LA GYMNASTIQUE ATHLÉTIQUE ET LES EXERCICES AUX AGRÈS
I. — Avantages et inconvénients de cette gymnastique. Ses indications. — Elle est contre-indiquée chez les jeunes enfants. — Inconvénients pour la taille et son accroissement. — Son influence sur le développement des membres et du thorax, sur le poids. — Son utilité au point de vue social.
II. — Le saut. — Définition. — Ses avantages et ses dangers. — L’entraînement préparatoire. — Le saut de pied ferme. — Le saut avec élan. — Le saut avec appui. — Jeux impliquant le saut. — Voltige et saut à la perche.
III. — Equilibres. — Exercices d’équilibre sur le sol. — Exercices d’équilibre sur la poutre. — Effets sur les muscles pelviens.
IV. — Exercices de suspension. — Exercices de suspension aux anneaux. — Exercices à la barre de suspension. — Exercices aux barres parallèles. — Exercices aux échelles obliques, horizontales, verticales. — Exercices avec les échelles verticales jumelles et les perches. — Exercices à la balançoire et au trapèze.
V. — Les haltères. — Leurs effets. — Comme on doit les employer.
VI. — Le s luttes. — Comment doit être comprise la lutte. — Luttes à mains libres. — Luttes avec des bâtons, des cordes, des perches. — Luttes et jeux.
T. — Inconvénients et avantages de cette gymnastique. Ses indications.
Dans l’éducation du cheval, on considère généralement deux périodes : une période d’élevage ou de développement, une période de perfectionnement ou d’entrainement. Il doit en être de même pour l’enfant, car la différence physiologique qui existe entre l’homme et le cheval n’est pas aussi grande qu’on pourrait le croire.
Il est certain que, chez l’enfant, les tissus osseux et musculaires sont en voie de formation. Des efforts violents ou trop intenses auraient certainement des inconvénients. Aussi je crois avec Lagrange que le travail local considérable que détermine la gymnastique aux appareils n’a aucune utilité au point de vue du développement musculaire dans le jeune âge. « Cette gymnastique ne peut pas faire grossir l’enfant. En revanche, elle peut l’empêcher de grandir. » Je persiste à croire, malgré les expériences de Dufestel, que les efforts
musculaires intenses ont une remarquable influence sur le mouvement de croissance et tendent à entraver le développement du corps en hauteur. Voyez, dans les cirques, ces athlètes qui exécutent des exercices acrobatiques surprenants et font montre d’une force musculaire considérable : ce ne sont ni de grands ni de beaux hommes; ils sont presque toujours d’une taille au-dessous de la moyenne.
Tels sont les inconvénients de la méthode, mais elle a aussi ses avantages, quand elle est employée à propos. Chez l’enfant qui a dépassé douze ans et surtout chez celui qui a atteint sa quinzième année, elle peut influencer favorablement le développement corporel : elle augmente manifestement les divers périmètres des membres supérieurs et inférieurs, le périmètre thoracique, ainsi que le poids des sujets. « Suides jeunes gens formés déjà aux exercices du corps, dit Marey (1), l’emploi de certains agrès peut rendre des services et compléter les effets de la gymnastique sans appareils en donnant aux membres supérieurs plus d’égalité d’action, plus de force et un développement musculaire en harmonie avec celui que la course aura fait acquérir aux membres inférieurs. Chacun a besoin de savoir courir, franchir un obstacle,
(I) Mémoires et documents scolaires, n° 7, p. 144.
fournir une longue étape, nager, grimper à une échelle, à un arbre, à une corde, et au besoin repousser une agression. Le programme de l’éducation physique est donc tout naturellement tracé.»