II. — Exercices et mouvements employés
Comme nous l’avons dit, les exercices doivent mettre en jeu et faire travailler tous les muscles du corps humain.
L’enfant doit d’abord exécuter des mouvements de rotation, d’extension, de flexion des bras, horizontalement, verticalement, latéralement, dans la station droite, puis les jambes écartées, puis le corps penché en avant.
Ces exercices sont tellement simples qu’ils ont à peine besoin d’être décrits. Pourtant quelques exemples nous feront mieux comprendre.
L’enfant étant dans la station debout, les
mains aux épaules, il élève énergiquement les bras en l’air (le façon à les mettre en extension complète, les paumes des mains tournées en dedans, les coudes restant dans le plan des épaules. Il reste dans cette attitude le temps nécessaire pour compter jusqu’à quatre, soit, selon Demeny, environ six secondes. Puis il lléchit les bras et ramène les mains aux épaules.
Veut-on faire exécuter un mouvement horizontal des bras ? L’enfant étant dans la station droite, il fléchit les avant-bras dans un plan horizontal, en maintenant les coudes écartés en arrière et à la hauteur des épaules, les paumes des mains dirigées vers le sol, les pouces touchant la poitrine. Au commandement, il ouvre vivement les avant-bras, puis ramène les mains à la poitrine, en répétant le mouvement trois ou quatre fois.
Ces deux exercices sont indiqués par Demeny.
Ces mouvements doivent s’exécuter avec une cadence lente. En voici d’autres, recommandés par E. Paz, et qui ont une allure plus vive.
Les poings fermés, les bras tendus perpendiculairement en arrière, l’enfant les élève audessus de la tête et les abaisse sans flexion. Le mouvement se répète cinq ou six fois. Chaque
fois que les bras sont projetés en l’air, la tête doit être projetée en arrière. Paz insiste sur ce point, car, dit-il, ce mouvement souvent répété est très utile aux enfants, à ceux surtout qui, par suite d’une croissance rapide, ont une tendance à pencher la tête et la partie supérieure de la poitrine en avant.
Autres exercices indiqués par Paz : l’enfant étend les bras de chaque côté et les élève par un demi cercle jusqu’à la position verticale, les mains se touchant par leur bord interne ; ou bien il lance simultanément les deux bras, d’avant en arrière, par un mouvement circulaire aussi développé que possible ; ou bien les mains aux épaules, les avant-bras fléchis, il lance les bras en l'air ou en avant, comme s’il voulait faire le coup de poing, etc.
Tous ces mouvements s’exécutent dans la station droite; mais la plupart peuvent aussi et avec avantage s’exécuter dans la station écartée, le corps fléchi en avant, la tête levée.
Pour faire travailler les muscles de la région dorso-lombaire et ceux de la région abdominale, on fait exécuter des mouvements d’extension et de flexion du tronc d’avant en arrière, des mouvements de flexion latérale, des mouvements de circumduction. « A l’état de repos, disent Dérué et E. Laurent (1), le corps cherche à
(1) Loc. cit.
prendre la position qui exige le moins d’effort, et, si l’individu ne réagit pas volontairement, il prend spontanément une attitude affaissée qui avec l’habitude devient naturelle. Au lieu de l’attitude droite de l’homme d’énergie et d’action, c’est l’attitude effondrée du découragé et du gâteux ». Ces mouvements d'extension et de flexion du tronc n’ont précisément d’autre but que de conserver ou de rendre aux muscles la tonicité dont ils ont besoin pour conserver une attitude correcte.
Pour la flexion et l’extension du tronc, l’enfant est dans la station droite, les mains aux hanches; on lui commande de fléchir lentement le tronc en avant, en maintenant le dos aussi droit que possible, les épaules effacées, la tête levée, les genoux tendus. Puis, après être revenu à la position initiale, il étend lentement le tronc, la tète restant dans l’axe du corps, les û’enoux tendus.
Pour la flexion latérale, l’enfant, dans la station debout, les mains aux hanches, incline alternativement le buste à gauche ou à droite. Ce mouvement peut aussi s’exécuter le bras droit à demi fléchi sur l’épaule. L'enfant incline latéralement le buste vers la droite, en laissant retomber le bras droit le long de la jambe et en élevant en même temps le bras gauche en demi flexion sur l’épaule gauche, sans changer
la position de l’arc du corps ; puis il répète le mouvement dans le sens opposé. Paz, qui conseille ce mouvement, recommande de l’exécuter lentement.
Pour la rotation ou circumduction du tronc, l’enfant, dans la station droite, les mains à la nuque ou aux hanches, tourne lentement le corps à droite, puis à gauche, la tète haute, les épaules baissées, les coudes en arrière.
Pour faire travailler les muscles des membres inférieurs, on fait exécuter des mouvements d’extension et de flexion de la jambe, des mouvements de rotation, des sautillements latéraux ou d’avant en arrière.
E. Paz recommande tout particulièrement les exercices suivants.
Dans la station droite, les mains aux hanches, étendre presque horizontalement en avant alternativement la jambe droite et la jambe gauche.
Dans la meme position, lancer alternativement les jambes de côté. On tourne la pointe du pied droit en dehors, et on lance la jambe droite en tournant légèrement la tète du même côté. Puis on ramène la jambe en place, en maintenant la pointe du pied en dehors. On répète le même mouvement avec la jambe gauche et on le poursuit alternativement.
Dans la même position, circumduction de la jambe de dedans en dehors et d’avant en
arrière. On tend d’abord la jambe droite obliquement en avant ; puis on lui fait exécuter un mouvement circulaire d’avant en arrière et on revient directement au point de départ. Après avoir exécuté l’exercice cinq ou six fois avec la jambe droite, on le répète avec la jambe gauche.
Dans la même position, élévation alternative des genoux sur la poitrine, en pliant le jarret sur la cuisse, la pointe du pied tournée vers le sol.
Les mains aux hanches ou à la nuque, élévation sur la pointe des pieds, sans desserrer les talons ni les genoux, en accentuant bien l’extension des orteils.
Les sautillements se font dans différentes attitudes. Voici, d’après Demeny, comment ils s’exécutent.
Dans les sautillements avec fente latérale, les élèves sautent sur place et retombent sur la plante des pieds, les jambes écartées et légèrement fléchies, puis ressautent en rapprochant les pieds.
Dans les sautillements avec fente simultanée en avant et en arrière, les élèves exécutent des sauts successifs sur place, en portant simultanément le pied gauche en avant, le pied droit en arrière, et inversement dans le saut suivant.
Dans les sautillements les jambes croisées, les élèves sautent et retombent sur la pointe des pieds les jambes croisées; puis ils ressautent et retombent les jambes croisées en sens inverse.
Dans les sautillements avec extension du tronc, les élèves sautent verticalement, les bras étendus et les pieds en arrière, avec une forte extension du tronc, et retombent sur la pointe des pieds.
Dans les sautillements avec flexion du tronc, les élèves sautent sur place en portant fortement en avant les membres étendus pendant la suspension du saut et en revenant chaque fois après la chute à la station verticale.
Le saut à cloche-pied s’exécute les mains sur les hanches et une jambe fléchie. L’élève saute en progressant sur l’autre membre inférieur et en changeant alternativement la jambe droite et la jambe gauche.
La danse accroupie constitue un exercice du même genre. Les élèves, en station accroupie, portent par un sursaut la jambe gauche tendue en avant, le talon reposant sur le sol ; puis, par un second sursaut, la ramènent sous le corps pendant qu’ils étendent la droite, et ainsi de suite. L’exercice sera naturellement facilité si les élèves qui l’exécutent donnent la main à deux de leurs camarades.
Quand l’enfant a été suffisamment exercé, on peut passer de ces exercices simples à des exercices plus complexes qui ne sont que des combinaisons des mouvements précédents et qui mettent en jeu un très grand nombre de groupes musculaires. Par exemple, on commande l’élévation du corps sur la pointe des pieds avec flexion sur les membres inférieurs ; ou bien l’extension latérale des bras avec extension de la jambe en arrière ; ou encore l’extension et la flexion des bras horizontalement, verticalement et latéralement, en fléchissant sur les membres inférieurs à chaque extension des bras ; ou encore l’extension et la flexion des bras horizontalement, verticalement et latéralement dans la station accroupie ; l’extension et la flexion des bras verticalement dans la fente en avant, dans la fente en avant la jambe fléchie, le corps en arrière et genou à terre, le corps incliné latéralement, etc. Ces exercices peuvent d’ailleurs être variés à l’infini en les décomposant et en les combinant les uus aux autres. On en trouvera le détail et l’explication dans le manuel de Dérué et E. Laurent.
Comme exercice d'assouplissement, ils recommandent tout particulièrement le mouvement dit d’escrime qu’il faut exécuter de la façon suivante. L’élève se fend latéralement à droite, tout le poids du corps portant sur la jambe
droite en flexion, le jarret gauche tendu. En même temps, il lance le bras droit verticalement, et laisse tomber le bras gauche le long du corps, la paume de la main en dehors. La tète doit être tenue droite et levée ; le pied gauche ne doit pas bouger. Ensuite l’élève ramène les mains aux épaules en se redressant vivement et en rapportant le talon droit à côté du gauche.