IV. - VOIES URINAIRES. - On a
vu que l'allantoide intra-embryonnaire comprend deux segments : l'ouraque et la vessie.
A. L'ouraque représente la partie supérieure de l'allantoide intra-embryonnaire ; elle s'oblitère pendant la 2® moitié de la vie intra-utérine, en laissant souvent comme résidus de petites cavités kystiques, parfois alignées en chapelet.
Fig. 202. — Un segment du métanéphros chez un embryon humain de 3 cm. 1.
C, collecteur ; S, partie initiale (glomérule) du segment sécréteur, coupé à quatre autres reprises.
240 ORGANOOENÊSÈ
B. lia vessie est reconnaissable, dans rabdomcn, à la fîn dy l^^^ mois. Comprise dans l'épaisseup de la paroi abdominale, elle fait saillie dans le cœlome ; elle émigré, apfès la naissance, dans le bassin. La vessie s'ouvre, en bas, dans le sinus uro-génital, et c'est l'uretère qui marque la limite de» deux organes. Chez certains animaux, les uretères débouchent aU sommet de la vessie : en pareil cas, la vessie est tout entiwe d'origine sinusienne. Chez l'Homme, la vessie procède en majeure partie de l'aUantoïde, et en petite partie {trigone) de la partie la plus élevée du sinus uro-génital. Cette partie hnute du sinus est incorporée par la vessie, du fait de la séparation et de b. migration, en sens inverse, des uretères et du canal de Wolfî,
C. Urètre masculin. — L'urètre masculin procède du sinus uro-génitàl et du tubercule génital.
a) Urètre sinusienh — a) Outre le trigone, \^^ portion haute du sinus fournit la partie supérieure de l'urètre prostatique ; cette région, à fonction strictement urinaire, &êi limitée en bas par le débouché des canaux éjaculateurs (canaux de Wolff) et de l'utricule prostatique (canaux de Mûller). p) De la partie inférieure du sinus, dérivent le segment inférieur de l'urètre prostatique et l'urètre membraneux {portion uro- génitale du sinus), y) Quant à l'extrémité du sinus^ elle constitue l'urètre bulbaire quand le bouchon épithélial [bouchon doacal) qui l'obturait a disparu. L'urètre sinusien est d'origine endodermique. Un sphincter strié l'entoure. Ce sphincter, d'origine cloacale, embrasse seulement les parties antéi^olatérales de l'urètre prostatique, tandis qu'il enserre d'un anneétl complet l'urètre membraneux.
b) Urètre spongieux. — L'urètre spongieux se forme à la face inférieure du tubercule génital (Voir p. 254), son épithélium de revêtement procède vraisemblablement de la partie superficielle, ou ecioâ^tmiqws de la membrane uro-génitale.
D. Urètre féminin. — L'urètre féminin ne répond qu'à une partie de 'urètre masculin (1). Voilà pourquoi il est court; il est, tout entier d'origine endodermique. Sa partie supérieure est entourée d'un sphincter annulaire. Sa partie inférieure résulte du cloisonnement du sinus : ce cloisonnement segmente le sinus en deux canaux : l'un postérieur ((^agm), l'autre antérieur [urètre) ; cette portion de l'urètre, entourée d'un sphincter incomplet, entre en rapport avec le bulbe et le bulbo-caverneux. L'extrémité superficielle du sinus est obturée par la lame uro-génitale. En se
(1) Il répondrait exactement au liegment supérieur de l'urètre prostatique, limité en bas pa J 'orifice do l'utricule prosiatiqtiflt
APPAREIL URO-OËNITAL 241
désapfrégeant, cette lame épithôliale donne naissance à une fossette |(vrfibule, canal vestihulaire) au fond de laquelle débouchent urètre et vagin.
Le cloisonnement du sinus varie, dans son étendue, avec les espèces. Chez la Hyène et l'Eléphant, tout cloisonnement fait défaut : le sinus est un vestibule commun à l'urètre et aux voies génitales. Chez le Cobaye, le cloisonnement est complot : il n'existe pas de vestibule. Dans l'espèce humaine, le cloisonnement est IMirticl : urètre et vagin s'ouvrent dans un vestibule, d'assez courte étendue.
E. Annexes de Tyrètro. - Comme annexes de l' urètre, il y a lieu de dibtinguer la prostate, les glandes bulbo-urétrales, les glandes vulvo-vaginaljs.
La prostate se développe au 3^ mois, aux dépens de l'épithélium du sinus uro-génital. Les glandes, dont l'ensemble constitue la prostate, sont alignées sur deux rangs, à droite et à gauche de la ligne médiane : voilà pourquoi on parle parfois c des prostates » de l'embryon. Elles portent des bourgeons (4^ mois) qui se canalisent au 5® mois. Au moment de la naissance, les glandes se sont étendues sur presque toute la circonférence de l'urètre prostatique.
Les glandes bulbo-urétrales se développent comme la prostate. Elles apparaissent sur le sinus uro-génital au 3^ mois, se ramifient au 4^ et se canalisent au 5® mois.
Certains auteurs décrivent comme un rudiment de prostate les glandules éparses sur l'urètre féminin ; d'autres considèrent comme homologues de la prostate masculine les deux conduits de Skene qui s'ouvrent au bord postérieur du méat.
Quant aux glandes vulvo-vaginales, leur évolution rappelle celle des glandes bulbo-urétrales.