L ARCHITECTURE : LES ÉGLISES A COUPOLES; SAINTE-SOPHIE
— C’est en Syrie et en Asie Mineure que s’est formée l’architecture byzantine, et, dès le iv* et le vc siècle, les églises y diffèrent déjà de la basilique occidentale. Les constructeurs empruntent à l'Orient la coupole sur plan carré; ils en développent les proportions et lui donnent un caractère tout nouveau. En 532, Justinien veut faire construire une église dont la magnificence dépasse tout ce qu’on racontait du temple de Salomon. Deux Asiatiques, Anthémius deTralles et Isidore de Milct, en sont chargés. Leur oeuvre, Sainte- Sophie, est déjà le type de l’art byzantin, aussi bien comme décoration que comme architecture. Les plus riches matériaux, l’or, l’argent, l'ivoire, les pierres précieuses, y furent prodigués. Au point de vue de la construction, l’attention est surtout frappée par la coupole qui mesure 3i mètres de diamètre et qui, par l’intermédiaire de quatre pendentifs, s’appuie sur d’énormes piliers. Dès lors, l’emploi des coupoles se répandit dans tout l’empire. Plus tard, l’architecture religieuse chercha à donner aux églises un aspect plus
LE MOYEN AGE
élégant et plus léger : dans un même édifice, les coupoles se multiplièrent; on en compte ordinairement cinq, quelquefois plus, jusqu'à douze. Afin qu’elles eussent une apparence plus svelte, on les fit reposer sur un tambour cylindrique assez élevé, on prodigua les colonnettes, les fenêtres L'dglise de la Théotocos ou Mère de Dieu à Constantinople x' siècle), celles des Saints-Apôtres, de Saint-Élie, de la Vierge, à Saloniquc (xie siècle), sont de beaux exemples de
FIG. C)0. — ÉGLISE SAINTE-SOPHIE. A CONSTANTINOPLE. (Coupc longitudinale.)
ce style qui s’est maintenu en Orient. Dans l’architecture civile, le grand palais de Constantinople, commencé au ive siècle, embelli par Justinien. mais fort agrandi encore dans la suite, présentait une magnificence extraordinaire. Les cours, les chapelles, les salles de réception, les appartements privés s’y succédaient comme à l’infini, et partout éclataient l’or et l’argent. Cette même impression de puissance et de richesse se dégageait de la ville entière, si vaste, si pleine d’églises et de monuments de tout genre; les chroniqueurs occidentaux qui la visitent en parlent avec admiration.
La peinture : mosaïques, miniatures, fresques. — Les plus anciennes peintures des églises byzantines ont disparu, sauf en Egypte, ou de curieuses églises et chapelles coptes récemment explorées, notamment à Baouit, en ont conservé de curieux spécimens. Ces peintures coptes sont d’ailleurs
l’art BYZANTIN. 123
d'un art fruste et gauche. En revanche, pour le vi« et le viic siècle, il reste un certain nombre de mosaïques. Sainte- Sophie en était entièrement décorée: sur un fond d'or ou de bleu foncé se détachaient des compositions sacrées et de grandes figures d’anges et de saints; la plupart ont été ruinées ou couvertes de badigeon par les Turcs, qui ont transformé l’église en mosquée. Ravenne, alors la capitale de l’Italie byzantine, possède plusieurs églises de cette
FIG. 6l. — FAÇADE DE L'ÉGLISE DE LA THÉOTOCOS, A CONSTANTINOPLE.
époque qui conservent en partie leur ancienne décoration. Une des plus intéressantes est celle de Saint-Vital, contemporaine de Sainte-Sophie : parmi les mosaïques du chœur, il en est deux qui représentent Justinien et Théodora, entourés de personnages de leur cour et offrant des présents à l’église (fig. 62). En général, les sujets ont un caractère plus exclusivement religieux et sont empruntés aux livres saints. Dans ces vastes compositions les artistes byzantins cherchent surtout la symétrie et ont un sentiment fort juste de la décoration. On peut consulter encore les miniatures des manuscrits : celui de la Genèse à