THÉORIE VERTÉBRALE DU CRANE
Dès le début de cette étude sur le développement 1 crâne, nous avons constaté une grande analogie
i'6S CRANE.
entre le crâne et le rachis, au point de vue embryogénique.
Il est naturel, dès lors, qu'on ait eu l'idée d'assimiler le crâne à une réunion de vertèbres modifiées par la forme du cerveau.
La théorie vertébrale du crâne, formulée par Gœthe en 1791 et par Oken enl808, est généralement acceptée. Cependant, certains auteurs, comme Huxley, Gegenbaur, la repoussent. A la vérité, si l'on s'en tient à l'examen d'un crâne d'adulte, elle paraît tout d'abord difficile à justifier : il faut, en eftet, voir les apophyses épineuses dans les grands os plats de la voûte; d'autre part, il s'est produit des soudures qui cachent les unités vertébrales primitives. Mais, en suivant le développement, on peut reconnaître dans le crâne les éléments vertébraux.
Comme au niveau du rachis, nous ti'ouvons, dans le crâne cordai, la notocorde avec ses portions effilées et ses renflements, véritables disques intervertébraux. Le premier de ces disques est représenté par le ligament occipito-odontoïdien, qui offre un renflement cordai; le second est entre l'apophyse basilaire et le sphénoïde postérieur; le troisième, situé entre les deux sphénoïdes, disparaît très vite chez l'homme.
Pour le crâne antérieur ou praecordal, l'assimilation vertébrale est plus problématique, et, avec Mihalkowics et KôUiker, il nous semble qu'on ne doit voir en lui que le produit d'une prolifération du segment le plus antérieur du rudiment crânien primitif.
TnÉOniE VERTÉBRALE DU CRAKE.
Les auteurs varient beaucoup sur le nombre de vertèbres que l'on peut admettre dans le crâne.
Gegenbaur, hostile à la théorie, dit qu'il devrait y en avoir dix, puisqu'il y a dix paires de nerfs crâniens assimilables aux nerfs rachidiens, l'optique et l'olfactif étant des expansions du cerveau. Mais il y a évidemment réduction du nombre des segments. Les trous de conjugaison se sont fusionnés et se sont réduits à deux : le premier représenté par la fente sphénoïdalc, le second par le trou déchiré postérieur; il y a, de plus, des trous accessoires. Avec Cruveilhier et Sappey nous admettrons donc trois vertèbres crâniennes laissant persister entre elles deux trous de conjugaison.
1» Vertèbre occipitale. — Les diverses parties de la vertèbre sont ainsi représentées : corps, apopMjse basilaire; canal, trou occipital; lames, écaille; apophyse épineuse, crùte et protubérance occipitale ea;ferae.- apophyses articulaires, conclyles ; apophyses transverses, apophyses jugulaires ; disque intervertébral, ligament occipito-odontoïdien ; trou de conjugaison, trou déchiré postérieur ; le trou condylien antérieur est un trou accessoire.
2° Vertèbre moyenne ou sphéno-temporopariétale. — Ainsi composée : corps, corps du sphénoïde postérieur ; canal, portion delà cavité crânienne située au-dessus; lames, grandes ailes et temporaux (rocher); apophyses épineuses, pariétaux; apophyses trans verses, apophyses mastoîdes ; trous de conjugaison, en arrière, le trou déchiré postérieur et la fosse jugulaire; en avant, la fente sphénoldale. Le
CRANE
pédicule de la vertèbre est la portion rétrécie comprise entre ces deux trous. Nous avons constaté la présence de disques fibreux entre l'occipital et le sphénoïde postérieur, entre les deux portions du sphénoïde.
3" Vertèbre antérieure ou s phéno -frontale.
— Ses éléments sont les suivants : corps, portion antérieure du corps du sphénoïde; canal, concavité du frontal; lames, apophyses d'Ingrassias ; apophyses épineuses, les deux moitiés du frontal: apophyses Irans verses, apo2}hyses orbitaires externes. Nous connaissons le trou de conjugaison.
Nous n'insistons pas sur les vertèbres faciales dont l'existence n'est pas suffisamment justifiée.