IV. CONDUIT ANAL
L'anus n'est pas un simple orifice, où la muqueuse de l'intestin se met en continuité avec la peau; c'est un véritable canal de 12 à 14 millimètres de hauteur; il se forme indépendamment du rectum.
Rappelons que l'extrémité postérieure de l'intestin est en cul-de-sac et que la vésicule allantoïde
TUBE DIGESTIF
s'ouvre dans ce c'ul-de-sac. La portion inférieure, qui leur est commune, constitue le cloaque inlerne (Ci, fig. 99).
Formation du cloaque. — L'ectoderme, correspondant au planclier du bassin, se soulève en un bourgeon solide (Ce) qui s'enfonce dans le mésoderme et entre en contact avec l'entoderme du cloaque interne : c'est le bourgeon chacal (Ce). Il se creuse d'une cavité dite cloaque externe; les deux cloaques ne sont alors séparés que par une double cloison épithéliale. Celle-ci se résorbe et, vers la fin du 1" mois, les deux cavités n'en font qu'une qui prend le nom de cloaque propremeiit dit (C, fig. 100).
Les choses se maintiennent dans cet état jusque vers le milieu du 2'' mois.
Cloisonnement du cloaque. — A cette époque, la lame mésodermique, située entre le rectum et l'allantoïde et appelée éperon ou repli périnéal{P), s'avance, des parties profondes, vers les lèvres externes du cloaque; l'éperon s'unit à deux plis longitudinaux ou ph's latéraux de Rathke qui naissent sur les parois latérales du cloaque. Ainsi se constitue, à l'intérieur de ce conduit, une cloison qui descend de plus en plus et atteint l'oi^fice cloacal. D'autre part, les lèvres latérales de l'ouverture cutanée du cloaque {replis génitaux) se rapprochent, dans leur portion correspondant aux plis latéraux de Rathke, et se fusionnent sur la ligne médiane, en s'unissant a la cloison cloacale. Le cloaque est, dès lors, divisé éh- deux portions, l'une antérieure, qui sera le sinus
CONDOrr ANAL. 229
iiro-génilal, l'aiUre postérieure, excavation uno-rec-
DeUX SCHEHAS DESTIMÏS a MONTREU L\ FOnilATION DU CLOAQUIi.
FiG. 90. — Le cloaque est ENconE fermi^:.
, A, vésicule allantoïde ; — B, rectum ; — E, éperon ou repli périnéal ; — Ci, cloaque iuterne; — Ce, bourgeon cloacal, se creusant d'une caTlté (cloaque externe des anciens auteurs). Avec les descriptions nouvelles, Ce, représentera le bouchon cloacal, en avant de lui se montrera le tubercule génital. La paroi inféro-antérieure fermant le clo.ique sera la lame cloacale.
TUBE DIGESTIF
taie; la cloison qui les sépare est le rudiment du périnée. Le cloisonnement est réalisé à la fin du 2^ mois.
Le bourgeon cloacal est ectoderraique , aussi chez l'adulte, le conduit anal, qui en dérive, cst-il tapissé par une muqueuse dermo-papillaire ; celle-ci s'arrête brusquement au niveau de la ligne anorectale : entre l'épithélium cylindrique du rectum et l'épithélium pavimenteux stratifié de la muqueuse anale, existe une ligne nette de démarcation. C'est, au contraire, par une transition insensible qu'on passe de la muqueuse anale à la peau.
Nous avons décrit le cloisonnement du cloaque et le mode de formation du périnée d'après l'ancienne et classique théorie de Rathke (1832). Elle n'est cependant pas admise par tous les auteurs.
KoUiker et Mihalkovics (1885) font jouer le principal rôle à la descente de Véperon périnéal, tout en admettant que les lèvres de l'orifice cloacal s'unissent à cette cloison pour constituer le périnée.
Tourneux (1) soutient que la cloison uréthrorectale et le périnée se développent exclusivement aux dépens de l'éperon périnéal qui descend ; pour lui, le revêtement du périnée serait d'origine entoderraique.
L'ancienne théorie paraissait fort ébranlée, lors-
(1) Tourneux. Premiers Journ. de l'anal., 1888. — fœtus humain, Ibid. 1889.
développements du cloaque, Du tubercule génital chez le