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L'ART EN FRANCE AU X\* ET AU XVI* SIÈCLE

existent encore en Flandre rien ne révèle la naissance d’une école vraiment originale et qui ait introduit un réalisme

nouveau. Il est vrai que la plus grande partie des œuvres d’art du moyen âge, aux Pays-Bas, ont été détruites lors des guerres de religion. La cour, de Bourgogne avait aussi

Cliché Giraudon.

ne. 140. — michel colombe. — tombeau de François 11. (Cathédrale de Nantes.)

LA RENAISSANCE

ses peintres : Jean Malouel, originaire de la Gueldre; Henri Bellechose, du Brabant ; Michel Broederlam, d’Ypres. Deux tableaux du Louvre ( Martyres de saint Denis et de saint Georges ) leur sont attribués, mais l’école de peinture n’eut pas à Dijon l’originaiité et l’éclat de l’école de sculpture.

L’école de Tours. — Cependant, au cours du xve siècle, apparaît une école nouvelle. Elle naît et se développe au cœur de la France, sur les rives de la Loire, dans cette douce et souriante Touraine, où, au lendemain de la guerre de Cent ans, la civilisation française s’épanouit dans toute sa grâce. D’une manière générale, l’art de l’école de Tours a moins de rudesse, mais aussi moins de vigueur, que l’art antérieur, et notamment que l’art bourguignon. Sans délaisser la nature, il est moins réaliste; on y trouve plus de mesure et d’élégance. « C’est déjà, comme l’observait Courajod, un art calme, maître de son émotion, bien élevé et de bonne compagnie. » Les personnages sont de proportions plus élancées, d’attitudes mieux rythmées, les draperies plus simples que dans l’école bourguignonne; souvent le front bombé indique le type local. En sculpture, Michel Colombe, né en Bretagne, établi à Tours, est le représentant le plus illustre de l’école. Dans une description de la Touraine, qui date de 1541, on disait de lui qu’il fut u estimé le plus savant de son art qui fût en chrétienté ». Ses œuvres les mieux connues sont un bas-relief qui représente Saint Georges combattant le dragon , exécuté pour le cardinal d’Amboise (Louvre), et surtout le Tombeau du duc de Bretagne François II (fig. 140) à la cathédrale de Nantes, exécuté de i5oi à 1507, avec, aux quatre angles, les figures symboliques de la Justice, de la Force, de la Prudence et de la Tempérance (fig. 140). Lorsque Marguerite d’Autriche voulut faire élever à Bourg, dans l'église de Brou, un superbe tombeau à son mari, Philibertle Beau, ce fut d’abord à Michel Colombe qu’on s’adressait le correspondant de la princesse lui écrivait : « Je vous assure que vous aurez un des plus grands chefs-d’œuvre qu’il fit oneques en sa vie. » Mais il ajoute que l’artiste était « fort ancien et pesant, goutteux et maladif à cause dçs travaux passés ». C’était en 1 5 1 1 , et Michel Colombe avait quatre-vingts ans. Le projet

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fut abandonné; Michel Colombe mourut au cours des années qui suivirent, avant 1519. Parmi les belles œuvres de sculpture de Fécule de Tours, je citerai l’admirable Vierge d’Olivet (Louvre), si simple et si noble, et le tombeau des Poncher (Louvre) dont Fauteur fut Guillaume Régnault, le meilleur élève de Michel Colombe.

Dans la Sarthe, à Solesmes, une Mise au tombeau , datée de 1496, est un véritable chef-d’œuvre. La composition en est dramatique, d’une émotion profonde, l’exécution très ferme. Le maître anonyme de Solesmes est au moins l’égal de Michel Colombe.

En peinture, Jean Fouquet, qui vécut de 1415 à 1483 environ, fut le maître par excellence de l’école de Tours . On le trouve au service de Charles VII et de Louis XI. Il alla .même en Italie; il y fit le portrait du pape Eugène IV. Sa réputation était telle que, en 1477, l'Italien Francesco Florio, voyageant en Touraine, disait de lui qu’« il surpassa par son

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