D’abord, par suite du manque d’exercice, les poumons subissent une atrophie réelle; les cellules pulmonaires perdent leur élasticité et leur ressort et deviennent impuissantes pour lutter contre les microbes extérieurs. « Car, écrit Roussel (1), il y a aussi bien de ces bestioles hors de nous que dans notre organisme ; mais réciproquement. Et le tort des pathologistes unilatéraux est de supposer que tous viennent du dehors et que l’organisme est purement passif. Partant de cette hypothèse, ils se mettent en devoir de combattre le microbe à outrance, et pendant ce temps-là ils négligent le macrobe. L’expérience prouve pourtant que la respiration d’un air pur et sain suffit pour guérir la phtisie; à plus forte raison, ce simple régime peut-il la prévenir ».

On voit par là quelle est l’importance de la gymnastique respiratoire. Nous avons montré, dans le chapitre précédent, les effets indiscutables de la marche et de la course sur le bon développement et le bon fonctionnement de l’appareil respiratoire. Du reste tout le monde sait que les bons marcheurs et les bons coureurs ont généralement un développement vraiment athlétique de la poitrine. Par conséquent, pour faire de la gymnastique respiratoire, les exercices des jambes sont les meilleurs. Les

(1) Journal d’hygiène, 1896.

jeux de barre, les jeux de poursuite en général sont, à ce point de vue, les meilleurs à recommander aux enfants.

11 est bon aussi d’apprendre aux enfants à respirer méthodiquement ou mieux physiologiquement. Dérué et E. Laurent (1) recommandent aux maîtres de gymnastique des écoles de faire précéder et suivre chacune de leurs leçons de l’exécution d’un mouvement respiratoire. Ils font exécuter ce mouvement en deux temps et de la façon suivante: au premier temps, s’élever sur la pointe des pieds en portant les mains aux épaules, ensuite au-dessus de la tête, puis tourner la paume des mains en dehors. Au deuxième temps, reposer les talons à terre en laissant tomber les bras le long du corps, la main en pronation. Gomme ils le font justement remarquer, x< ce mouvement est destiné à exagérer, en quelque sorte, l’effort respiratoire et à apporter à l’appareil pulmonaire un volume d’air considérable. Il augmente d’abord le diamètre transversal de la cage thoracique (mains aux épaules) ; il augmente ensuite son diamètre antéro-postérieur (extension latérale des bras, paume des mains en dehors) ; enfin il augmente son diamètre vertical par l'abaissement des bras le long du corps ; l’expiration se fait natu-

(1) Manuel de gymnastique educative et corrective.

follement et sans effort dans ce dernier mouvement et le repos qui suit ».

C’est là évidemment un moyen pédagogique et purement artificiel. Pourtant on ne saurait nier son utilité pour l’enfant au sortir d’une classe où il vient de passer plusieurs heures dans l’air confiné. Il sort le poumon de sa torpeur, le remplit d’air frais et stimule par conséquent son fonctionnement. Il répond ainsi, dans une certaine mesure, aux desiderata formulés par Ch. Yuillemin : « Savoir utiliser toute la surface respiratoire des poumons, écritil, augumenter leur capacité vitale, exercer et fortifier l’élasticité du tissu pulmonaire, inspirer longuement, expirer fortement, c’est soulager le jeu du cœur, c’est faciliter la circulation, c’est assurer l’épuration du sang et sa vivification, c’est reculer les limites de la fatigue, de l’essoufflement et du surmenage ; c’est augmenter la chaleur et la force ; c’est, en un mot, activer la circulation de tous nos organes ».

Ces exercices respiratoires peuvent encore avoir une autre utilité. On se rend compte ainsi de la manière dont respirent les enfants, et, si elle est vicieuse, ou peut la corriger.

Ces exercices respiratoires ont aussi leur importance en thérapeutique. Ils réussissent parfaitement à guérir les anémies dues au défaut d’hématose, autrement dit à l’insuffisance respi-

ratoire. Chez ces sujets, c’est un excellent moyen prophylactique contre la tuberculose à laquelle ils se trouvent prédisposés en raison de leur anémie et aussi à cause des modifications que subit la respiration de leurs sommets. Même et encore au début de la tuberculose, ces exercices, convenablement surveillés, peuvent rendre des services en modifiant la respiration des sommets des poumons et en activant la nutrition. Maurel a fait à ce sujet des expériences intéressantes et réuni des observations probantes. Il conseille vivement l’emploi de cette méthode et il assure qu’elle ne prédispose pas à la tuberculose.

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