I.E MOYEN AGE
Vienne, ceux de Josué, de Cosmas Indicopleustès au Vatican, en offrent de beaux exemples. Un manuscrit syriaque de 586, qui se trouve à la bibliothèque Laurentienne de Florence, contient la plus ancienne représentation connue de la Crucifixion.
Dans la période qui suit les iconoclastes, les miniatures acquièrent une importance d'autant plus grande qu’elles sont souvent les seuls monuments qui restent de la peinture. Quelques-unes attestent une influence fort vive de l’art antique. Ce n’est point un fait qui doive surprendre : depuis le iv* siècle, Constantinople s’était peuplée de statues enlevées aux temples païens, et d’ailleurs l’action des traditions antiques avait dû se maintenir vlans les ateliers, bien que modifiée et altérée. Sans doute, dès le ve et le vi* siècle, si l’on étudie l’ornementation byzantine, apparaissent des motifs dont l’origine orientale est évidente; mais, comme les anciens Grecs, les artistes byzantins recherchentla grandeuret l’harmonie dans l’ordonnance des compositions, la noblesse des attitudes, l’élégance des draperies; ajoutons aussitôt * qu’à tous égards ils restent toujours bien loin.de leurs modèles. Dans la seconde moitié du ix® siècle et au x\ il semble qu’il ait existé une école qui voulût se rattacher plus étroitement encore à l’art antique. Nulle part cette tendance n'est plus évidente que dans un psautier grec du x* siècle, conservé à la Bibliothèque nationale de Paris : David, le roi biblique, Isaïe s’y montrent sans cesse escortés de ligures allégoriques qui paraissent empruntées à l'Olympe hellénique (tig. 63). Cependant celte invasion de la mythologie dans l’art chrétien, si elle ne fut point entièrement repoussée, fut du moins contenue : la plupart des manuscrits ont une physionomie plus religieuse et l’on y peut étudier surtout la constitution définitive de l’iconographie byzantine. Tel est, entre tous, le magnifique ménologe de l'empereur Basile II (976-1025), à la Bibliothèque Vaticane, qui contient quatre cents miniatures, signées par huit artistes. Dans plusieurs manuscrits du xie siècle, le style est déjà moins libre, le dessin moins correct; ainsi commence une décadence qui s’accentue dans la suite.
Les peintres du mont Athos. — Au xme et au xiv® siècle, les Paléologues, qui cherchèrent à relever l’empire, encou-
l'art byzantin.
ragèrent lesarts. La peinture, presque exclusivement monastique, fut surtout cultivée au fond des couvents de l'Athos; là travailla, à une époque mal déterminée, Manuel Pansélinos, considéré dans la suite comme le maître par excellence. Un de ses admirateurs, le moine Denys, écrivit un Guide de la peinture , dans lequel il enseigne non seulement les procédés techniques, mais encore les compositions qu'il faut
FIG. 62. — JUSTINIEN, SA SUITE ET l’ÉVÊQUE MAXIMIEN.
(Mosaïque de Saint-Vital, Ravenne.)
adopter pour les sujets sacrés. Ce manuel commode, qui dispense de chercher et d’inventer, eut une grande vogue dans les ateliers monastiques, et, pour beaucoup d’artistes, la peinture ne fut plus qu’un métier mécanique. Les couvents de l’Athos sont décorés de fresques de cette dernière période : quelques-unes remontent peut-être au xivc siècle; d’autres, au contraire, sont d’hier; toutes, du reste, se ressemblent. Dans ces œuvres de décadence, si l’exécution est