‹ Précis d'embryologie adapté aux sciences médicalesChapitre 122 sur 178 · ÉTABLISSEMENT DE LA CIRCULATION DU NOUVEAU-NÉ · texte numérisé non relu

ÉTABLISSEMENT DE LA CIRCULATION DU NOUVEAU-NÉ

Le premier cri du nouveau-né marque une révolution subite dans le mode circulatoire.

Le poumon se remplit d'air. Cet organe, qui était dense, compacte, devient une véritable éponge vasculaire. Sa brusque dilatation détermine un violent appel du sang : celui-ci se précipite dans les deux poumons par l'artère pulmonaire ; le canal artériel, ne recevant plus de sang s'oblitère par constriction de ses fibres circulaires et par coagulation du sang; les veines pulmonaires ramènent le sang des poumons à l'oreillette gauche. L'augmentation de la pression du sang dans cette cavité détermine la fermeture des lèvres du trou de Botal, qui sont disposées pour s'ouvrir seulement dans l'oreillette gauche. Le sang de la veine cave inférieure s'épanche alors dans l'oreillette droite et de là dans le ventricule droit.

Le cœur est ainsi divisé en deux parties distinctes, l'une veineuse, la droite, l'autre artérielle, lagauche.

APPAREIL CIliCULATOIIlE.

L'arrêt subit du sang dans le canal artériel fait diminuer la pression dans la branche descendante de l'aorte et, partant, dans les artères ombilicales. Aussi les pulsations de celles-ci diminuent-elles rapidement, jusqu'à cessation complète, tandis que la veine ombilicale se vide. Dès lors, le foie reçoit beaucoup moins de sang; la veine porte fournit seule à la circulation hépatique.

Le canal veineux d'Aranzi, ne servant plus au passage du sang, se transforme en cordon fibreux.

L'arrêt de l'apport du sang par la veine ombilicale diminue considérablement la pression dans la veine cave inférieure, nouvelle raison pour que le sang de cette dernière ne puisse passer dans l'oreillette gauche, où la pression a augmenté.

Une question de pratique obstétricale se pose ici : à quel moment doit-on lier et sectionner le cordon? Il est d'usage, à peu près général, de pratiquer la section tardive du cordon. On attend que le pouls des artères ombilicales ne soit plus perceptible. Les artères n'apportant plus de sang, la pression utérine, exercée sur le placenta, exprime, pour ainsi dire, le contenu de cet organe et le pousse dans la veine ombilicale où la circulation est encore aidée par l'aspiration thoracique du nouveau-né. En attendant ainsi, on permet une espèce de transfusion physiologique, du placenta au nouveau-né, pouvant égaler de 30 à 100 grammes de sang. Cette quantité n'est pas négligeable relativement à la masse du sang d'un nouveau-né.

Page 1