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FIG. 50. — LA MAISON CARRÉE A NÎMES

de la Gaule. Si, en quittant Lyon, on descend le cours du Rhône, Vienne, Orange, Nîmes, Arles sont riches en vieux monuments. Le théâtre d’Orange, qui a conservé son mur de scène, est le mieux conservé qui nous reste; l’arc de triomphe remonte au i" siècle. A Nimes, le temple consacré au début de notre ère à Julius et à Lucius César (la « Maison Carrée »), par ses heureuses proportions, par l’élégance de son style, est un des plus beaux temples romains qui aient survécu; l’amphithéâtre (les « Arènes »), est mieux conservé que le Colisée; aux environs, le pont du Gard dresse encore sur la vallée du Gardon les trois étages d’ar-

l’antiquité.

cades qui supportaient le canal par où la ville s’alimentait d’eau. Au nord-est, Trêves qui, aux derniers temps de l’empire, devint la capitale de la Gaule, le centre de la défense contre les Barbares, offre sa porte fortifiée, la Porta Nigra , les ruines du palais impérial et de l’amphithéâtre. Paris même, Lutèce, qui fut au ive siècle la résidence du César Julien, conserve des débris de son amphithéâtre, de ses thermes, de son enceinte. On ne saurait pousser plus loin ici cette énumération, mais il n’est point de région de la Gaule où quelque ville ancienne n’ait gardé des ruines, et récemment encore, en pleine campagne (Sanxay, département de la Vienne), on exhumait une cité dont le nom même est inconnu, tandis que, au sommet du Puy-de- Dôme, des fouilles dégageaient les substructions du temple du Mercure Arverne.

L’Afrique du Nord, maintenant française, était aussi une des régions les plus fertiles et les plus populeuses de l’empire. On est confondu de constater qu’en Algérie, en Tunisie, dans des parties qui longtemps furent désertes et incultes, à l’époque romaine les cités s’élevaient voisines les unes des autres, au milieu de riches campagnes, reliées les unes aux autres par des voies, décorées de vastes édifices publics. Les ruines de Timgad en Algérie, de Dougga en Tunisie permettent tout particulièrement de se faire une idée de ce qu’étaient ces villes. Dans le^sud de la Tunisie, l’amphithéâtre d’El-Djem, presque aussi grand que le Colisée, se dresse dans un pays aride, dépeuplé, à côté des masures d’un misérable village arabe.

En Afrique aussi bien qu’en Gaule, l’art de cette époque ne se distingue point par des traits originaux. Ce sont les mêmes édifices, les mêmes sujets, les mêmes motifs, traités souvent d’une main plus malhabile et plus lourde. Au contraire, à l’autre extrémité de l’empire, en Syrie, en Arabie, l’architecture gréco-romaine subissait les influences asiatiques et prenait parfois une physionomie toute particulière : ainsi à Palmyre, dans les monuments que fit élever au ni* siècle la célèbre reine Zénobie, à Baalbeck, à Pétra,. on recherche les gigantesques proportions, on multiplie les détails, on brise les lignes régulières de l’architecture classique.

i.’art étrusque et l’art romain.

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La sculpture. — La sculpture grecque, on Ta vu déjà, s’est introduite à Rome et y a dominé. Parmi les œuvres des artistes indigènes qui s’y formèrent, beaucoup n’ont qu’une valeur fort secondaire : ce sont des copies, plus ou moins heureuses, de statues grecques célèbres, et tout leivr intérêt est de nous offrir une image affaiblie d’originaux que nous ne possédons plus. Cependant les sculpteurs romains ne se sont pas toujours réduits au rôle d’imitateurs : ici encore, après s’être élevés à l’exemple d’autrui, ils ont conquis une certaine originalité. Peu préoccupés d’idéal, ils ont cherché à rendre la réalité avec fidélité et avec force. Tel est le caractère des statues et des bustes historiques qui peuplent les musées :

il en est qui sont de véritables chefs-d’œuvre, comme les statues d’Auguste au Vatican (tïg. 5i), de Marc-Aurèle, d’Agrippine au Capitole; mais, même dans les médiocres, le souci de la physionomie individuelle est encore sensible. Cette tournure de leur /' esprit les porte aussi à traiter les événements hfstoriques contemporains qui, dans l’art grec, ne fig. 5i. — statue d’auguste. tiennent que peu de place. Fixer (Vatican )

le souvenir des grandes victoires,

qui étendent ou maintiennent la domination de Rome, ef, pour eux une des attributions du sculpteur. Sur le plus bea des arcs de triomphe romains, celui de Titus, les bas-reliefrappellent les succès de la guerre contre les Juifs (fig. 53). Nor loin de là, sur le fùT de la colonne Trajane, se déroulent san interruption les épisodes des guerres de l’empereur, sièges, combats, et les types, les costumes, les armures sont scru-

puleusement reproduits; nous avons peu de documents plus précis sur Jes usages militaires- des Romains. Laissons de côté leurs innombrables sarcophages sculptés, qui n’ont souvent qu’un intérêt archéologique; il est peu de peuples qui aient autant qu’eux taillé dans le marbre, mais le résultat est fréquemment médiocre, et il semble qu’eux-mêmes, pressés de multiplier leurs œuvres, aiènt moins fait attention à la qualité qu’à la quantité.

La peinture. — La peinture .ompine est mieux connue que la peinture grecque, grâce aux découvertes faites à Rome aux thermes de Titus, au tombeau des Nasons, etc., et, dans le sud de l’ Italip, à Pompéi, à Herculanum.

Par l’exemple de ces deux dernières villes, on peut voir qu’il n’y avait guère de maison romaine appartenant à un bourgeois aisé dont les murs ne fussent couverts de peintures. Aussi sont-ce souvent des œuvres exécutées à la hâte par des artisans plutôt que par des artistes; les peintures murales remplaçaientalors le papier peint.

Leur aspect décoratif en fait le véritable mérite. Beaucoup représentent des édifices de fantaisie, soutenus par de frêles colonnettes, qu’anime la présence de quelques personnages? Ailleurs, ce sont des scènes mythologiques où le peintre se contente souvent de reproduire quelque composition grecque célèbre; parfois des scènes familières, ou des amours qui jouent entre eux à caChi-cache, qui travaillent aux divers métiers, cordonniers, menuisiers, marchands, etc. L’artiste ne songe point à emprunter des sujets à l’histoire de Rome ou de l’Italie; il puise à pleines mains dans le répertoire grec, sans autre souci que d'égayer les yeux par de riantes images. Cet art décoratif est étroitement apparenté à l’art alexandrin dont il a été question plus haut.

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