‹ Précis d'embryologie adapté aux sciences médicalesChapitre 92 sur 178 · CONDUIT ANAL · texte numérisé non relu

CONDUIT ANAL

qu'elle, a été de nouveau relevée et soutenue parRetterer(l). Pour cet auteur, deux plis latéraux (les plis latéraux de Rathke) cloisonnent la cavité cloacale comme deux rideaux transversaux qui s'avancent l'un vers l'autre. L'épei-ou périnéal s'unit, en haut, avec ces replis. Le raphé périnéal est dû à la soudure des replis génitaux et surtout à ce fait, qu'après leur soudure, ils continuent leur mouvement de réQexion et de rapprochement vers la ligne médiane (2).

La description du cloisonnement cloacal, que nous avons donnée d'après Rathke, peut donc être retenue. Il n'en est pas de même du mécanisme que nous avons admis pour la formation de la région anale.

Formation de la région anale. — La théorie du cloaque externe marchant vers le cloaque interne, encore acceptée partons les chirurgiens pour expliquer les malformations de l'anus (3), ne saurait plus être soutenue. Les travaux de Gasser (1880) et de Mihalkovics (1885) sur le poulet, de Mihalkovics et de Strahl (1886) sur le lapin, de Tourneux et de Retterer la contredisent absolument.

Quand le cloaque est encore fermé, sa paroi inféro-antérieure ou éminence cloacale est formée

(1) Retterer. Région ano-génitale des mammifères, Journ. de l'anal., 1890.

(2) Malgré les arguments présentés par Retterer, Tourneux maintient encore (Soc. de Biologie, 28 avril 1890) la descente de l'éperon périnéal.

(3) Jeannel. Malformations de l'anus, Rev. de c/iir., 1887.

TUBE DIGESTIF

par l'ectoderme et l'entoderme séparés par une mince couche de tissu mésodermique. Celle-ci disparaît rapidement et la paroi est alors constituée par une masse de cellules épithéliales; l'entoderme est aussi épaissi que l'ectoderme, si bien qu'il est difficile de préciser l'origine de cette masse épi- Ihéliale, connue sous le nom de membrane cloacale {bouchon chacal de Tourneux) ; nous admettrons, avec la généralité des auteurs, qu'elle est d'origine ectodermique.

' La portioii principale du bouchon cloacal (nous la figurons par Ce, fig. 91) correspond à la partie antérieure du cloaque , c'est-à-dire au futur sinus uro-génital. De cette portion, part une lame épithéliale mince, formée par l'adossement de l'ectoderme et de l'entoderme, et qui ferme le cloaque au niveau de la future région anale (c'est la membrane anale de quelques auteurs).

Quand le cloaque [Cl, fig. 141 , A, p. 340) s'est ouverl (fin du premier mois), par résorption ou déchirure de la région moyenne de sa paroi épithéliale, les lèvres de son orifice externe, constituées par la somatopleure, s'épaississent et prennent l'aspect d'un bourrelet circulaire aplati transversalement. L'arc antérieur du bourrelet deviendra le tubercule génital {Bg); l'arc postérieur forme le repli post-anal {Bp\ et les parties latérales intermédiaires s'appelleront les replis génitaux [Rg).

Le cloaque se cloisonne (fin du deuxième mois); les moitiés postérieures des rep)lis génitaux se réunissent sur la ligne médiane en formant le périnée

JULFORMATIONS.

et lé rep/t prcanal. Ce dernier, avec le repli postanal, limite alors une fente transversale qui est l'orifice anal. D'abord transversale, la fente anale devient tour à tour triangulaire, éloilée et enfin antéro-postérieure, par suite de l'accroissement de ses lèvres ou bords, qui se soulèvent en tubercules tendant à se rapprocher vers la ligne médiane. Les parois de la cavité anale sont tapissées par les restes de l'ancienne masse épithéliale cloacale (1).

Malformations. — Cette région est le siège de malformations multiples bien étudiées par Trélat.

Les imperforalions organiques sont parfaitement expliquées par l'embryogénie.

L'anus peut, faire complètement défaut : il ne s'est pas développé et la membrane anale superflcielle persiste. D'autres fois, le conduit anal existe, avec son sphincter externe, mais il y a imperforation. Dans l'un et l'autre cas, le rectum affecte avec l'anus imperforé des rapports, variables. Le plus souvent, le cul-de-sac rectal est placé au-dessus du cul-de-sac anal, k une distance plus ou moins grande. Les chirurgiens disent alors que les deux cloaques ne se sont pas rencontrés ; cette explication n'est plus d'accord avec les faits et doit être abandonnée.

Quand l'anus n'existe pas, il y a eu évidemment

(I) Cette courte description est faite d'après les dessins de Reichel (1888), de Tourneux et de Réitérer. Ces auteurs divergent entre eux au point de vue de l'interprétation des mêmes faits. Il serait trop long de les suivre dans leurs dcbats.

TUDE DIGESTIF

arrêt de développement et l'explication ressort de l'évolution embryologique même. Quand il existe et que le rectum reste clos au-dessus de lui, Retterer pense que le revêtement épithélial a fait défaut à l'extrémité inférieure du tube intestinal, ce qui a déterminé la soudure des parois du rectum et leur fusion en un cordon fibreux.

Le plus souvent, quand l'anus est imperforé, le rectum s'ouvre dans la vessie ou dans la portion membraneuse de Turèthre. Ces abouchements anormaux s'expliquent par un arrêt dans le cloisonnement du cloaque; le rectum s'abouche en un point variable du sinus uro-génital.

Il peut encore s'ouvrir soit sur le périnée, soit sous le scrotum, soit sur une portion plus antérieure du pénis. Dans ces cas, l'anus existe imperforé; les replis génitaux se sont soudés, dans leur portion préanale, avant l'arrivée de la cloison urétbro-rectale; dès lors, le segment inférieur du conduit cloacal continue à se cloisonner et le rectum s'allonge ainsi plus ou moins au-devant du pont cutané formé par les replis génitaux (Retterer).

Le rectum peut aussi s'aboucher dans le vagin ou dans le vestibule, ce que nous expliquerons en étudiant le développement des organes génitaux externes.

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