FIG. 19- — STATUE DE FEMME
(Musée de l'Acropole.)
l’antiquité.
oracles, qu’on venait implorer de toutes les régions du monde hellénique, exerçaient une véritable influence sur les destinées des cités. On peut aujourd’hui circuler comme autrefois sur la voie sacrée qui s’élevait jusqu’au grand temple d’Apollon, bordée des deux côtés de monuments de tout genre, surtout de ces Trésors où les cités grecques déposaient leurs offrandes au dieu. C'est dans ces ruines qu'on a retrouvé d’admirables sculptures du vi* siècle et du commencement du ve, les bas-reliefs des trésors de Cnide, d’Athènes, de Sicyone, la grande statue en bronze de l’Aurige (fig. 20), qui faisait partie d’un monument consacré vers 477. Un des bas-reliefs du Trésor de Cnide (fig. 18), qui représente un groupe assis de dieux et de déesses, offre un rapprochement curieux avec une composition du même genre de l’atelier de Phidias (fig. 26); les caryatides, qui décoraient l’entrée du petit édifice, sont les sœurs aînées, déjà souples et élégantes, des belles caryatides de l’Erechthéion.
On a cherché à classer par écoles ces œuvres de l’ancienne sculpture grecque. Sans pousser trop loin les distinctions, il est certain qu’il y a eu une école ionienne, d’une grâce raffinée, mais parfois un peu molle, une école dorienne plus robuste et plus rigide. En Attique, la sculpture a subi, vers le milieu du vie siècle, l’influence de l’école ionienne, et surtout des artistes deChio. Cependant, à la fin du vie siècle et au commencement du ve, l’esprit attique réagit contre la coquetterie affectée du style ionien. Des Doriens, notamment des Argiens, des Eginètes, travaillent à Athènes. La sculpture attique a donc subi des actions successives, mais
fn joignant à ces éléments venus du dehors des qualités qui ui étaient propres : elle s’est formée définitivement, avec sa précision élégante, dans la première moitié du ve siècle.
Les sculpteurs de cette époque ont employé diverses matières, le bois, la pierre et notamment Je tuf, le bronze, le marbre. Dans cette évolution le bois marque le point de départ, le marbre le point d’arrivée. C’est vers le milieu du vi* siècle que se généralise l’emploi du marbre. Or le marbre, par son éclat, par sa finesse, est la matière noble par excellence; mais, comme il est dur, il exige des instruments plus perfectionnés que ceux qu’on employait d’abord, et il conduit par suite à une exécution plus serrée, à un
LES ORIGINES DE I.’aRT GREC, I.ART ARCHAÏQUE. 6.
modelé plus précis. Les carrières de Pile de Paros, des montagnes de l’Hymette et du Pentélique vont fournir aux sculpteurs, et aussi aux architectes, leurs plus beaux matériaux. Souvent d’ailleurs les mêmes artistes recourent tantôt au marbre, tantôt au bronze dont ils perfectionnent aussi la technique par le procédé de la fonte creuse.
Qu’ils travaillent le bois, la pierre ou le marbre, ils font appel à la polychromie, ils décorent leurs œuvres de tons vifs et éclatants, rouges, bleus, jaunes, noirs, or, dontla gamme, à mesure qu’on avance, devient plus harmonieuse et plus délicate. D’ailleurs, sur les statues de marbre, ces couleurs ne s’appliquent qu’à des endroits restreints, elles laissent à la majeure surface la blancheur naturelle de la matière originaire, mais par là elles la rehaussent et donnent à l'ensemble plus de chaleur et de vie.
La rapidité avec laquelle la sculpture se transforme s'explique par la façon dont les
Grecs aimaient et comprenaient la
beauté physique. Un corps vigoureux, dont routes les parties se correspondent harmonieusement, dont tous les mouvements sont faciles et élégants, était l’idéal qu'ils se proposaient et que l’éducation s’efforçait de réaliser. Dans les fêtes nationales, auprès des sanctuaires les plus fameux, tels apparaissaient ces athlètes qui n étaient point des lutteurs de profession, mais souvent