‹ Précis d'histoire de l'artChapitre 57 sur 177 · FIG. 6^. — MOSQUÉE DE K A I T - B E V, AU CAIRE · texte numérisé non relu

FIG. 6^. — MOSQUÉE DE K A I T - B E V, AU CAIRE

leur état social n’était point aussi primitif qu’on souvent. Dans l’Yémen existaient des villes riches

croit

pros-

LE MOYEN AGE

pères; déjà les Arabes s’étaient répandus en dehors de leur péninsule, ils avaient inquiété l’empire romain, fondé sur les bords de l'Euphrate le royaume de Hira, en Syrie celui de Ghassan. Toutefois il ne semble point qu’ils eussent encore un art bien original, et ils subirent l’inHuence des peuples qu’ils avaient vaincus.

Ce fut aux Byzantins et aux Persans qu’ils demandèrent tout d’abord des artistes pour construire et pour décorer leurs édifices. A Koufa, le calife Omar charge un architecte d’Ecbatane, Ruzabeh, de construire la mosquée, et quand Ziad, sous le califat de Moawia (661-680), veut la faire rebâtir, il s’adresse encore à des architectes sassanides. Grand nombre de mosquées de la Syrie furent établies dans les églises chrétiennes et, lorsque de nouveauxédifices s'élèvent, Byzance fournit des artistes et des modèles. Le calife Walid, au commencement du vin* siècle, fait venir des Grecs de Constantinople pour travailler aux mosquées de Médine, de Jérusalem et de Damas. En Espagne, Abd-er-Rahman agit de même ; l’empereur grec lui envoie des matériaux pour la mosquée de Cordoue (Vin0 siècle) etdes Byzantinscontribuent à bâtir le palais de Zahra (x° siècle). En Egypte, l’art arabe procède de l'art chrétien de ce pays, de l’art copte, qui, sorti de l'art byzantin, avait su se donner une physionomie originale. Ce furent des Coptes qui y construisirent les premières mosquées et qui y introduisirent l’art brisé.

Caractères de l’architecture arabe. — L'architecture arabe s’est donc formée par des emprunts, elle n’a point modifié par des innovations essentielles les principes de la construction. Mais, sur ces données fondamentales, l’imagination arabe brode mille motifs nouveaux qui en modifient l’aspect. Nul peuple n'a poussé plus loin le goût des ornementations riches et capricieuses, qui se répandent sur toutes les parties de l’édifice comme une végétation luxuriante; nul n’a eu plus en horreur la régularité des lignes continues, la monotonie des surfaces planes; l’artiste brise, découpe, fouille et refouille; mais un goût très fin dirige les jeux de cette fantaisie^ qui semble d’abord affranchie de toute règle, et domine le pêle-mêle des détails et l’entre-croisement des lignes.

L’architecte arabe ne se contente point de la courbe

i.’art arabe.

roguliere de l’arc en plein cintre, tantôt il la prolonge et lui donne la forme de l’arc en fer à cheval, tantôt il la rompt et lut substitue l’arc brisé. Cet arc ne correspond point ici,

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