VI. — L’équitation
L’équitation est un exercice salutaire, mais qui présente en même temps un assez grand nombre d’inconvénients.
Voyons d’abord l’équitation par ses bons côtés.
L’exercice du cheval a un côté esthétique incontestable. Regardez le cavalier sur sa selle : il se tient droit, porte la tête haute, sans raideur, bien mobile au contraire sur le cou ; il a la poitrine saillante, les épaules effacées et bien sur la même ligne, les bras tombant naturellement, les coudes au corps, et formant avec l’avant-bras un angle droit. De la hanche aux genoux, il est comme collé à la selle, tandis que les jambes tombent naturellement, les mollets un peu en dehors, la pointe du pied légèrement en dedans.
L’équitation présente encore, au point de vue hygiénique, une série d’autres avantages particuliers. Elle n’accélère que faiblement la circulation ; elle ne produit que peu de calorique et par suite elle ne brûle pas une grande quantité de carbone. Si l’on prend soin d’éviter les mouvements trop violents, les secousses trop dures, une rapidité trop grande, on peut
considérer l’équitation comme favorisant l’hématose qu’elle rend plus complète.
En somme, les promenades à cheval procucurent un exercice agréable et sans fatigue, qui rompt utilement la monotonie de la vie sédentaire. C’est de plus un excellent stimulant des fonctions digestives, à la condition toutefois de ne pas monter à cheval aussitôt après le repas.
Voyons maintenant le revers de la médaille. Car, à côté de ces avantages, il est incontestable que l’équitation, surtout quand on s’y adonne plusieurs heures par jour, présente des inconvénients sérieux. Les hernies, les varicocèles, les hémorrhoïdes, les inflammations de la vessie et de la prostate, les varices aux jambes sont des maladies très fréquentes chez les cavaliers. Le moyen de les éviter ? Il n’y en a qu’un : c’est de faire de l’équitation modérément et de cesser d’en faire complètement dès l’apparition des premiers symptômes de l’une ou l’autre de ces affections.
Je ne suis pas partisan de l’équitation pour la femme, car, outre la prédisposition aux affections que je viens de signaler, elle peut encore occasionner chez elle des désordres utérins graves. Ajoutez à cela les effets désastreux dus à la selle de côté dont se servent nos amazones. En effet, elle fait prendre au corps
une position tout à fait anormale : la jambe gauche est plus basse que la jambe droite et la hanche gauche est tournée de côté, ce qui fait que le corps est obligé de faire une grande torsion pour se maintenir dans la direction du cheval. Il en résulte, ainsi que le fait observer Deligny, que les organes abdominaux subissent une compression et des tiraillements incessants, que tout le poids du corps porte sur le creux poplité droit, appuyé sur la crosse, et que cette position, déjà gênante au repos, devient, pendant la marche du cheval, une véritable torture. De plus, placée comme elle l’est, la femme ne peut faire usage de ses jambes ; ce sont donc des balanciers qui lui manquent, et elle est penchée sur sa selle en un équilibre parfaitement instable. « Le remède à tous ces inconvénients, dit P. Labarthe, serait que les femmes en arrivent à monter à cheval comme les hommes, à califourchon. Si nos amazones veulent essayer, je suis sûr qu’elles s’en trouveront très bien au point de Ame de leur santé. Pour la question de coquetterie, ce n’est qu’une question de couturier, et je suis sûr qu’ils leur feront de fort jolis costumes appropriés à leur nouvelle façon de monter à cheval.»