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FIG. 199- — H. REGNAULT. — LE GÉNÉRAL PR IM

(Musée du Louvre.)

et pittoresques pouvaient offrir de merveilleux sujets à des peintres épris de couleur. L’école française du xix' siècle mit pour ainsi dire en coupe réglée les pays de l’Orient et du Midi. Delacroix avait donné l’exemple, meme avant son

l’art depuis 1789.

voyage au Maroc. Decamps (i8o3-i86o) s’engagea dans cette voie. Elevé à la campagne, en Picardie, il n’eut jamais qu’une éducation artistique incomplète : il dut une partie de sa célébrité à la nouveauté de ses sujets ( Patrouille turque, Sortie de l'école turque , Boucher turc , etc.). Il avait l’ambition de la grande peinture, mais ses compositions historiques, telles que la Défaite des Cimbres, ont bien moins de valeur que ses petits tableaux oü il se montre excellent coloriste. Depuis, l’Orient, l’Algérie, le Maroc n’ont cessé d’être exploités. Parmi ceux qui l’ont fait avec le plus de science, de distinction et de sincérité, je citerai Marilhat, Guillaumet et Fromentin, qui a été en outre un remarquable écrivain et qui a su décrire les paysages du Sahara et du Sahel avec autant de précision qu’il les peignait.

C’est une place à part qu'il convient de faire à Henri Régnault (1843-1871), mort dans la floraison d’un talent qui n’a pu donner toute sa mesure. Grand prix de Rome, ce fut en Espagne, puis au Maroc qu’il prit conscience de lui-même, s’enivrant de lumière et>de couleur. Parmi ses œuvres, éclatantes et pittoresques ( Salomé Exécution à Tanger ), il en est une, le Portrait du général Prim (W g. 1 99) qui est déjà d’un grand maître. Tandis qu’au fond du tableau, emportées dans un furieux mouvement, défilent hurlantes et bigarrées les bandes espagnoles, la figure de Prim, sur son cheval qui se cabre, est superbe d’énergie et d’expression tragique. Régnault a quitté ces beaux pays où s’épanouissait son jeune génie pour venir défendre la patrie menacée; il est mort en soldat, les armes à la main, à Buzenval. Dans l’histoire de notre école sa mémoire restera douloureusement sacrée. Quant à Gustave Moreau (1826-1898), ses œuvres sont d’un art étrange, tout de rêves et de symboles, mêlé de visions antiques et de visions orientales, d’une exécution savante et recherchée; art subtil et dangereux mais dont il est difficile de ne pas subir le charme (œuvres nombreuses au Luxembourg, fig. 200).

L’art des grandes compositions décoratives ne s’est point perdu. Entre tous les noms qu’on pourrait citer, je choisirai celui de Baudry (1828-1886), qui a développé à la voûte et sur les parois du foyer de l’Opéra les fastes de la musique et de la danse, et qui a peint au plafond de la Cour de

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