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IV. — La boxe

« C’est de l’Angleterre que nous vient l’art de la boxe, écrit G. Bonnefont (1) ; c’est là qu’il est pratiqué avec une ardeur commune à toutes les classes de la société. La boxe, de l’autre côté du détroit, est l’argument péremptoire de maintes discussions politiques et sociales ; c’est un moyen tout britannique d’appuyer son dire, c’est enfin la réponse à toute parole mal sonnante. En quelques secondes, deux Anglais se sont mis en position de boxer, leurs poings levés, les yeux dans les

(1) Les exercices du corps.

yeux, tout prêts à échanger avec une mutuelle prodigalité les plus formidables coups de poing dont les humains puissent se gratifier.»

Il y a en Angleterre et en Amérique des boxeurs de profession. « Ces boxeurs, dit encore G. Bonnefont (I), sont moins des êtres humains et intelligents que des brutes qui se distinguent par une force prodigieuse des muscles, une insensibilité aux coups qui passe toute croyance, une santé magnifique qui résiste à des chocs terribles sous lesquels succomberaient des hommes moyennement constitués.

C’est par des préparations préalables, par une éducation spéciale, par l’entraînement pour employer le terme consacré, que ces gens-là parviennent à se faire, pour ainsi dire, un nouveau corps et de nouveaux organes. C’est grâce à l’entraînement que le boxeur se met en état de vaincre un homme d’une force supérieure à la sienne, de même qu’un cheval de course bien entraîné est à même de battre les meilleurs coureurs. Le premier soin du boxeur est de débarrasser son corps de la graisse qui l’alourditet du superflu des liquides qui abondent dans les tissus cellulaires ; il atteint ce résultat par les purgations, la sueur et la diète. La seconde partie du régime a pour but de déve-

(1) Loc. cit.

lopper les muscles et d’imprimer plus d’énergie aux fonctions nutritives, ce qui s’obtient par un exercice gradué et une alimentation réparatrice.

« Après un entraînement régulier et complet, les membres du boxeur ont augmenté de volume ; ses muscles ont acquis de la dureté et sont devenus saillants, élastiques au toucher et doués d’une force de contraction extraordinaire ; son abdomen s’est effacé et la poitrine s’est bombée ; la respiration, ample et profonde, est capable de longs efforts ; l’épiderme est ferme et lisse.»

La boxe, ainsi comprise, n’est qu’un jeu sanglant et sauvage, sans aucune esthétique, un sport de brutes. Mais si la boxe ne devient plus qu’un simulacre, une parade, elle comporte une quantité de mouvements aussi utiles que salutaires.

Placez, en effet, un jeune homme dans la position du boxeur, l’avant-bras gauche le coude en arrière et un peu en dehors, l’avant-bras droit en avant pour couvrir l’estomac, le poing vis-à-vis du corps. C’est la mise en garde. Pour porter un coup de poing, il faut exécuter une extension vive du bras gauche ou droit, en portant le haut du corps en avant en même temps que l’on étend la jambe qui est en arrière. Pour porter un coup de pied, il faut exécuter

une extension AÛve et complète du membre inférieur droit, la pointe du pied tournée en dehors, en portant la tête en arrière et le poids du corps sur la jambe gauche. Le tronc s’incline plus ou moins selon qu’il s’agit d’un coup de pied bas, d’un coup de pied de figure ou d’un coup de pied de flanc.

On comprend toute l’importance et l’utilité de ces exercices comme méthode d’assouplissement. Tous les muscles des membres sont mis en jeu en même temps que ceux du tronc.

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