‹ Précis d'histoire de l'artChapitre 28 sur 177 · VICTOIRE DE SA MOTHRACE. . ' • · texte numérisé non relu

VICTOIRE DE SA MOTHRACE. . ' •

met se détachaient

(Musée du Louvre ) ,, » -

i»c crntnes d Arte-

mise et de Mausole. Le sculpteur le plus célèbre de cette ecole fut Scopas, qui travaillait aussi comme architecte. Scopas a de la vigueur, du mouvement, mais on sen chez lui l’effort et la recherche; il vise a 1 effet et pas exempt d’emphase. Ces qualités et ces defauts sc montrent dans les sculptures du Mausolée, auxquelles :! a

l’art G R l' C APRÈS -«LE Ve SIÈCLE.

collaboré, et dans celles du temple d’Athéna Aléa à Té-ee qui représentaient la chasse du sanglier de Calydon • à Tégée, il fut à la fois l'architecte et le sculpteur. L’expression des passions vives et enivrantes tient aussi plus de place chez lui : s’il sculpte encore des Athéna et des Artémis, il paraît avoir eu de la prédilection pour des divinités d’un caractère plus sensuel, tels que Dionysos, Aphrodite,

Eros. On peut rattacher à son école des oeuvres remarquables de cette époque, notamment la Victoire de Samothrace (Louvre), d’une si fière allureet ou la vie déborde avec tant de puissance (tîg. 36). Faut-il ajouter la Vénus de Milo (Louvre, ive siècle) ? Cette attribution paraît moins certaine, et ce beau marbre est un de ceux qu’on éprouve le plus de peine à rattacher avec précision à une école *.

A Athènes, Praxitèle, au milieu du ive siècle, poursuit la grâce; mais son style a quelque chose de voluptueux et d un peu mièvre. Le premier, avec sa célèbre Aphrodite de Cnide, dont i existe des copies, il introduit dans la sculpture grecque les figures nue' de femmes. Ses dieux eux-mêmes ont une allure efféminée : ainsi l’Kros,

• l’Apollon Sauroctone (tueur de lézards)’ le Satyre, dont il reste plusieurs copies,

>-i /iiinau, fiorentv;.

FIC. 37. — APOX YOMÉNOS.

(D'après I.ysippe, musée du Vatican.)

J » Vv<^ UU • dllCulli|

sont des adolescents, presque des enfants, aux formes molles

1. Scopas avait eu au Mausolée plusieurs collaborateurs, Timotheos, Bryaxis, Leochares. On a proposé d’attribuer à ce dernier une statue que, pendant longtemps, avant qu’on n’eût appris à connaître le véritable art grec, on considéra,! comme un des chefs-d’œuvre de ,a,t ant,clue> • Apollon du Belvédere, connu par la copie antique qui s en trouve au musée du Vatican. C’est à cette école de sculpture qui travaillan en Ionie qu'il faut rattacher les beaux sarcophages trouvés en 1807 a bidon et qui sont maintenant au musee de Constantinople : le sarcophage dit d’Alexandre, qui représente un combat entre Perses

l’antiquité.

appuyés au tronc d’un arbre, dans une attitude d’une élégance recherchée. Ses œuvres séduisaient par le charme de l’expression et la délicatesse* de l’exécution; mais, si l’on

excepte un Hermès retrouvé à 01ympie(fig. 38), nous ne les connaissons plus que par des copies.

Un peu plus tard, Lysippe, qui devint le sculpteur d’Alexandre, représente d’autres tendances ; il appartient à Sicyone et conserve plus fidèlement les traditions sévères des écoles doriennes. La force l’attire, et le dieu qu’il aime surtout à sculpter est Héraklès aux membres robustes; dans l’atelier de Lysippe, ce ne sont point des femmes ou de frêles adolescents qui servent de modèles, mais des athlètes et des guerriers. Il observe la nature, la rend avec précisiort, bien qu’en donnant aux corps des proportions plus élancées que les sculpteurs du v* siècle.

L’Apoxyoménos (athlète au strigile), dont il existe une copie au Vatican, offre un exemple du type choisi par Lysippe(fig. 37). L'Hercule Farnèse (musée de Naples), signé par Glycon l’Athénien, reproduit peut-être une œuvre du • hermks roRTANT Dionysos enfant, maître. A Delphes l’ex-voto de Daochoos est la copie contemporaine en marbre, d’une œuvre de Lysippe dont l’original était en bronze1.

Cl. Khomaidès, Aihcncs.

fig. 3 8.

et Macédoniens; le sarcophage des Pleureuses où dgs femmes, dans des attitudes variées et harmonieuses, pleurent le mort; d’autres encore. Ce sont des œuvres du tv* siècle.

1 . Parmi les grandes œuvres décoratives qui nous restent du tv* siècle, je citerai encore les sculptures du temple d’Asclépios à Épidaure, auxquelles travaillèrent plusieurs artistes dont le plus célèbre fut Timothéos; les sculptures du monument des Néréides à Xanthos en

l’art GREC APRÈS LE Ve SIÈCLE.

Il faut rattacher à la sculpture du iv® siècle un grand nombre de ces terres cuites qui sortent des nécropoles grecques, notamment de Myrina en Asie Mineure et de Tanagra en Béotie. Sans doute l’art de modeler ces figurines d’argile était fort ancien, maisil atteint alors tout son éclat, et ces œuvres, qui appartenaient en quelque sorte au commerce courant, montrent combien le goût du beau était populaire. Ceux qu’on appelait les coroplastes (modeleurs de poupées) subissaient l’influence des grands maîtres du temps, parfois même ils copiaient ou imitaient des œuvres de Praxitèle ou deLysippe; cependant ils avaient aussi leur originalité: ils regardaient autour d’eux, choisissant avec goût et avec esprit dans la vie quotidienne les types les plus gracieux et les attitudes les plus élégantes. De là ces jeunes $ filles et ces femmes d’une coquetterie si exquise et en même temps si familière (fig. 39), ces enfants saisis dans la vivacité de leurs jeux, ces marchands, ces artisans qui tournent souvent à la caricature, mais dont le caractère,propre est si bien marqué. Parfois l’œuvre n’est qu’ébauchée, les détails sont incorrects; mais l’impression générale est juste, et l’artiste l’a dégagée, tantôt avec un charme, tantôt avec une malice incomparables.

Les statuettes de bronze serrent de plus près encore les œuvres de la grande sculpture ; telles sont, par exemple, celles qui ont été retrouvées dans les maisons de riches amateurs d’Herculanum et de Pompéi (au musée de Naples) et dont l’origine grecque n’est souvent pas douteuse. Il en est qui ont une valeur de premier ordre: ainsi le Dionysos (fig. 40) est un des ouvrages qui donnent l'idée la plus juste et la plus aimable de l’école de Praxitèle. Pour bien connaître la sculp-

Page 1