‹ Précis d'éloquence et d'art oratoire ...: précédé d'une introductionChapitre 19 sur 27 · ÉLOQUENCE SPÉCULATIVE · texte numérisé non relu

ÉLOQUENCE SPÉCULATIVE

Le ton du discours religieux doit doncétre toujours 'Solennel, imposant, grave, mais noble, po.mpeux et même riche. Prodiguer les omemens de la rhétorique serait ridicule et puéril; mais les rejeter lorsqu'ils seprésoittent, lorsqu'ils naissent du fond du sujet, lorsqu'ils sont en harmonie avec le ton et l'accent de l'orateur, serait un autre excès non moins condamnablef Mais, dira-t-on , comment le luxe des omemens oratoires peut-il se concilier avec cette simplicité, cette sévérité que vous réclamez ? Us se concilieront d'euxmêmes s'ils n^ sont point affectés. La simplicité, la sévérité n'empêche point l'énergie et la complici^tipn des idées. Une suite de ta- Jjleaux et d^ex^mple^ ne «uit pas Irla netteté du style. Or, dans le développement de ce§ exen^ples, dans la description deces tableaux» la diction doit être à la hauteur du sujet que Ton traite; elle doit être brillante, pompeuse, sublime même, selon l'éclat, la pompe ou la sublimité des détails que l'on passe en revue. Écoutez Massillon ; quoi de plus majestueux, de plus grave que son admirable passage sur l'immuable éternité, apapi^ge de l'Être suprême, et sur la fragilité

sRRMOir. 169

d^ Tatùme pensant quHl a placé sur la terre?

Nous irons plus loin encore , et nous oserons dire que non-seulement la magnificence oratoire peut se concilier avec la grayité éyangélique, mais que peut-^tre il y a aussi de la poésie dans ce genre si séyère en apparence , et que l'orateur sacré peut quelquefois sans être infidèle à la majesté de la religion, embellir ses tableaux, ses récits, ses preuves, des nuances brillantes que la poésie fournit à Féloquence. £n effet, soit que Ton considère l'origine mystérieuse du christianisme au milieu de la terre de Palestine et sous le ciel oriental, soit que Ton s'élève par la {fensée à ces dogmes incompréhensibles qu'elle impose , soit qu'on laisse errer ses yeux sur les colonnes gothiques et les vitraux bizarres de nos temples qu'éclaire à peine un jour sombre, on sent en soi-même quelque chose d'infini , de vague , de mélancolique. Déplus^ exploiter, renouveler, modifier des tendances secrètes, peut être pour l'orateur une source de triomphes, et il ne 'peut guère les exploiter qu'en appelant à son aide la poésie, qui compte toutes ces sensa-

tyo ÉLOQUEIfCE SPECULATIVE.

lions dans son domaine. Il faut ajouter, aiF reste, que tout auditoire n'est pas disposé de manière à accueillir des émotions, et quec*est bien plutôt dans le panégyrique funèbre que dans le sermon qu'elles trouvent leur ^ lace.

Peut-être on nous demandera à quel rang nous plaçons Téloquence sacrée , et si nous la croyons égale, inférieure ou supérieure aux deux genres que nous avons analysés ci-dessus. A cette question nous serions tenté de répondre qu'il est impossible de résoudre un tel problème, et qu'établir un parallèle entre deux objets hétérogènes est puéril et vain. Cependant voici notre avis.

L'éloquence de la chaire est peut-être plus sublime et plus vaste que l'éloquence délibérative méme.ËUe est plus sublime, puisqu'elle parle au nom du Ciel, qu'elle explique et commente ses oracles, qu'elle nous montre dans le lointain ses régions lumineuses et ses jouissances; que ses cliens sont la conscience et la loi révélée; ses titres, les droits de l'homme et les miracles de la Divinité ; les intérêts qu'elle agite, ceux d'un long avenir, ceux de l'éternité. Elle est plus vaste en même temps, puisque, tout en étant divine

SEAMOir. lyt

dans son but, elle est humaine dans ses moyens , et que, si elle s'exprime au nom de Dieu y elle parle à Fhomme ; qu'elle protège toutes les infirmités humaines; que Fin-:

nocence opprimée, l'enfance orpheline, la vieillesse souffrante, toutes les infortunes forment son cortège et sont défendues par sa yoix. Mais , si elle l'emporte sur Téloquence dèlibératiye comme vaste et comme sublime, elle lui est inférieure comme éloquence; car elle n'agit point sérieusement sur les passions, qui sont le fait le plus intime de l'homme aux yeux de l'éloquence ; ce n'est point elle qui fait tressaillir les nerfs, circuler plus rapidement le sang dans les veines^ bondir les cœurs , et vibrer les fibres les plus minces et les plus délicates del'organbation.

§ II. Qualités de Vorateur sacré.

Les qualités de l'orateur de la chaire sont ou naturelles ovi acquises. Celles-ci constituent proprement l'instruction.

N°I. Qualités naturelles de t orateur de la chaire. Les premières qualités nécessaires à l'ora-

«7' ÉLOQVBirCB SPicULÀTIVB.

teur sacré sont, comme à celai qui monte à la trihune politique ou qui brille au barreau, une grande dignité dans le maintien , un geste noble , une voix éclatante , sonore et ferme. Il n'est pas nécessaire que sa physionomie soit aussi mobile; car il peint, et par conséquent il doit sentir moins fréquemment les passions ; il suffit qu'elle soit calme, franche, et qu'elle respire l'amour de Dieu, de la religion, de la vertu et du prochain.

Après les qualités phjrsiques que nous ver nonsde mentionner, apparaissent les qualités inteiiecttielies. Les plus brillantes sans doute sont F imagination, par laquelle il revêt toutes Jes abstractions religieuses ou philosophiques d'images brillantes , de formes gracieuses; la raison, à Taide de laquelle il choisit, distribue et enchaîne ses preuves dans un ordre systématique qui les fait toutes valoir les unes par les autres ; Vélocutiojn, sans laquelle il lui serait impossible d'énoncer ses pensées de manière à ne point choquer des oreilles délicates ou superbes ; X esprit ^observation, qui voit et juge le monde et qui lui amasse les matériaux qu'il compte mettre en ordre dans la suite; enfin \Amémoirei, nécessaire dans

QUâJLITES DE L*oaATEtJ& SACHE. Ij3

toute composition littéraire , puisque sans elle on ne saurait pas même suivre un plan, mais plus indispensable encore dans la chaire, puisqu'un usage, qui semble consacré par le temps, a fait une loi de ne pas se présenter devant Vauditoire un cahier à la main. Mais ce sont surtout les qualités morales qui sont nécessaires à l'orateur de la chaire. L'homme qui transmet au reste des hommes les oracles de la Divinité^ et dont les lèvres expliquent, commentent , Consultent l'Évangile, cet homme devrait être pur comme les anges. Il faudrait que l'amour de Dieu et des homme» fût le seul mobile de toutes ses actions et le seul principe de son éloquence. A cette vertu, la première de toutes, il devrait joindre l'humilité, le désîntéressement,la tempérance, la <douceur, la chasteté. Il serait profondément convaincu des vérités de la religion dogmatique ; mais il ne les exalterait pas sans cesse de préférence aux doctrines morales ; il ne s'irriterait pas contre ceux qui voient autrement que lui; surtout il n'invoquerait pas de rigueurs contre les incrédules, et ne conseillerait pas, au nom du Dieu de paix et de miséricorde , de saisir

1^6 i&LOQUENCE SrécVLATlYE.

chef yUible de l'Église, apparaissent à la fois, qu'il faut ua travail opiniâtre pour régulariser et coordonner un ensemble si vaste dans

sa mémoire.

30 Les livres sacrés se présentent ensuite.

Ils doivent être lus ^ relus , appris p^r cœur. C'est le manuel de l'orateur sacré , soit parce que les benutés oratoires et poétiques du premier ordre y étincellent à chaque ligne , soit parce que toute harangue sacrée est on.

développement et un commentaire du texte saint. ' ^

4» La science théologique ne doit point non plus être négligée, quoiqu'elle nous semble la moins importante de toutes. En effet , elle se com{>ose de deux parties , le dogmatisme et le casuitisme. Des réflexions préliminaires et solitaires doivent avoir prouvé d'avance les dogmes à l'homme religieux; quant au casuitisme, cette science, presque continuellement puérile et souvent immorale, scandaleuse, ne peut qu'embrouiller, rétrécir et frapper d*une teinte de servilité les idées indépendantes, largues et claires. £st-il donc si difficile de distin- |[uer le juste de Tinjuste? La raison n'existe**

QUALITÉS DE L*ORA.TEUB SACBÉ. I77

t^elle pas sansll^ casuistes? La conscience ne parle-t-elle pas assez haut et assez distinc-. tement à qui yeut l'écouter et lui obéir ?

5^ Enfin il doit , ainsi que quiconque se voue au culte de l'éloquence , en étudier les principes et dans les rhéteurs et dans les * orateurs. Parmi ceux-ci , il donnera la préférence aux orateurs sacrés, mais sans négliger les autres; car la lecture, la méditation de mille ouvrages de même genre pourraient lui faire contracter un style , un faire uiïiforme, ce qui ne peut manquer d'amener l'ennui y terrible ennemi des impressions oratoires. D'ailleurs, des hommes tels que Démosthènes,Cicéron, Mirabeau et plusieurs de nos contemporains ne peuvent être lus sans fruit. Chacun apporte en quelque sorte une idée à vos pieds ; et vous, instruit p? r lui , ou à faire valoir une idée , ou à détruire une objection , ou à calmer des passions incendiaires , héritier de son expérience , fort de ses traditions , Hche de ses dépouilles , vous agrandissez le domaine que vous vous êtes proposé d'exploiter, et vous embellissez l'éloquence sacrée des beautés de l'éloquence profane.

ÉLOQUENCE. la '

1^8 ÉLOQUEKCE SPÉCULATIVE.

J IIL De la composition du sermon.

Nous considérerons ici trois points principaux, savoir, i** le choix du texte et le choix du sujet; a*» le plan ,pu la division; 3° les preuves.

N° I. Du choix du texte et du choix dtt,

sujet,

L*asage veut que l'orateur évangélique débute par un texte tiré des livres saints. Le choix de ce texte offre quelques difiicultés.

D'abord le sujet doit-il être contenu dans le texte , ou bien le texte doit-il seulement être susceptible de s'appliquer de temps en temps au sijjet; ?

Nos grands orateurs ont presque tous e% presque toujours adopté la dernière méthode. En effet, quelle que soit la richesse ou la profondeur d'un passage de la Bible, ij^ est bien difficile qu'en ce passage repose le germe d'un discours entier. De plus, il est difficile de l'en faire sortir sans subtilité et sans faux goût. Un des orateurs les plus purs et les plus irréprochables qui aient jamais

eOMPOSITXOH DU SE&MOV. I79

existé, Massîllon y ya nous en fournir un exemple.

En effet, dans son sermon sur la confes* sîoni- après avoir pris pour texte ces mots de saint Jean : « Erat multittido cœcorum, claudorum. et aridorum (i) , > il compare les pécheurs qui environnent les tribunaux de la pénitence, aux malades rassemblés sur les bords de la piscine de Jérusalem; et, poursuivant une allégorie fondée sur l'analogie 4e ces infirmités corporelles avec les vices qui paralysent d'ordinaire l'effet des confessions, Û dit : « Il y avait des aveugles, défaut de Uimière ; il y avait des boiteux, défaut de sincérité dans l'aveu de ses fautes ; \l y SL\alt des malades dont les membres étaient desséchés, défaut de douleur dans le repentir. » Cette spiritualisation des infirmités corporelles, si l'on peut s'exprimer {^nsi, est sans doute fort ingénieuse; mais elle est un peu trop recherchée^ et se sent plutôt de la subtilité scolastique que de la simplicité oratoire.

De quels text^ doit-on principalement

(i) Il 7 «Tait un grand nombre d'aTeoglei, de boiteux et de ceux qui avaient lea menibres deuéchés.

tdo BLOQUEirCE SpécULATIVS.

faire choix? C*est le ton et la couleur générale du sujet qui déterminent la réponse à faire à cette question. Ainsi , dans un sujet susceptible de pathétique ou de hantes considérations morales, on choisira des passages analogues, tels que ce passage des Psaumes : Et mmc întelligite reges, erudi' mini qui judicatis urram (psaume si); ou celui-ci de VKc^kûv^XeiFanitas'vanitaiumet omnia vanitas (Ecclésiast. i). Au contraire, si le sujet sévère ou grave est essentiellement inoral , on débutera par un texte qui porte les mêmes caractères. Observons seulement, comme condition essentielle à tous les textes, qu'ils doivent être larges, riches, féconds , et se pf^ter naturellement à toute espèce de développemens.

Quant au choix du sujet, nous recominanderons de ne controverser dans la chaire que la vérité morale et non le dogme. Il est juste de dire néanmoins que ces deux séries de problèmes appartiennent également à l'éloquence sacrée. Mais les dogmes tom* Lent hors du raisonnement; on ne les prou»

vera pas véritablement à la multitude qui , du reste , ne demande pas mieux que d'y

COMPOSITION DU SE&MOIT. iSt

'«Croire; d'ailleurs , quiconque vient au ser* mon est chrétien; pourquoi lui prouver le christianisme? mais peut-être est-il mauvais chrétien , et il faut le corriger. Or, c'est ce que les dissertations de morale instituées dans les sermons produisent ordinairement.

Le véritable champ de l'éloquence sacrée est donc la morale. C'est à la morale sanctionnée et certifiée par l'intervention de Dieu dans les choses humaines et sa protec* tion spéciale, que doit s'attacher l'orateur •qui veut réussir dans ce genre d'éloquence.

No II. Du plan ou de la division.

On sait que dans toutes les œuvres littéraires la composition, le plan, est la partie du travail qoi demande le plus de patience »

de veilles et de méditation, et ce qui suppose la plus grande force de tête. Mais c'est surtout dans le sermon que les orateurs se sont appliqués à établir des plans méthodiques et rigoureux. Voyons les règles qu'il est possible de tirer de leurs ou^ages pour faciliter cette partie de la composition littéraire.

iSs ÉLOQUENCB SPiécULATIVE.

Le plan doit ouvrir un ohamp vaste et fécond à Téloquence. Il faut donc que cette première ordonnance du tableau nous fasse apercevoir nettement, simultanément et parallèlement, des parties réellement opposées les unes aux autres, ou jouant les unes avec les autres. U faut que ces parties ne rentrent point les unes dans les autres. Il est nécessaire surtout qu'elles soient égales en Importance, et que Ton n'oppose pas par exemple à une idée féconde capable de donner naissance à tout un discours , une de ces idées mesquines et pauvres qui forment à peine une sous-division.

Cétait l'usage autrefois que les parties, résultats de cette première'distribution de la matière, fussent au nombre de trois. Lénom et l'essence de la sainte Trinité ne furent pas sans doute étrangers à l'établissement d6 cet usage inventé et consacré dans un siècle de superstitions. Mais aujourd'hui que l'on est revenu de tant d'idées puériles et bizarres, et que l'on ne croit plus rendre hommage aux trois Personnes en distribuant les pensées et les preuves d'un discours en trois masses principales^ on voit bon nombre de

CÔMPOSITIOir DTJSEHMOir. t83

s'érmons qui ne se composent que de deux parties.

Dans rétablissement de ces parties principales du discours, il faut éviter les antithèses stériles et vides de sens, les bpjpositions saperficielles et fondées slir des é'pitbiètes isans fécondité; car alors la harangue, pauvre d'idées, de preuves et d'exemples, se traînera lungui'ssamment sur des abstractions sans intérêt, sur des aperçus sans étendue, sur des subtilités antithétiques et symétrîséeë.

Le cardinal Maury, qui incidente sur ce précepte, donne pour exemple d'un plan fécond et heureux celui du sermon du P. Chapelain.

pour la profession religieuse dé madame la comtesse d'Egmont :« Dans ce monde distingué qui m'écoute, il est un monde qui vous condamne, il est un nionde qui vous plaint, il est un monde qui vous regrette. Il est un monde qui vous condamne : et c'est un monde injuste que je dois confondre. Il est un monde qui vous plaint : et c'est un ihonde aveugle que je veux éclairer. Il est un ttaonde qui vous regrette : et c'est uii monde ami de la Vertu que je veux consoler. Voilà ce qu'on attend de moi , et ce que vous devez en at-

l84 ELOQUEUCfi SPÉCUI.AT1VE.

tendre yous-méme.. En trois mots , justifier la sagesse de votre sacrifice aux yeux du monde injuste >c[ui tous condamne, ce sera la première partie; éclairer sur le bonheur de votre sacrifice le monde aveugle qui vous plaint y ce sera la deuxième partie ; consoler enfin, autant qu'il est en moi, de Téternité de votre sacrifice, le monde raisonnable et chrétien qui vous regrette, ce sera la troisième partie. C'est à vous, divin Esprit , que j'ai vecours! Vous êtes l'esprit de force, l'esprit de lumière, l'esprit de consolation; j'ai besoin de tous ces dons pour confondre le monde, pour éclairer le monde, pour consoler le monde. »

Outre le soin qui doit présider à cette première distribution du sujet en deux ou trois parties, il faut faire attention à l'arrangement de ces mêmes parties. Un grand nombre de prédicateurs, notamment en Italie, ne travaillent, ne développent, ne décorent de toutes les couleurs de l'imaginatioa et de toutes les beautés oratoires, que la première partie du sermon.Quelques pages froides et insignifiantes le terminent, sans rien détailler, rien approfondir. Il est évident que

COMPOSITIOK DU SBRMOIf. lS%

Xîette routine est vicieuse. D'abord il n'y a plus de proportion entre les deux parties, et ensuite la loi de gradation , de progrès* sion, cette loi générale des arts qui yeut qu'on réserve pour la fin ce qu'il y a de plus énergique et de plus brillant, est ouvertement violée. L'éloquence déchoit quand elle cesse de s'élever; que sera-ce quand elle baisse, qu'elle s'éclipse réellement? toutes les impressions antérieures s'évanouissent , et les succès remportés par la première partie du discours deviennent nuls en un instant. Loin donc de placer une deuxième division moins vaste et moins féconde que la première , il faut s'arranger de manière à ce qu'elle prête encore plus aux développemens ingénieux ou profonds, aux images sublimes, aux tableaux frappans, aux argumens décisifs. Le succès sera remarquable.

JEnfin , après la première distribution de la matière, chaque partie principale se trouvera de nouveau divisée, sous-divisée et partagée par nombre de divisions ultérieures.

Ces divisions successives et inégales en importance sont souvent diflQciles à établir. Le principe qui gouverne la première dislribu-

fS6 kIoQUEFCE SPECULiTIVE.

tion de la matière peut s'appliquer égale* ment à celle-ci, et la diriger à peu près de là même manière. L'essentiel est que les divisions égales ne rentrent jamais les unes dans les autres, et qu'elles soient ^réellement parallèles.

N° m. Des preuves et du pathétique»

Ce titre seul nous fournit une subdivision naturelle en deux paragraphes secondaires qui traiteront, l'un des preuves, l'autre du pathétique dans l'éloquence de la chaire.

L Des preuves, — La plus grande partie des principes que nous avons énoncés bi-dessuâ pour les deux genres de l'éloquence incitative peuvent s'appliquer, avec de légères modifications ou à l'aide de quelques équivalens , à la composition du sermon. ,

Les preuves en elles-mêmes sont directes ou tnatérielies , indirectes ou artificielles.

Les preuves directes sont les passages des livres saints et les décrets des conciles, qu'on peut regarder conmie des lois en matière religieuse; les citations des Pères de TÉglise, qui remplissent alors les fonctions de té^ moins ^ et enfin les exemples, qui répon-

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