DANS
S*iL est yrai que Téloqaence se développe instantanément et d'elle-même sans le secours de Part, il faut avouer aussi que l'art la seconde souvent et lui donne des formes plus pures et plus élégantes arrache, d'avance les ronces du chemin qa'elle doit sui- . vre , et dirige sa marche souvent incertaine et quelquefois téméraire. D'autre part, l'éloquence peut se trouver partout, même dans un ouvrage où l'auteur ne se propose nullement de persuader , et dans lequel il n'adresse la parole à personne. Tels sont l'histoire, le roman, la tragédie et les autres genres dramatiques , la philosophie , les sciences. Alors il arrive de deux choses Tune, ou que l'écrivain parle en son nom , et, dans
Sa ŒITYBES ORATOIRES.
ce cas, il ne rise nullement d*nn bout à l'autre de l'ouvrage à ce que nous appelons éloquence; ou qu'il fasse parler les personnages qu'il met en scène, mais ici l'éloquence de chacun n'occupe qu'une faible portion de l'ouvrage. Dans l'un et l'autre cas , il est visible que l'auteur ne cherche point à communiquer à un auditoire son opinion sur tel ou tel objet De là deux genres d'ouvrages où peut briller l'éloquence, ceux où Ton se propose un but fixe et où l'on veut imposer une détermination à quelqu'un , et ceux où l'on ne s'en propose pas. Les premiers Ae nomment Discours ou Œuvres ora^ toires.
Ce qui distingue extérieurement les ouvrages oratoires de toutes les autres compositions littéraires , c'est que d'ordinaire ils contiennent cinq parties distinctes que Ton nomme Ëxorde, Narration ou Proposition, Division, Confirmation et Péroraison.
On donne le nom êHexorde à la première partie du discours. Elle a pour but d'influencer favorablement les auditeurs et de les préparer indirectement à accueillir ce qu'on veut leur dire ensuite.
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ha, proposition est i'énoncé simple y clair et précis de la (piestion ou do sujet que Ton se propose de traiter. La narration , qui ne peut ^guère avoir lieu que dans des causes civiles ou criminelles, est une exposition d'un fait raconté ou du moins qualifié différemment par deux parties adverses.
Dans la division , Torateur distribue son sujet en deux ou trois points principaux qui doivent être traités successivement dans son discours , et qui formeront autant de parties distinctes.
La confirmation, partie essentielle et fondamentale du discours, consiste, ainsi que l'indique son nom, à étayer par des preuve»
Topinion que Ton a adoptée ou la thèse que l'on soutient. Elle est ordinairement double, et les preuves qu'elle oontient se classent eki deux groupes , les unes offensives par lesquelles l'orateur attaque son antagoniste, et les autres défensives par lesquelles il se protège lui-même contre les attaques. Cette de.uxièn)e moitié de la confirmation se nomme plus spécialement Méfiaation,
La péroraison est cette partie du discours dans laquelle l'orateur, prenant congé de
son auditoire, essaie de nouyeàu de se le ooDcilier et de l'amener à penser, à yonloif , à dire et à faire comme lui.
De ces cinq parties principales , la narration, la division et la confirmation, sont les seules importantes , et c'est d'elles uniquement que nous parlerons en analysant les diverses espèces d'éloquence et les mobiles propres à chaque espèce. Nous allons dire quelques mots de la péroraison et deTexorde(i).
Uexorde étant destiné spécialement à diS' poser l'auditoire en Cateur de la thèse que l'on a entreprise , et à préparer le triomphe, doit , comme l'ensemble même du discours, s'adresser en même temps et à l'intelligence et à la volonté. En d'autres termes, il doit viser à deux points principaux , i*^ à se concilier la bienveillance, voilà pour la volonté; a°à captiver l'attention, voilà pour l'intelligence.
Pour se concilier la bienveillance, il faut , du moins en général, débuter simplement et sans emphase , ne point parler de soi-même
(i) Toir le Traili dé Métoriqoê de rËncicLOPÎDn rox-