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CHAPITRE II

l’art FRANÇAIS AU XVII0 SIÈCLE

Sommaire. — L’art français au xvnc siècle se distingue surtout par l’unité, l’ordre et la règle; l’esprit classique y domine comme en littérature. Le style est grave, noble, majestueux. Mais, sur ce fond, d’une correction uniforme, se détachent, surtout en peinture, des artistes d’un talent personnel.

En architecture, sous Louis Xill et sous Louis XIV, l’imitation de l’architecture romaine devient comme un dogme. De là des monuments de vastes proportions, d’une ordonnance régulière, comme la Sorbonne (œuvre de Lemercier), la colonnade du Louvre (œuvre de Perrault), le château de Versailles (œuvre de Mansard), l’Hôtel des Invalides, commencé par Bruant, mais sans grande originalité.

En peinture, Poussin avec plus de force, Le Sueur avec plus de grâce, sont les deux grands maîtres de la première moitié du siècle. Tous deux sont de médiocres coloristes, mais leurs compositions sont savantes, souvent expressives. L’école française ne compte alors qu’un coloriste véritable, le paysagiste Claude Lorrain. A la cour de Louis XIV, Le Brun est à la tête de l’art ofliciel, il dirige les artistes qui travaillent pour le roi, et, à défaut d’un talent bien personnel, il est remarquable par son entente de la décoration. De ce temps datent l’Académie royale de peinture et de sculpture; par là le pouvoir royal affirme sa prétention de gouverner les arts et de veiller à l’éducation des jeunes artistes.

En sculpture, Puget est le maitre le plus o-riginal, grâce à ses qualités de vigueur qu’il pousse jusqu’à l’emphase.

Le xvir siècle est en outre une belle époque pour la gravure, pour les arts industriels (création de la manufacture des

Gobelins).

Caractères généraux. — Le xvn* siècle, considéré dans

son ensemble, est oonr ia France une période de grandeur.

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Dès le début, Henri IV et Sully travaillent à ramener le calme, à développer la richesse au dedans, tandis qu’au dehors ils inaugurent la politique que suivront avec succès Richelieu et Mazarin. Après les traités de Westphalie et des Pyrénées, la prépondérance de la France en Europe est établie. Le règne personnel de Louis XIV s’ouvre avec tout l’éclat de la gloire : aux victoires de Turenne et de Condé répondent à l’intérieur les réformes de Colbert; la cour de France est l’expression la plus parfaite de la politesse et du bon ton; la littérature française est l’émule de celles de la Grèce et de Rome. Cependant la tin du règne est triste, des guerres inutiles et malheureuses ruinent le pays, des persécutions religieuses le troublent; déjà agissent avec force tous les vices de la monarchie absolue.

Au xvii* siècle, arts et lettres se développent en grande partie sous la protection des rois et de leurs ministres. Henri IV, Marie de Médicis, Richelieu, Louis XIII, Anne d’Autriche, Mazarin, le surintendant Fouquet, Louis XIV, Colbert, tous ont multiplié les constructions, encouragé les artistes. De là, dans les œuvres de ce temps, comme un caractère officiel: sous Louis XIV surtout, les artistes delà cour sont soumis à la discipline. Colbert leur donne pour chef le peintre Charles Le Brun ; architectes, peintres, sculpteurs, graveurs, orfèvres, ébénistes, etc., travaillent sous sa direction, souvent d’après ses dessins. On peut critiquer cette organisation étroite : de là cependant sortit un ensemble d’œuvres remarquables qui témoignent d’une grande unité. On conçoit que des artistes de moyenne valeur, ainsi conduits, aient pu arriver à de meilleurs résultats que livrés à eux-mémes; mais ceux qui étaient doués d’une personnàlité plus robuste devaient répugner à entrer dans ce régiment royal et plusieurs ont vécu en dehors de la cour.

Dans tous les arts et dans presque toutes les œuvres, le xvu* siècle se reconnaît aux mêmes traits. On recherche ordinairement un style grave, noble, majestueux; partoutdomine cet esprit d’ordre et de règle qu’on appelle l’esprit classique. Dans un édifice de Mansart, un tableau de Poussin, se montrent la même grandeur et la même régularité que dans une tragédie de Corneille ou de Racine, la même correction que dans un poème de Boileau Et surtout trouve

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