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II. — L’escrime

L’escrime ne doit pas être considérée pour son utilité au point de vue de la défense per-

sonnelle, car elle est nulle. Il y a bien le duel, me dira-t-on. Mais le duel est un véritable combat ou bien une simple parade. Dans le premier cas, c’est un retour à la barbarie primitive, une réminiscence des féroces ordalies mérovingiennes; dans le second cas, c’est une plaisanterie grotesque, indigne de gens sérieux et bonne tout au plus pour des journalistes ou des politiciens de bas étage en mal de réclame.

Mais, siTescrime est peu utile, c’est un sport élégant en môme temps qu’un exercice récréatif et salutaire. Il met enjeu un très grand nombre de muscles et agit favorablement sur la respiration et la circulation, car il exige bien plus une action prompte et continue qu’un grand courant d’efforts et un grand déploiement de forces.

Pour se rendre compte des muscles que l’escrimeur met en jeu, il suffit de se reporter aux attitudes qu’il doit prendre et aux mouvements qu’il doit exécuter pour l’offensive ou la défensive.

Le +ireur, ayant son épée à la main, se tient assis sur les jambes, la droite en avant, la pointe du pied un peu en dehors ; la jambe gauche soutenant un peu plus le poids du corps est également pliée, le pied gauche transversalement posé à plat, les deux talons d’équerre. Le

torse est effacé ; le bras droit demi tendu, la main à hauteur de la pointe du sternum, la pointe de l’épée menaçant le visage de l’adversaire ; le bras gauche est levé, arrondi, de telle sorte que la main gauche soit à hauteur de la tète. Le tireur exécute ensuite toute une série de mouvements pour se mettre en garde, parer, attaquer : mouvements fréquents et variés du bras et surtout du poignet, fentes portant le corps en avant puis le ramenant en arrière, etc.

Ainsi le bras qui tient le fleuret est dans une contraction et un mouvement perpétuels. Le torse, supporté par les membres inférieurs fléchis, est pour l’attaque projeté vivement en avant par l’extension subite d’un des membres inférieurs et l’abaissement simultané du membre supérieur correspondant, et tout aussi vivement reporté à sa place pour la défensive, par le concours simultané d’un bras, des muscles postérieurs du tronc et des deux membres inférieurs. Ces grands mouvements de fente et de reprise de la position dite en garde ont une grande influence sur la respiration et la circulation qu’ils accélèrent.

L’escrime, et c’est là son avantage, met en jeu à peu près tous les muscles, tous les ressorts du corps ; elle agit d’une façon particulièrement active sur le développement des muscles des membres et surtout du tronc. Sous

son influence, les jambes et les bras acquièrent une grande vigueur et une grande souplesse, les reins une merveilleuse élasticité; les épaules s’effacent, la poitrine s’élargit, la respiration devient aisée, la tête est noblement portée, la démarche est rendue plus libre et plus facile.

Ce ne sont certes pas là de médiocres avantages pour les personnes dont l’activité organique et fonctionnelle est ralentie et paresseuse, pour les sédentaires privés d’exercice et prédisposés à l’obésité. Mais P. Labarthe voudrait que les personnes qui se livrent à cet exercice, le pratiquent alternativement des deux mains, de façon à égaliser au profit de la santé et de l’adresse les aptitudes des deux moitiés du corps et à établir la symétrie dans le développement des membres du côté droit et du côté gauche.

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