FIG. 167. — VELASQUEZ. — PORTRAIT DE LINFANTE MARGUERITE
(Musée du Louvre.)
espagnol par excellence, Velasquez (1599-1660). La plus grande partie de son existence s’est passée à la cour de Philippe IV. dont il a été l’artiste favori. Il a connu Rubens, deux fois il a visité l’Italie; cependant sa personnalité n’a pas été entamée. Observateur patient et consciencieux de la
EES TEMPS MODERNES. .
nature, il l’interprète tout à la fois avec sincérité et finesse; admirable coloriste, il place ses personnages dans une lumière claire et vraie; mais il ne s’attache pas moins au caraçtère, à l’expression, au mouvement des figures. De là le mérite de ses portraits (l1 Infante Marguerite (fig. 167), Réunion des gentilshommes , au Louvre; Innocent X, au palais Doria, Rome; Philippe IV , duc d’Olivarès, etc., à Madrid); il s’entend aussi aux compositions historiques (Reddition de Bréda, à Madrid, son chef-d’œuvre), religieuses, mythologiques; mais il se plaît surtout aux scènes et aux personnages de la vie réelle et il rend avec une force singulière les types populaires (VAguador de Séville , les .Buveurs (fig. 166), les Fileuses, la Forge). Rarement il traite la figure nue, mais, quand il s’y essaie, comme dans la Vénus au miroir . récemment acquise par la National Gallery de Londres, il est admirable de souplesse, de vérité et de vie. Sa statue à Séville porte : « Au peintre de la vérité ». Nul peintre, en effet, ne l’a mieux servie et n’a su se dégager plus complètement des conventions et des procédés.
Velâzquez est toujours calme, clair, bien équilibré. On n’en saurait dire autant de tous les peintres espagnols. Murillo (1618-1682) présente d’étranges contrastes : tantôt il cherche à donner aux vierges, aux séraphins, une expression suave, parfois un peu fade (Assomption de la Vierge, Cuisine des Anges, au Louvre) ; tantôt, tournant au réalisme, il se plaît à exhiber des mendiants et des déguenillés (le Jeune mendiant, au Louvre). Peintre religieux, il est bien éloigné de l’idéal chrétien des anciens maîtres; son catholicisme, tout ensemble mystique et sensuel, convient à la patrie de sainte Thérèse. Zurbaran ([598-1662) peint les moines et leut ascétisme d’un style vigoureux. Ribera (1 588- 1 652) , dont la vie se passe à Naples, y devient l’élève de Michel- Ange de Caravage. Dans ses tableaux poussés au noir, il aime à reproduire les sujets les plus sombres, des scènes de martyre et de supplices.
Après eux l’école s’affaiblit. A la fin du siècle suivant, elle produit encore un artiste d'une originalité étrange, Goya (1746-1828). Il excelle surtout dans des compositions où la fantaisie la plus bizarre se mêle à la réalité, mais il
l’art EN FLANDRE ET EN ESPAGNE. 3lJ
n’est guère de genre qu'il n’aborde. Sa peinture est vivante et colorée, et ces qualités se retrouvent dans ses eaux-fortes, d’une exécution si hardie (les Caprices , les Malheurs de la guerre) .
Bibliographie.
Four l’art flamand et l’art hollandais, voir : Fromentin, les Maîtres d’autrefois, 1876; — Taine, Philosophie de l'art dans les Pays-Bas, ;868; — Wauters, la Peinture flamande ; — llavard, la Peinture hollandaise, dans la Bibliothèque de l’enseignement des Beaux-Arts ; — Lafenestre et Richtenberger, la Peinture en Europe, la Hollande; — Emile Michel, Rubens, sa vie, son œuvre et son temps, 1900; Rem brandt, 1893; — Max Rooses, Rubens, sa vie et ses œuvres, 1904; — Hourticq, Rubens, igo5, dans la collection, les Maitres de l’Art. — Guiffrey, Van Dyck, 1882; — Max Rooses, Van Dyck, 1902. — Dans la collection des Artistes célèbres, voir : Emile Michel, Rembrandt ; Ruysdaël et les paysagistes de l'école de Haarlem; Hobbema et les paysagistes de son temps en Hollande; Terburg; Les Brueghel, les Van der Velde ; — Havard, Van der Meer de Delft. — Dans la collection les Grands artistes ; : Gust. Geffroy, Rubens; — Fiérens-Gevaert, Van Dyck; Jordaens, ujo5. — Riat, Ruysdaël, njo5. — Geffroy, les Musées de Hollande, 1905.
Pour l'art anglais : Feuillet de Conches, Histoire de l'école anglaise de peinture; — Chesneau, la Peinture anglaise dans la Bibliothèque de l’enseignement des Beaux- Arts ; — Dayot, Histoire delà peinture anglaise, 1908; — Gustave Geffroy, la National Gallery, 190a; — Les ouvrages de Walter Armstrong, dont il a paru des éditions françaises : Reynolds; Rceburn; Gainsbourgh et sa place dans l’école anglaise, 1901 ; — Dobson et Armstrong, Hogarth, 1892; — Fr. Benoist, Reynolds, 1904, dans la collection les Maitres de l'art.
Pour l’Italie : Müntz, Histoire de la Renaissance, t. 111 ; — Gurlitt, Geschichte des Barock-Stiles , 1886; — Ch. Blanc, Histoire des peintres, école bolonaise, 1879; — De Chenncviércs, les Tiepolo (collection des Artistes célèbres); — Buisson, Jean-Baptiste Tiepolo et Dominique Tiepolo ( Gaqette des Beaux-Arts , 1895).
Pour l'Espagne : Bertaux, les Primitifs espagnols, dans la Revue de l'Art ancien et moderne. 1906-1907; — Solvay, l'Art espagnol; — Paul Lefort, la Peinture espagnole, dans la Bibliothèque de l’enseignement des Beaux-Arts, 189a; V elasque 7, Murillo, Goya (dans la collection des Artistes célèbres); et ses études sur les principaux peintres espagnols ( Gaqette des Beaux-Arts, 1875 et années suivantes); — De Beruete, Velasqueq, 1898; Yriarte, Goya, 1867; — Paul Lafond, Goya, 1902; — Desdevizes du Dezert, l’Espagne de l'ancien régime t. III, 1904, chapitre sur les arts; — Geffroy, le Musée de Madrid, igo8|