‹ Précis d'éloquence et d'art oratoire ...: précédé d'une introductionChapitre 25 sur 27 · DES ORATEURS LES PLUS ILLUSTRES · texte numérisé non relu

DES ORATEURS LES PLUS ILLUSTRES

TAJTT ASCIEirS QUE IttODBRSES*

AFER (Domitias), contemporain de TiLére et des trois emperears suivans , fat le pins habile oratenr de son siècle. La véhémence et l'énergie ét9ient les deax caractères principaux de son éloquence. Il monrnt l'an de J.-C. 5g, après avoir possédé les pins hantes dignités et même celle de consul. Quintilien avait été son disciple.

AGCESSEAU ( Henrî-François d»), né à Limoges en 1668, fut nommé procureur général en 1700, chancelier et garde des sceaux en 1 7 1 7 ; disgracié l'année suivante, pour s'être opposé au s^rstème de Lavv , il fut eo 1720 réintégré dans ses fonctions , puis repousse de nouveau en 172a , et rappelé en 1737. Il mourut le 9 février 1751. D'Aguesseau était un des hommes les plus probes et les plus aavans de son siècle ; ses discours, qui ont été recueillis en deux volumes, sont très-rfemarquables par la beauté du style et l'élévation des pensées.

ANDOCIDE , fameux orateuij contemporain

de Soattc, Banni plasiean fois d'Athènes , il parvint tonjonn à ae faire rappeler. Il nous reste de loi qnatre discours.

ANTIPHON de Hhamnnse , sophiste et oratenr , fat le maître de Thucydide. U passe pour être le premier qpi ait exigé un salaire pour sea discours. U contribua par aoB cloquenep k l'établissement du gouTernanent des quatre cents, après la chute du({uel il fut accusé de tra* bison et condamné à mort, 4x i ans ayant J.-C Il nous reste de lui quinze harangues.

ANTOINE (Marc), Jlf. Jntonius ^ père à!Antomus Crettcus, et grand^père du célèbre triumvir, consul Tan 99 avant J.-C, est célèbre surtout commeorateur.il affectait d'improviser on du moins de parler souvent; mais il prépa-» rait tous ses discours avec le plus grand soin. Il excellait surtout à émouvoir les passions. Sa carrière ne fut qu'une longue suite de triomphes oratoires. Le seul Crassus lui disputait la palme de l'éloquence. Il fut tué par les soldats de Marins, l'an 86 avant J.-C, pour avoir ein-> brassé le parti de Sylla. Marins se fit apporter sa tête au milieu d'un festin, et après l'avoir long-temps contemplée, il la fit exposer an Forum sur la tribune aux harangues.

APER ( M. Arzio ) , orateur latin , né dans les Gaules , se distingua à B.ome par une éloquence véhémente, mais un peu prétentieosç

DE L SI.OQUKHGE. asS

et trop chargée d*omemens. Il eêt un dci iatn^ locateurs da Dialogue sur les causes de la eoT" niption de l'éloquence, attribué ordinairement à Tacite et à Qointilien. On a Yonln aussi ,mais à tort, le lui donner. Il monmt l'an de J.-C. 85,

ATHANASE (.9. D. Atcmasius), archeréqne d'Alexandrie, célèbre par acm opposition à U doctrine d'Arins, se fit remarquer surtout an concile de Nioée par son sèle et par son élo* qnenee dont le caractère est l'énergie et la Tivaciié ; c'est à lui qu'on attribue le Sjrmbole de Nicée, -♦

AUGUSTIN (saint), D, Jurelius AuguseinuSf de Tagaste en Afrique, exerça la profession de rhéteur k Carthage et à Milan. Il eut une jeunesse très-orageuse ; mais sitôt qu'il fot entré dans le sein de l'Églûe, il donna l'exemple de toutes les vertus. Il fut, en 395 , nommé à révéché d'Hlppone, qu'il occupa jusqu'à sa mort , arrivée en 420. Saint Augustin est un des écrivains les plus féconds qui aient jamais existé. Outre une quantité considérable d'ouvrages sur divers sujets , on a de lui plus de cent sermons et homélies. On y trouve quelquefois de l'onction et de la facilité, mais rarement de la hardiesse , de la force et de l'entrainement.

BARBAKOUX, un des députés les plus jcuucâ de la Gironde. Il fut proscrit et suppli-

fta4 BIOGRAPHIE

ciéen 1793, avec Yergniauz , Guadet , Ràhaat St.-£lieiiae et autres membres illnstrea de la Convention. Son style élégant et correct nWait pas encore la vignear que lui auraient donnée i'iîge mÀr et l'habitude de la tribune ; mais il promettait nn grand orateur à la France, et il d^ait déjà donné plus que 3es espérances.

«*BARNAVE, nn des députés Girondins qui se signalèrent le pins par leur éloqne&ce «d 179a et 1793, et qai furent portés sur les listes de proscription ^par Robespierre et ses'adhorens. Ce qui distiagae surtout Barnave, c'est l'accord constant de la modération et de la force, et l'inflexible ténacité avec laquelle il pom^nit une question jusqu'à oe qu'il Tait épuisée et résolue.

BARROW (Isaac), né à Londres en 1677, et mort en 1730, professa le grec et la géométrie à Cambridge. Il a donné plusieurs éditions de géomètres grecs, et composé de son propre fonds an grand nombre d'ouvrages anglais. Oa estime principalement ses sermons.

BASILE (saint), surnommé /e Grand, né « Césarée en Cappadoce , en 3^9 , fut nommé à 40 ans évéque de cette ville, et se fit remarquer par sa fermeté contre les Ai'iens. Il moara t en 379, laissant un ^ès- grand nombre d'ouvrages qui se recommandent par l'imaginât ion brillante, une bonne logique et un style tics^

Dis l'bJLOQUEVCS. !I3S

Her. Son chef-d'œavre est VHexatneron. 6a

Recueil de neufhoméUes surVouvrtigedespmrs,

BOLINGBROKE. ( Yoyes la Biog, de la

MOEALK.)

BOSSUET ( Jacqnet-B^nigne), né à Dijon en 1627 « doetenr en Sorbonne en i65a, évé-, qae' de Condom en 1669 , évéque de Meaax eA' x68i, et conseiller d*état en 1697, fat célèbid de bonne heure pa^ ses prédications et par la conversion de qnelqnes illastres protestans. Il a laissé an grand nombre d*oayrages , dont les principaux sont V Histoire universelle , les Foriations, des Sermons et six Onûsonsjfhnèàres, La sablimité est le caractère principal de ces diverses compositions, qoi d*aillenrs sont tontes remarquables par TéradlticA et la force des raisondtmens.

BOU&DALOUE (Louis), jésuite, né à Bonr^ ges en 1 63a , prêcha à Paris, à la cour et en Lan- ^edoc.Ses sermons, extrêmement vantés de son temps , ne sont plus goûtés aujoard*hni ; le senl mérite qu'on puisse y louer , est l'ordre et Faft de faire un plan. Du reste, nulle élévation , des digressions oiseuses, subtiles; de ridicules allégories, et un style lourd, sec, plat, trivial et monotone, et souvent l'accent du fanatisme.

BKUTUS ( M. Junitts ) , meurtrier de César ,' était aussi recommandable par son éloquence et ses talens littéraires , que par ses vertaa pa-

SLOQUBNCB. l5

M(6 BlOGRikPUlE

triotiqaes. Il consacrait la plus grande partie des nnita à Fétade. Son éloquence était nerTeose , concise et pea chargée d'omemens. Il reste de loi nn très-grand nombre de lettres qui se troa- ▼ent parmi celles de Cicéron ad Familiares ; quelqnes-nnes sont des chefs-d'œavre.

CÂLTUS (C Lieinius), fameux oratenr, disputa à Cicéiwn la palme de Téloquence. Il paraît qu'il égalait cet orateur pour l'élégance^ l'harmonie et la correction du style, mais qu'il a^animait rarement et que sa diction était trop sèche et trop nue. Il avait beaucoup de penchant pour la satire, et railla amèrement César et Pompée.

CANNIN'& ( George ) , né en Irlande en 1770, fils de poète et ^oète lui-même. Protégé par le fameux Pitt, il fut nommé, à a3 vos, à la chambre des communes. Orateur élégant, mais prétentieux et satirique, ce ne fut que dans ces derniers temps qu'il sut élever son éloquence à la hauteur de son génie. Parvenu au rang le plus éminent, il vécut assez pour sa gloire, mais pas assez pour le bonheur de son pays. Il est mort le 22 juillet 1837. On a de lui nn recueil considérable de poésies asser remarquables.

CATONd'Utique(Jlf* Porcius Cato Uticensù\

petit-neveu de Caton le Censeur, empêcha le

sénat de nommer Pompée dictateur, ouvrit et ût

prévaloir Pavis de condamner à mort les tom-

DE I. ELOQUBlf G£t 317

»lices de CalilinA) et s'opposa de tontes ses forces m premier Teuimvîrat. Caton s'enferma dans VlJtiqne et s'y donna la mort, l'an 46 avant r.-G. Les anciens, snrtont Sénèqne, ont beantoap vanté l'éloquence de Caton : elle était ''^nergiqne, concise et sententiense.

CÀ.TON le Censeur , grand-oncle de celai-ci^ n'était anssi très-éloqnent. Il restait de Ini cent cinquante harangues du temps de Cicéron, qui Jen parle avec le plus grand éloge.

* CICÉRON (M, TuUius Cicero), le plus fe- 'menx des orateurs romains, naquit à Arpinnm, fl'an 106 avant J.-C, d'une famille peu ûlustre. Il étudia sons le célèbre orateur Crassus , fît nue campagne sons Sylla , dans la |^erre des , Marses ; puis, revenu à !Q.ome , s'appliqua de , nonveaa à la philosophie et à l'éloquence, sous Phelon et Molon. A Tâge de a6 ans il débuta ' an barreau , plaida pour Roscius d'Amérie con- *' tre Chrysogonns, affranchi de Sylla , et gagna ' sa cause. A 3o ans il fut nommé qnesteur et ensuite édile. Ce fut à cette époque (70 avant ; J.-C.) qu'il fit ses sept harangues contre Yerrès, et qu'il parvint à faire exiler ce grand coupable. Il fut ensuite préteur (64) et enfin consul (63). Revéiu de cette hf^ute dignité , il fit rejeter par le peuple même la loi agraire que proposait le tribun Ruffus, découvrît la conspiration de Catilina , força ce conspiratenr à quitter Rome

^iS BIOGRAPHIE

et k faire la gaerre à sa patrie , et fit transfém ei

prison ses principanx complices. Cinq ans apd

il fat exilé, per les intrigues de Clodios, conui

ayant £siit mettre à mort des citoyens romaine

mais son exil ne dura qne deux ans. Dans h

guerres civiles il sai?it le parti de Pompéfl

tnais après la bataille de Pharsale il fit sa soi

mission à César, et revint à Rome ; dès lors j

He jopa plas de rôle politique, excepté qoad

à la mort de César, Antoine .voulut s'empan

de tonte Tantorité; Gcéron vonlnt alors h

opposer le jeune Octave, qu'il croyait moins du

gereux, et prononça contre Antoine les'^qiti

torze admiiables discours des Philippiques. I

triumvir s'en vengea en le portant sur des listl

de proscription, et Cicéron fnt assassiné à Ta

culom , à l'âge de 64 ani| , l'an 43 avant J.^

Il nons reste de Cicéron environ soixante h

tangues, parmi lesquelles les plus fameuses soi

les Verrines , les CatiUnaires , les Philippiques

lepro lÀgario, le pro Milône et \epro Marcell

Dans toutes on remarque au pins haut degi

les grandes gnalités oratoires, la justesse et \

vigueur du raisonnement , le naturel et la v

vacité des mouvemens, l'art des bienséance

le don du patbétique. .'<

COCHIN (Henri), un des plas célèbres qk'

teurs da barreau français, naquit à Païfs q

1687, ejt mourut âgé de 60 ans. Sa vie, qui tf

DB I. SLOQUEirCE. ssg

Alt qa'ane saite de triomphes oratoires, n'offrit 4n reste rie|i de remarqoable. On li publié s^ *'

navres, PaHk, 1 7 5 1 et i|nivaii|es, six vol. in-4*^. ' COTTA ( C.nuiarelius), Camenx orateur romain, ennemi de Marias, qni l'exila, fut nommé' Bonsul l'an y S avant J.-G. Hétait remarquable tartout par l'élégance de son style.

CRASSUS (L. Zdcinius), consul 95 aife avant ^-G., fut, avec Antoine, le plus célèbre orateur le son temps. Il était remarquable surtout par ton style élégant et noble. Cicéron en fait le irincipal interlocuteur du dialogue ile Oratore*

CYRILLE (saint), évéqne d'Alexandrie, mort • ■ 444, laissa un grand nombre d'ouvrages, Urmi lesquels on remarque ses Homélies. Son lyle n^a ni élégance ^ ni clarté , ni précision. I est verbeux , copie souvent des {lassages enlers de l'Ecriture, et recherche les allé|pi|^8 ■zarres et lointaines.

^ DÉMADE (^Démodes), orateur ianKux qni * \ simple matelot s'éleva par son éloquence aux iNmiers emplois de la républiquc^Fait prison- Ker par PhSippe , à la bataille de Qhéronée, I *8 ans avant J.-C, il se concilia , par nn mot *

;^ jrageux, l'estime de ce prince, "qui le rendit

>itôt à la liberté. Sous Alexandre cepen-

tiit il ie vendit à la Macédoine et à Antîpa- Ui . U trahit ensuite ce defmier pour AnIfgoAe , i ^^ ([ti'il engagea à se rendre maître de \pi Grèce.

s3o BIOGHAPHIE

Gassandre, oa selon d'antres, Ântipater loi* même le fit arrêter et le taa de ses proproj mains, Tan 3 18 avant J.-G. Il nous reste nni discours de Démade; cet orateur était sartont; remarquable par son esprit.

DÉMETRIUS de Phalère, ainsi nommé parce qu'il était de Phalère, prés d'Athènes, orateur et homme d'état , disciple de Théophraste , fot élu archonte décennal d'Athènes, l'an 3 1 7 ayani J.-C, et employa ses grands biens à l'embeUisH sèment de la ville. Les Athéniens, charmés àt sa munificence , lui élevèrent 36o statues de bronze. Après dix ans de l'administration b plus sage, il fut chassé par une révolntioa opérée en faveur d'Antigooe, et condamné i mort par contumace. Il se réfugia à la cour k Ptolémée Soter, qui le nomma bibliothécaiie d'Alexandrie, et l'honora de sa confiance. Pt«lémée Philadelphe, successeur de Soter, le iclégua dans la hante Egypte , pour avoir ceoseillé à son prédécesseur de le démériter poor' des enfans4'un autre Ht. Démétrius, ne poavvt supporter son exil, se fit piquer par un aspic et mourut l'an 284 avant J.-C. Il nona res* sons son nom un Traité de rhétoriqne qui passi pour être de la composition de Denya d'IbS' camasse,

DËM0STpÈNES,leplu8 fameux orateur dt l'antiquité, né l'aa 384 avant J.-C, à Péenum,

DE i.*iLOQTmKCE. adi

|>er4it son père à 7 ans. Il dat tontes ses qualités à Int-méme, car son éducation fat négligée, et la natare l'avait traité peu favorablement: cependant, dévoré dn désir de parler en public, il surmonta tontes les diffîcnltés que loi opposaient la' faiblesse de sa poitrine et les vices de sa prononciation , et il parvint à parler nettement et distinctement an milieu dn fracas des assemblées délibérantes. Il avait été hué la première fois qu'il avait parlé en public; mais quand il reparut à la tribune, des applaudissemens unanimes Paccueillirent. Philippe cher* cbait alors à diviser et à soumettre la Grèce. Démosthènes devina et révéla ses projets â tons ses concitoyens et les arma contre ce prince ambitieux. La bataille de Chéronée i^jant ren* versé toutes les espérances d'Athènes et de la Orèce , il se tut pendant quelques années. Accusé , en 3a5 avant J.-G. , de s'être laissé corrompre par les dons d'Harpale, il se retira k Trézène et de là à Egine ; mais à la mort d'Alexandre (3a3), il fut rappelé et revint en triomphe. Son éloquence et celle d'Hypéride firent décréter la guerre Lamiaque. Mais Antipater et Cratère ayant été vainqueurs â Gralion, Athènes fut obligée de livrer ses orateurs. Démosthènes s'enfuit à Calamire dans un temple de Neptune, et, voyant les soldats d'Aptipater approcher ponrle saisir, il «'empoisonna avec

une plame imprégnée d'an venin subtil,. Tab 3aa avant J.-G. Il avait alors 60 ans. Démo»^ thènes pasfe à juste titre pour l'homme le plus éloquent qui ait jamais existé, Nul orateur ne l'égale en force , eu grandeur , en sublimité , en rapidité , en enthousiasme, U convainc , il entraîne, il force à voir ce qu'il voit, à vouloir ce qu'il veut. De plus son style est <^rré' prochable et n'a pas moins d'élégance que de précision et de nerf.

DINARQUE, oratenr grec , disciple d^Théophraste, ayant été accusé de s'être laissé corrompre par l'or des Macédoniens, s'exila 4 Ghaléis et ne revint à Athènes que 1 5 ans après, l'an 307 avant J.-C. H fut mis à mort par Pc- ■lyspa«hon. H noua reste de lui trois harangues.

DIOrf CHRTSOSTOME iiorissait sons Yespasien et ses fils. Domitien, qui le haïssait, voulait le faire mourir; il n'échappa qu'an errant de ville en ville, sous divers déguiseinens. Il pénétra ainsi dans la Mésie et jusque chez les Scythes. Il était dans le camp romain sous un habit de mendiant ; a la nouvelle de la mort de Domitien, l'armée était sur le point de se révolter , quand toat-ànipnp Dion s'élance vers l'autel de Jupiter , se fait co'nnaitre , harangue les troupes et leur persuade de reconnaître IVerva. Il mourut sous Trajan. On dit quHl était chrétien. Il reste de lui quelques harait-

DE L*Éi.oQUKircE. a33

goes et un Traité^ des devoirs des rois. Le nom de Chrysostâme, qai signifie en ^tcm bouche d'or^ lui fat donné à canse de son éloquence.

ESCHINE {JEschines)^ orateur athénien 9 rival de Démosthènes, florissait vers Tan 34a avant J.-C. Envoyé en ambassade près de Philippe, avec Démosthènes, âl se laissa séduire par ee prince , tandis que son collègue demeura incorruptible. Dès lors ils sentirent l*an pour l'autre la haine la plus vive. Après la bataille de Chéronée , Eschine accusa Atypher , sur la motion duqnel la république avait offert une couronne d*or à Démosthènes; il succomba.

Exilé comme calomniateur, il se retira à Rhodes, où il ouvrit une école d'éloquence. Dans la 40iteil passa à Samos et y mourut âgé de 75 ans. On a encore de lui plusieurs discours, entre autres saharangne pour la conronne. Son style est fleuri , inondant , harmonieux , et ne manque pas de force.

FLÉCHUift ( Esprit ) , né à Pemes en i63a, s*acqait une très-grande réputation par ses panégyriques et ses oraisons funèbres, entre antres par celle de Tnrenne, et fut en récompenie nommé à l'évêché dé'Lavaur , puis à celui de Nîmes. II se fit adorer dans ces deux diocèses, par sa charité , sa douceur à l'égard des protes-* tans, et la régularité de ses mœurs. Il mourut en 17 10.

FOX , fameux oratear anglais , adversaire de Pitt et' son rival an ministère et hors du ministère. Sa jeonesse orageuse se passa dans la corroption et les dissentions domestiques. Parvenu de bonne heure à la chambre des communes, il y débuta tout-à-coup avec un éclat extraordinaire ; et , révélé à lui-même par son fiuccès, il se livra à réloqùcnce avec toute la fougue et Texageration de son caractère. Personne ne possédait au même point que lui Part de soulever et de déchaîner les passions , mais il était moins habile à les calmer; il était admirable surtout dans la réplique.

FOT ( Maximilien - Sébastien ) , lieutenant»

général, né àHam(Somme) le 3 février 1775.

n s'illustra dans la carrière militaire, qu'il avait eoAïrassée dès sa jeunesse , comme plus tard à la tribune nationale ; et les champs de Thonnenr ainsi que Tenoeinte dfi assemblées législatives ont tour à tour mis en évidence son courage , ses talens et son patriotisme. La ftâle énergie de son éloquence , qui Fa placé an premier rang des orateurs de notre siècle. Ta fait connaître assez pour que nous soyons dispensés d'en parler plus longuement. Il est mort à Paris, le 28 novembre i8a6. Il a laissé an ouvrage inoportant sur la guerre de la Pé' ninsule,

GERBIER ( Pierre -Jean- Baptiste ),]né i

DE L*ÉLOQUBKGE. a35

Rennes en l'j^S , parat an barrean aTec éclat à rage de a 8 ans, et bientôt effaça tons ses contemporains. Le caractère dominant de son éloquence était Finsinnalion et le pathétique ; sa Toiz et son geste étaient d*ane énergie entraînante, n improvisait presque toujours ov^ du moins parlait sur de simples notes.

GRACQUES (les) Semproniiis et €, Sempromus f fils de Tib. Sempronins Gracchns, consul 175 et i63 ans ayant J.-C. , furent tribuns du peuple ) Tnn en i33, l'autre en ia3.

Ils firent Tun et l'autre passer des lois agraires, qui les rendirent les idoles du peuple , ce qui motiva leur assassinat par le parti des Optimates, Tiberius i33 et Gains lai ans avant J.-C. II parait que jusqu'à eux personne n'avait manié aussi habilement la parole : par malheur il ne nous reste ancun de leurs discours,

GRÉGOIRE ( saint ) de Nazianze composa , entre autres ouvrages , des sermons admirables par la noblesse et la sublimité des pensées, la force et la suite des raisonnemens , la pureté et la variété du style. Il mourut en 389.

GUADET , le plus célèbre des membres du elub de la Gironde, après Fergniaud, prononça à la Convention, en 179a et 17^3 , nu grand nombre de discours éloquens : le pins remarquable est celui où il discuta le sort de Louis XYI, et vota l'appel an peuple. Son style est généra-

lement animé et correct; ses périodes harmoilieases et arrondies. .

HERODE-ATTICUS, fameox orateur et sophiste da deuxième siècle , se distingua sur* toat par son talent d'improvisation. Ilfataaaitre de l'empereor 'Véms , et il parvint an consnlat «n 143.

HORT£NSnJS(Q. Hortaluê) débuta dans la carrière du barreau à 19 ans, et fut regardé comme le premier orateur de sou temps, jusqu'à ce que Cicéron le dépossédât de ce titre. Comme il négligeait beaucoup la composition de ses discours, il survécut à sa réputation. Il ne nous reste aucun de ses ouvrages.

HYPEBJDE ( Byperides ) , orateur athénien, disciple de Socrate et de Platon , prit une part très-active au gouvernement de la république. Après la mort d'Alexandre (324 uis avant J.-C. ) il contribua puissamment à faire décréter la guerre Lamiaque. Mais la perte de la bataille décisive de Cranon ayant' détruit tontes les espérances de la Grèce , Antipater obligea les Athéniens de lui livrer Hypéride, etlç fit mettre à la question pour le forcer à dévoiler les projets secrets des Athéniens. Mais Hypéride se conpa la langue avec ses dents, ponr n'être point tenté de trahir sa patrie. Il monrat l'ao 3a a avant J.>C.

ISÉE, orateur athénien, disciple de Lysias

DE l'eloqu^xce. i37

et A*Isocrate et maître de Démosthèiics, donna le premier anx ouvrages oratoires cette gra^ vite qoi caractérise l'éloquence de la tribune. Son style est plein de grâces sans avoir la moin-> dre trace d'affectation. Il nous reste de Ini onze discours.

ISOCRATE, né à Athènes 487 avant J.-C^ eut pour maitre Erodicus et Gorgias , et ouvrit à Athènes une école d'éloquence où il enseigna avec le plus grand éclat et amassa d'immenses richesses. Xsocrate prit le deuil le jour de la mort de Socrate , et quoique lié d'amitié avec Philippe , roi de Macédoine , il se laissa mourir de faim à la nouvelle de la défaite de Chéronée. H avait alors gg ans. Il nous reste d'Isocrate un assez grand nombre de discours.

JEAN CHRYSOSTOME (saint ), né en 354 A Antioche , évéqne de Constantinople en 3g 8 , mourut exilé en 407. Son éloquence lui mérita le surnom de Chrysostâme , c'est-à-dire bouche et or. En effet on trouve dans tons ses ouvrages, et particulièrement dans ses homélies et at^ sermons , de grandes pensées , beaucoup de feu et un style presque irréprochable.

JULIUS AFmCANUS , célèbre orateur romain , natif d' Afrique , vivait du temps de Tibère. Il se recommandait surtout par l'irréprochable pureté et p«ir l'élégance de son style.

LACTANCE ( X. Ccelius Firmianus Lactan-

238 BI06RA.PHIE

tius) montra une telle éloquence dans tons ses écrits, qae ses contemporains lai donnèrent le snmom de Cicéron-Ckréeien, Il moarat en $25.

LIBÀNIUS, sophiste et orateur d'Antiocb« an quatrième siècle , eut entre autres disciple» saint Basile et saint Jesln Chrysostôme. Julien, qui l'estimait particulièrement, lui offrit vainement plusieurs places éminentes. On ignore quand il mourut. Libaulus avait composé nn grand nombre de panégyriques, de déclama^ fions, etc. Il ne notis est resté de lui que ses lettres et 'vingt-quatre harangues,

LYCURGIJE d'Athènes, fameux orateur, disciple d'Isocrate et de Platon , et contemporain de Démosthènes , fut un des trente orateurs que les Athéniens refusèrent de livrer à Alexandre, n mourut Tan 325 avant J.-C. Il nous reste de loi un discours entier et quelques fragmens.

LTSIAS de Syracuse fut nn des che& de la colonie envoyée par les Athéniens à Thnrcum, l'an 444 avant J.-C. ; revenu à Athènes , il y jouit du plus grand crédit, jusqu'à l'époqao de la domination des trente tyrans, qui l'exilé* rent; il y revint peu après et mourut âgé de Si ans, l'an 3^8 avant J.-C. Il avait composé quatre cent quatre-vingt-cinq harangues , dont trente- quatre seulement sont arrivées jusqu'à

DE L'ÉLOQCmîrCE. ^89

^ODS. ^Le style en est élégant et harmomeaxy is pensées solides , jnstes et bien encLainées.

MAISTRE (Antoine Le) commença à plaider

lè%râge de ai ans; son éloqnence lai mérita la

llace déconseiller d*état. Peu après il renonça

m monde et se confina à Port-Royal , ou il se

LTra pendant plus de vingt ans à Tétnde et à

prière, et où il monrat en i658, âgé de

I ans.

( MARCELLUS (Epn'us), fiamenx délateur

plu temps de Néron, déshonora un beau talent

oratoire par des dénonciations vénales. La

condamnation de Thrasès lui valut 5,ooo,ooa

de sestei'ces ( près de 900,000 fr. ). Il fut en-

^ fuite ministre de Vespasien ; mais ayant con-

;f Hpiré contre lui , il fat condamné par le sénat ^

ypt se coupa la gorge Fan de J.>C. 79.

^. MASCARON (Jules), prêtre de l'Oratoire,

Jj^i à Marseille en 1684, enseigna la rhétorique

■B Mans , et ensuite prêcha à Sanmur et à Paris^

]i(vec des applaudissemens universels. Il fut

p^kommé évéque de Tulle en 1671, et évéque

yi'Agen en 1678. C'est là qu'il mourut en i7o5,

Jk l'âge de 69 ans. Mascaron avait assez d'élo-*

^Inenoe, mais son style est souvent un peu

If iffecté, quelquefois trivial et lourd.

^ MASSILLON (Jean-Baptiste), évéque do

^ ':1ermont , et un des treize orateurs français,

^l laquit à Hières, en Provence, en i663 , et entra

l4o« BIOGRAPHIE

de bonne heore chez les prêtres de l'Oratoire*. Appelé à Paris, il y acquit par ses serinons une répatation méritée, r^ommé à révêché «le Clermont , il s'y distingua plas encore par A»o assidnité et par sa doacear envers les protestans. U mourut en 1742» âgé de 79 ans. Ses ouvrages, recueillis en 17 45 et 1746 9 s® composent de serinons , panégyriques , oraisons funèbres, mystères, conférences et paraphrases sur les psaumes. On trouve dans tous, non-sen- . lement des idées élevées, grandes, nobles, et un style élégant et pur, mais une parfaite connaissance du ccsur humain et beaucoup de pathétique.

MATERNUS , fameux orateur du temps de V Domitien , est un des interlocuteurs du dialogue sur la corruption de V éloquence. Il s'adon-' nait aussi à la poésie et il avait composé une tragédie intitulée Caton.

MBMMIUS , tribun du peuple 1 13 ans avant J. - G. , se montra constamment opposé aux optimales, et, voyant que la plupart d'entre . eux s'étaient laissé corrompre par les dons de Jugurtha et favorisaient ce prince, il parvint à le faire amener de Numidie à Rome pour être jugé. Salluste nous a conservé la substance da «iiscours qu'il prononça â Qptte occasion. Cest un chef-d'œavre d'éloquence et d'adresse.

DESSALA ( M. Falerius Corvinus ) com-

bx I. élfOQUBHCB. a4F

battit dans Tannée de Bratua avec Philippe , et s'empara da oamp d'Auguste pendant .la bataille. Dans la suite il se soomit i Octave, qni le combla d'honnears , et le fit son coUègne dans le consolât , l'an 3 r avant J.-C. Son style était facile, harmomenx et conlant, mais il avait pen, de force.

MlkAB^'U, le pins grand orateur des temps modernes, sil'on en excepte BosBnet.Lcs quarante premières années de sa vie ne firent voir en Im qu'an homme d'esprit, dissipalcnr et déhanché ; et sans la révolution française ^ on n'eut jamais soupçonné ee génie franscendant dont il donna des preuves à la tribunf . Quelques jours lui suffirent pour le faire proclamer par l'opinion le plus éloquent orateur de l'Assemblée nationale. Personne, depuis Démosthènes, n'avait parlé avec la même grandeur et la même simplicité que Mirabeau. Il mourut l'année même de l'ouverture des États-Généraux, en octobre 1789.

Son corps fut enseveli dans l'église de Sainte- Geneviève , alors le Panthéon français.

NOKMANT (Alexis), célèbre avocat au parlement de Paris , joignit à une éloquence énei^ique et mâle un discernement sûr et une probité incorruptible. Il modrdC à Paris en 1745, âfé de 58 ans. « ^

OBJGÈNfi» né à Alexandrie, en i85, étudia sons Ammonius Saccas et. sous saint dément^

ÉLOQUEirCE. x6

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d^ Alexandrie , aaqnel il snocéda dans J^ensef-' gnement catéchistî^e de cette ville. Persécaté comme chrétien sons Septime - Sévère , il se rendît à Rome , on il ee fit des admirateurs et. des amis. Dans la snite il revint à Alexandrie , où il ajouta encore à sa réputation; puis il parcourut la Syrie et là Palestine , prêchant le diristianisme, confondant les hérésies et ramenant des évéqnes illustres dani le sein de inâgUse. Lui-même cependant il fut accusé d'hérésie. Il mourut âgé de 69 ans. Origène a laissé un nombre considérable d'ouvrages , parmi lesquels ses homélies, an nombre de plus de mille, tiennent le premier rang.

PASQUIER (Etienne), conseiller au parlement de Paris, puis avocat général de la chambre des comptes , et un des hommes les plus savans de son temps , plaida long-temps avec d'unanimes applaudisseraens , et fut chargé des plus belles causes. Il composa un grand nombre d'ouvrages tous pleins de sel, d'esprit , d'urbanité, et recommandables par une érudition variée. Il mourut à Paris , en se fermant les yeux lui-même, le 3 x août i6i5 , à 86 ans.

PATRU ( Olivier ) , fameux avocat de Paris, introduisit dans le barreau l'ordre, la clarté, la simplicité et l^bienséance qui y étaient encore inconnus. Il avait une connaissance si parfaite de la langue, que Tangeh» et eusaite

DE l'Éloquence. 243

Boileao le oonsaltaieiit comme un oracle. Reçu de l'Académie française en i64o> il fit nn remercîmentqai plat tellement anx académiciens, qu'ils ordonnèrent qu'à l'avenir tons les récipiendaires en prononceraient nn. Patm mourat en x68i, âgé de 77 ans.

PELLISSON FONÏANIER (Panl), premier commis de Fonqaet, en 1657, s'immortalisa par les factams qa'il composa à la Bastille , en faveur de ce surintendant des finances, et qui sont à la fois de beaux ouvrages et de* belles actions. Ses autres discours ne manquent point d'éloquence. ' Pellisson mourut en 169 3, âgé de 69 ans.

PERICLÈS, le plus célèbre des hommes d'état qui administrèrent la république d'Athènes, dnt son pouvoir à son éloquence, qui était insinuante autant que sublime etpathétiqne.Thucy' dide nous a conservé le discours qu'il prononça pour la sépulture des guerriers morts sur le champ de bataille ; c'est un chef-d'œuvre.

PHOTIUS, patriarche de Constantinople en 867, se signala par son éloquence et son érudition. H reste de lui , sous le nom de Biblio» thèque, un extrait raisonné de plus de deux cent quatre-vingts auteurs anciens.

PITT, fils du célèbre lord Chatam, s'éleva , par ses talens administratifs et par son éloquence, à la place de premier ministre de

a44 BIOGBAPHIB

rAoffkterrc, et gonTcnia vingt ans en maître abflola. L*appr4ciation de sa condnite polhiqae et de son caractère n'appartient point an cadre de cette biographie. Il nons snfEt d'inscrire son nom sor la bste des pins famenx orateurs de tons les siècles, et de dise qne l'Angleterre n'a produit aucun homme que l'on pnîise lui compsrer, eseepté Fox, son antagoniste et son riysl de gloire. L'élégance et la finesse étaient snrtont le caractère de son éloquence.

PLINE le Jenne (C Cœeilius Plinius Seeun* dus), si connu par sa correspondance, débuta à rg ans dans la carrière du barreau , avec un tel éclat qu'on le regarda dès lors comme un des premiers orateurs de son siècle. Il ne nous reste de ses ouvrages oratoires qu'un paitégy- Tique prononcé en Thonnenr de Xrajan. Les pensées en sont nobles et belles , la composition sage, le style élégant et orné.

POLLION {Cn. Asinius Pottio) , favori d'Auguste , orateur, poète, historien et général , vainquit les Dalmates» écrivit plusieurs poèmes et l'histoire de César et de Pompée en dix^ept livres. Il mourut l'an 4 de J.-C. , figé de 80 ans. Il avait*été catuml. Pollion avait b«incoup d'e8> prit et travaillait ses ouvrages avec le plus grand som , peut-être même Irc^ de soin.

POULLE (Loui^), prédicateur ordinaire du roi, et abbé commendatalre de Nogent, mourut

DE JL'siiOQUEirCE. 24^

à Avignon sa patrie, en 1781. Qaand il fit imprimer ses sermons, en 1778, il ne les avait jamais écrits. Cet oratenr a beanconp d'élégance et de coloris dans le style , mais peu de moavemens oratoires et de padiétiqne ; de plos sa diction est souvent ambitieuse et affectée.

SAURIN (Jacques), le plus habile des prédicateurs protestans, était né à î^îmes en 1677 . Très-jeune , il suivit quelque temps le parti des: armes; iiyant ensuite repris ses études en théologie, il alla en Hollande {en 1700), puis en Angleterre, où. il se maria (1703); revenu deux ans après à La Haie, il y prêcha avec un succès extraordinaire. Il y mourut en 1780, âgé de 53 ans. Sanrin avait les qualités essentieilea de l'orateur, et était habile dialecticien.'

SAVONAROLE( Jérôme), religieux dominicain, né à Ferrare en i45a, se rendit odieux aux grands en se faisant chef du parti démocratique de Florence, et au pape Alexandre YI en se déchaînant dans ses prédications contre la mauvaise conduite des ecclésiastiques. Alexandre lui défendit de préciter, Texeoliimuma et enfin le fit arracher de son couvent » et condamner à être pendu et brnlé comme hérétique; ce qai fut exécuté à Florence en 1498. On a de Savonarole un grand nombr^de sermons, où il y a de la véhémence et du pathétique.

SGEVOLA (Q, Mutius)y9ousu\^5 ans avant

a46 blOÛRAPHlE

J.-C., et proconsul d'Asie l'année suivante, fat très-célèbre comme jarisconsnite et comme orateur. U fat tué par ordre de Marins, l*an 8 2 avant J.-C. Il avait été Tnn des maîtres de Cicéron.

SECUNDUS (/u/iu^), orateur romain du

. temps de Titus, publia quelques harangues qui

eurent le plus brillant succès et donnèrent de

lui les plus hautes espérances ; mais il mourut

très-jeune.

SEGAUD (Guillaume), jésuite, né en 1674, commença à prêcher à Paris en 1729. H eut de son vivant quelque réputation, et passa pour éloquent, quoique rien chez lui, excepté ses réminiscences fréquentes des ouvrages du célèbre ministre Saurin, ne soit digne d'un orateur. Se* gaud mourut à 74 ans, en 1748.

SEGNERI (Paul), orateur italien, né à Neptune en i6a4» prêcha et fit des missions dans tonte ritadie, avec un grand succès. Le pape Innocent XI l'appela à Rome, et en fit son pvédicateur ordinaire. U mourut en 1694, ijo ans. Segneri a laissé des sermons et àes-métiiCiitions qui ont été traduits en français.

SENÈQUE. (Voir la Biog, de iaMoZAJX.)

SEYERUS ( T. Ctissius), un des plus habiles orateurs du temps d'Auguste, était célèbre par son esprit et^on penchant à la satire. D refnsa d'encenser le pouvoir impérial; aussi la coup d'Angn«te affectait - elle de mépriser scm élo-

DE t'Él^OQUBNGE. 3 4?

«{tkenoe , et Horace parle de lui avec mépris. Eafia Femperear l'exila à Sériphe, où il monnit de misère Fan de J.-C. 33.

SULPITIUS (Servius Rufus)^ oratear et joriscoDsolte distingné, dispata le consalat k Maréna, Tan 6a avant J.-C, et, n'ayant pn réussir, il accusa son compétiteur de corruption. Jules César le nomma proconsul d'Aébaïe.

Après la mort du dictateor, il fut député d*An« toine, qui disait le siège de Modène, et mourut avant son retour. Cicéron, son intime and, lui fit élever une statue sur la tribune aux harangues.

STMMAQUE ( Ç. Aurelius A^ianus Symmachus)^ orateur du quatrième siècle de Rome, fixt grand-pontife, qaesteur, préteur, correcteur de la Campanie et du Brntium (en 368 ) , proconsul d'Afrique (3 70), préfet de Rome (384},, et enfin consul (391). Le sénat le choisit pour prononcer l'éloge de Yalentinien et de Gratien. Il parla aussi, mais inutilement,devant les mêmes princes, pour obtenir le rétablissement del*antel de la Yictoire. Symmaqne s'était proposé Pline le Jeune pour modèle, et il a avec lui beaucoup de traits de ressemblance. On a de lui un recueil dt lettres dont le myle est très-simple et très-pur.

TACITE (C Cornélius Taâtus)^ le plus grand des historiens, se signala d'abord an barreau et acquit la réputation de premier orateur de son temps. Il prononça le panégyrique de

Tirginias. Ceat à son éloquence qn'il dut sôâ avènement et sa fortune. Il ne nona reste de lui aocnn oavrage parement oratoire.

TERTULLIEN {Q. Septimius Horens TertuUianus), écrivain ecclésiastique dn deoxième et da troisième siècle» composa un très-grand nombt>e d'oavrages pour la défense du chrîstianisme ; malhenrensement il partagea l'hérésie des l^ontanistes. Sou chef- d*œavre est VApolc^ gétique aux Gentils, Ce morceau, ainsi que tout ce qu'a écrit Tertullien, décèle une âme ardente et passionnée, une imagination brillante , sonrent du génie. Mais le style en est barbare et hérissé de locutions africaines.

THEMISTIUS, philosophe et orateur du quatrièmesiècle,enseigna l'éloquence avec nu applaudissement universel, et eut, entre autres dia^ ciplesj libanins et saint Augustin. Il fut nommé amba&sadeur et préfet de Constantinople par Théodose et parYalens^qui de plus lui confia l'é» ducation de son fils Arcadins. Il nous reste de Themistius un commentaire sur Aristote et trente-trois discours, »

THEODOUET, évéque de Cyrrhe en Syrie en 430, composa, entre autrife ouvrages, des sermons qui ofUrent dn choix dans les pensées, de la noblesse dans les expressions.

THOMAS ( Antoine ), d*abord professeur an collège de Beauvais à Paris, fut cinq fois oou^

DE L EI.OQUEHCB. 2 49

roané à VAcadémie française, pour lea éloges du maréchal de Saxe, de étAguesseau, de Duguqf- Trouirtf de Sulljr et de Deseartes, et deyint membre de ce corps littéraire en 1766. Il moamt à OnUins, près de Lyon, en 1785, encore trèsjenne. Il laissa nn assez grand nombre d'onvrages ; mais les plus connnssont ses éloges et^son Essai snr les éloges. Ces morceaux ofïrent en effet de grandes beaatés, des idées ingénieuses, on style élevé, mais de Femphàse et de l'affectatiaD.

TILLOTSON (Jean), archevêque de Cantorbéry, plurvint à cette hante fonction par ses talens oratoires ; ses nombreux sermons ( dont nn tiers environ a été traduit «en français par MM. de Barbeyrac et Biausche , Paris, 8 vol.

in-8*^) servent enclore de modèle, aux prédicateurs anglais, pour la pureté du langage et l'exactitude du style. Il faut avouer cependant que Tillotson s'élève et s'anime rarement , et ^'il n'a pas ce don d'entraîner, de séduire, de captiver les âmes, que nons avons nommé éloquence.

TBACUALUS {M. Qalerius) , couaxd avtc Silius Italiens, l'an de J.-C. 68 , et ensuite favori et ministre d'Othon , fut un des plus habiles orateurs du temps de Nérod. Quintilien parle de lui avec l'accent de l'admiration , et dit qu'il était presque continuellement sublime (plerumque sublimis). Il parait qu'il ^excellait surtout dans l'art de la déclamation.

!k50 BIOGRAJPUIE DE l'ÉLOQUENCE.

VERGNIAUX., dépatc da département de Isf O(iroiidé à 1* Assemblée constituante et à la Convention, et le chef da célèbre parti Girondin. Madame de Staël l*a nommé l'homme le plos éloquent de la révolution. En effet, Tergniaux avait toutes les qualités qui font le grand orateur, la véhémence, la chaleur, la force, une dialectique pressante et un style harmonieux et correct.

Condamné à périr sur Téchafaud, il s'était mont de poison afin de ne pas subir la honte d'ane mort publique; mais la vue de ses amis condamnés au même sttpplice lui fit prendre nne plus noble résolution ; il livra le poison «u geôlier et mont» sur la charrette fatale.

VIBIUS CRISPUS, orateur romain du temps de Néron. On lui attribue la déclamation de Salluste contre Cicéron.

TOUNG, ministre anglais, est plus connu par ses i^uits que par ses Sermons. Cependant ce dernier ouvrage ne manque pas de réputation en Angleterre. Mais le ton généralement froid et monotone avec lequel l'auteur expose la morale de l'Évangile serait peu goûté en France. De plus, la tournure mélancolique des idées de l'auteur fatigue autant et même plus que dans ses Nuits, parce qu'elle n'est rachetée ni par les tableaux majestueux ni par les brillantes couleurs poétiques qui ont donné tant de vogue A son poème.

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