L ART ARABE
tude, ne sont que du xn° siècle, et même dans quelques églises il mêle ses motifs aux éléments chrétiens. En Syrie, la mosquée d’Omar, sur remplacement du temple de Salo-
mosquée a ispahan. (Perse.)
mon, a été remaniée. Sur les bords du Tigre, à Bagdad, les beaux monuments qui s’étaient multipliés du vin® au xiii® siècle ont disparu. En Perse, ceux qui subsistent ne sont pas en général antérieurs au xve siècle; des traits particuliers les distinguent: les minarets étroits ressemblent ù des cheminées de fabriques, un immense portail forme
LE MOYEN AC. E
l’entrce de l'édifice, la coupole est souvent bulbeuse (fig. 66). Dans l'Inde, ou Delhi, surtout à partir du xii® siècle, devint le centre de la civilisation musulmane en ce pays, le style persan domine; les plus beaux monuments, élevés sous la domination des Grands Mogols, le mausolée d’Akbar, le Tadj Mahal à Agra, le palais de Shah Jehan à Delhi, datent du xvie et du xvne siècle.
Dans le nord-ouest de l’Asie, les Turcs Seldjoucides et après eux les Turcs Osmanlis, du xir au xiv® siècle, construisirent à Iconium, à Césarée, à Erzeroum, à Nicée, à Brousse, de beaux édifices ou se mêlent tous les styles voisins, byzantin, arménien, persan. Plus tard, quand ils furent établis à Constantinople, Sainte-Sophie devint pour eux un modèle qu’ils reproduisirent sans cesse. L’architecte de Mahomet II, Christodoulos, était d’ailleurs un Byzantin.
Au xvi® siècle, Sinan, qui construisit la belle mosquée Suléimanié à Constantinople, Albanais d’origine, fut un véritable chef d’école dont l’influence, grâce à ses disciples, se répandit jusque dans l’Inde.
Les arts figurés. — La peinture et la sculpture ne tiennent dans l’art arabe qu’une place restreinte. D’après les commentateurs du Coran, la représentation des êtres animés était interdite. Cette prohibition ne fut pas toujours observée. Les écrivains parlent, en effet, de peintres et de sculpteurs, de fresques et de statues; au plafond d’une des salles de l’Alhambra sont retracées quelques scènes et l’on trouve des dessins de figures dans les manuscrits arabes et sur les parois desvasesetdescassettes. Mais ce nesontlà quedesexceptions; seuls, plus tard, les Persans et les Mongols persistèrent à traiter la figure. Chez les autres peuples musulmans le rigorisme l'emporta : peintres et sculpteurs ne s’exercèrent le plus souvent que dans l’ornementation florale et géométrique; là du moins ils créèrent des motifs du style le plus fin et le plus charmant. Les arts industriels étaient cultivés avec éclat : qu’il s’agisse de l’orfèvrerie, de la damasquinerie, de la verrerie, de la céramique, de la décoration des étoffes ou de la fabrication des tapis, les oeuvres qui nous restent témoignent d'une extraordinaire habileté et séduisent l’œil par le caprice des lignes, par la vivacité et l’harmonie des tons. Il suffit de signaler comme exemples les carreaux
l’art persan.
émaillés dont les édifices étaient décorés, surtout en Asie les faïences hispano-moresques à reflets métalliques, ou ces tapis, la plupart d'époque assez récente, il est vrai/que la mode se dispute aujourd’hui.
Caractères et rôle de l’art persan. — La Perse on l'a déjà vu, occupe dans l’art oriental au début du moyen âge une place particulière.
L’art sassanide, dont on a dit quelques mots dans le chapitre ier du livre Ier, s’est maintenu j u s q u ’ a u vi ie siècle, c’est-à-dire jusqu’à l’époque ou les Arabes s’emparèrent du pays. Ce fut ainsi qu’en Perse 1 ’art arabe procéda en partie de l’art FIG’ 67’ ~ M,NIATURE persane.
sassanide, mais prit ensuite une physionomie particulière D'ailleurs, située entre l’Asie occidentale et l’Extrême- Orient, la Perse est un de ces points intermédiaires ou se croisent et se mêlent nécessairement les éléments les plus divers. A toutes les époques elle est en relations avec les peuples de 1 ouest : au début du moyen âge avec l’empire byzantin, plus tard avec Venise et les croisés. A partir
du xvie siècle apparaissent sur les œuvres persanes des motifs italiens, et il n’est pas jusqu’à notre style Pompadour dont on n'y' retrouve la trace. Mais, d’autre part, elle rayonne sur tout l’Extrême-Orient, Inde, Chine et Japon, et on y rencontre son style, ses ornements, les attitudes de ses figures. La réunion de la Perse, d’une parue de l’Inde et de la Chine sous la domination mongole, au xiii* et au xive siècle, développa encore ces rapports; si le khan Houlagou établissait des ouvriers chinois en Perse dès le xiii® siècle, par contre, Gengiskhan avait emmené des Persans en Chine. Malheureusement l’histoire de l’art persan au moyen âge, depuis la chute des Sassanides (vu* siècle) jusqu’à une époque récente, est mal connue; la plupart des œuvres qu’on possède ne remontent guère au delà du xve siècle. Les plus intéressantes, si on laisse de côté l’architecture arabo-persane dont il a déjà été question, sont les cuivres ciselés, les faïences, les manuscrits à miniatures. Malgré une certaine gaucherie, un dessin souvent incorrect, les miniatures persanes charment par un style fin et naïf, par la fraîcheur et l’éclat de leur coloris (fig. 67).
L’architecture hindoue : origines religieuses et monuments. — Lorsque l’art arabo-persan pénétra dans l’Inde, des arts indigènes y existaient depuis longtemps. Les populations aryennes qui, à une date reculée, s’y étaient établies, avaient atteint de bonne heure un assez haut degré de culture. La religion exerçait sur leurs esprits toute la puissance de son influence : à leur ancien culte védique elles avaient substitué le brahmanisme qui en était issu, mais qui, plus formaliste et plus étroit, avait amené la prépondérance des prêtres et le rigoureux isolement des castes. Plus tard, le légendaire Çakyamouni ou Bouddha, qui, d’après les calculs les plus récents, serait mort vers 478 avant Jésus-Christ, réagit contre l’esprit brahmanique, et le bouddhisme, grâce à ses doctrines plus larges et à l’élévation de sa morale, se répandit dans l’Inde et les contrées voisines. Cependant, dès le v* siècle après Jésus-Christ, il est en décadence dans l’Inde proprement dite; parfois aussi les deux cultes se mêlent.
L'art hindou ne nous est guère connu par ses plus anciens monuments : ceux qui subsistent ne datent souvent que de l’ère chrétienne. Dans les plus anciennes constructions en