FIG. 65. — SALLE A L ALHAMBRA
comme dans Part occidental, à une révolution dans la construction meme; il n'est qu’une forme décorative. De même les pendentifs de la coupole paraissent trop simples et trop froids à l’architecte, il les taille etjeur donne l’aspect de
t F MOYEN AGE.
stalactites qui parfois envahissent la voûte. A l’extérieur, la coupole est plus accentuée, souvent même elle se termine eii pointe ou affecte une forme bulbeuse. Sur les murs, sur les plafonds, les ornements sinueux se développent avec une telle profusion que de là est venu le nom d 'arabesques ; il n’est pas jusqu’aux lettres des inscriptions monumentales qui ressemblent plus à des motifs de décoration qu’aux éléments d’une écriture.
L’architecture arabe est surtout connue par les mosquées. La mosquée comprend une vaste cour aux amples portiques, souvent plantée d’arbres, et au milieu de laquelle est placée la fontaine aux ablutions. Aux côtés de l’édifice s’élancent les sveltes minarets avec leurs galeries à encorbellement, d’où le muezzin annonce les heures de la prière. A l’intérieur, point d’autel, mais 1 tmihrab, niche surmontée d’une voûte et orientée vers la Mecque, devant lequel les musulmans prient, et le minbar ou chaire à prêcher. Tel est le plan général, mais qui çà et là varie.
Principaux monuments. — En effet, si l’architecture arabe off re partout certains traits qui la font aussitôt reconnaître, elle revêt des formes diverses selon les régions et les époques. En Egypte, au Caire, ses développements se marquent dans une série de mosquées qui, par une heureuse fortune, se succèdent de siècle en siècle: mosquée d’Amrou (vu* siècle), de Touloun (ixe siècle), d’El-Azhar (x1' siècle), de Barkouk (xie siècle), d’Hassan (xive siècle), de Mouayyed, de Kait-Bey (xv® siècle, fig. 64). En Tunisie, les monuments de Kairouan et de Tunis; en Algérie, ceux de Tlemcen ; au Maroc, ceux de Marrakech et de Fez comptent parmi ses plus belles productions. En Espagne, elle se livre à toute l’audace de ses fantaisies; on le voit déjà à la mos- * quée de Cordoue (vin* siècle), qui malheureusement a tant souffert, à la tour de la Giralda de Séville (xn® siècle), mais surtout à l’Alhambra de Grenade (xme-xiv® siècle), qui semble l’œuvre de quelque architecte de conte de fées (fig. 65). En Sicile, les monuments de la domination arabe sont rares; mais on constate que, même après la conquête normande (xi® siècle), l’art arabe s’y maintint encore et fut en faveur auprès des princes chrétiens: il apparaît dans les palais de la Zisa et de la Cuba, qui, on le sait maintenant avec certi-