ET SES ENFANTS
(Musée du Louvre )
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LES TEMPS MODERNES
personnage tient à poser devant lui. Si, dans ses oeuvres, on reconnaît l’élève de Rubens, cependant il n’a ni l’imagination ni la fougue du maître; il est plus froid, d’une distinction plus correcte. Il a excellé en deux genres, le tableau religieux (la Vierge aux Donateurs, Louvre; Christ en croix, à Anvers) et le portrait [portrait de Charles l*r au Louvre; les Enfants de Charles Ier, à Berlin, très nombreux portraits à Gènes, en Angleterre, etc.). Au contraire, Jordaens {i5ÿ3- 1678), ami de Rubens, lui ressemble par sa verve. Quoiqu’il ait abordé les sujets sacrés et historiques, il est surtout à l’aise et bien lui-même quand il représente un intérieur familier et qu’il groupe autour d’une table, grassement servie, de braves gens d’humeur joyeuse et de vaillante santé. Le Louvre possède en ce genre le Roi boit. Concert de famille.
„ Ces sujets, qui sentent le terroir, séduisent de plus en plus les artistes originaux. David Téniers |i6 10- 1 690) est le peintre de la vie flamande. Il se plaît aux paysanneries, aux lourdes joies des kermesses locales (fig. 1 56), aux buveries et aux disputes de cabarets (plusieurs tableaux au Louvre, surtout Y Enfant prodigue). Si les sujets ne sont point nobles, le style est plein d’esprit et de finesse, le coloris d’une délicatesse de tons exquise. Louis XIV méprisait ces personnages populaires qu’il appelait les magots de Téniers; mais don Juan d’Autriche, gouverneur des Pays-Bas, luidemandait des leçons de peinture, la reine de Suède, Christine, lui envoyait son portrait ; le roi d’Espagne, Philippe IV, faisait construire * à l’Escurial une galerie destinée à ses tableaux.
Bien d’autres seraient encore à citer, Brueghel de Velours, l'animalier Snyders, le peintre de fleurs Seghers, etc. Ceuxci vivent en Flandre; d’autres suivent l'exemple de Van Dyck et s’établissent à l’étranger : le portraitiste François Pourbus le jeune est successivement en Italie et en France ; à la cour d’Anne d’Autriche et de Louis XIV travaillent Philippe de Champaigne, Van der Meulen. Pendant la plus grande partie du xvii0 siècle, l’école flamande est en pleine floraison; puis tout à coup elle sombre, en même temps que faiblit la prospérité du pays. Dès la fin du siècle, la décadence est partout.
Caractères de l’art holland us. — L’école hollandaise se confond d’abord avec l’école flamande. Mais, au début