XI.OGBS. aoi
douces qu'il doit ressentir; dans ceux-lÀ la narration est calme ; elle est fimàne ayee des r^éxions, fruits de rintèlligence et ré* sultats de la méditation.
Le style doit être fleuri» nombreux, spi« rituel et yif. U ne doit s'élever que propor* tionnellement aux idées elles-mêmes, e% coucurremment avec elles.
Un des artifices les plus agréables et les plus propres à diversifier l'uniformité de ces harangues, souvent monotones, est de leur donner une couleur dramatique, ce qu'il est aisé de faire dans la narration.
Il est utile aussi â'envelopper son dis* cours dans ce qu'on appelle un cadre; ce qui consiste à métamorphoser l'ouvrage tout entier en un petit drame où tout est en mouvement, en chaleur , en action. Il en existe deu^ exemples célèbres , l'un est dans l'éloge de Marc-Aurèle par Thomas, l'autre a été fourni par Lucien dans son éloge de Démostkènes. Cet éloge, peu connu et qui mérite de l'être davantage, n'est autre chose qu'un dialogue entre le philosophe qui rêve à l'éloge de Démosthènes, et le poète Tersagoras qui de son côté médite celui d'Homère.
lOa £J.OQUEJSrCE SPBCULATIVH.
Les dernières pages, et celles surtout où il raconte la mort héroïque de Démosthènes , sont magnifiques : il suppose que T^claye chargé par Antipater de s*emparer de Torateur , vient lui apprendre comment il s'est empoisonné. Il était dans le temple de Nep- ^tune à Calaurie, quand on vient le chercher. On lui promet la vie : « Tu me proposes, répond Démosthènes, tu me proposes la vie de la part de ton maître. Ah! si je dois vivre... , que mes conservateurs soient mon pays, les flottes que j'ai armées à mes dé* pens, les fortifications que j'ai élevées. For que j*ai fourni à mes concitoyens, leur liberté que j'ai défendue, leurs lois que j'ai rétablies , le génie sacré de nos législateurs , l'amour de mes concitoyens qui m'ont couronné plus d'une fois , la Grèce entière que
j'ai vengée S'ils ne peuvent rien pour
moi, je choisis la mort; cesse de me séduire.,.. Va porter ce cadavre à ton maître^ mais jamais il n'aura Démosthènes. »
Ces dernières paroles sont sublimes. Démosthènes lui-même n'eût pas mie«x dit.
<nxùm< ^ortrti*.