V O U T K D'ARETES
(D’après Viollet-le-Duc.)
LE MOYEN AGE
It'iO
ment. Au xi* siècle, surtout au nord de la Loire, les églises nouvelles étaient encore couvertes de plafonds en bois (fig. 77). A cette époque le nouveau système architectural apparaissait surtout au sud et à l’est de la Loire.
Il est facile de comprendre l’importance de la substitution de la voûte au plafond. Auparavant, les murs latéraux et les supports n’avaient pas besoin d’une forte épaisseur et l’on pouvait, d’autre part, donner une grande largeur à la nef centrale : le comble ou le plafond n’était pas très lourd, la pesée sur les murs était faible. Que sur ces mêmes murs, qui avaient été construits à cet effet, on établisse une solide voûte, ils céderont et s’écarteront : en effet, dans ce système, la poussée s'exerce obliquement et avec vigueur sur les murs; s’ils n’ont point les reins robustes, ils sont incapables de résister. 11 faut donc en augmenter l’épaisseur, restreindre les dimensions des fenêtres qui y sont ouvertes : les églises romanes sont généT râlement mal éclairées. En outre, plus la voûte est large, plus la poussée est énergique : il s’ensuit qu’on diminue la largeur des nefs. Du coup, toute la construction est transformée, et avec la construction la physionomie de l’édifice.
Il y a plusieurs sortes de voûtes : entre autres, la voûte en berceau (fig. 78), qui est plus facile à construire, mais plus lourde, parce que la poussée s’y exerce partout avec force; la voûte d’arêtes (fig. 79), formée parla pénétration de deux voûtes en berceau se couparrt à angle droit, qui est plus difficile à construire, mais plus légère, parce que la poussée y est dirigée sur les arêtes1 2 * *. Les Romains les avaient connues, les architectes romans en développèrent l’usage, et ce fut leur grande originalité9. Pour soutenir leurs voûtes à l’intérieur, ils accrurent le volume des supports, piliers ou colonnes; à l’extérieur, aux endroits où la poussée s’exerçait sur les murs avec le plus de violence, ils augmen-
1. Pour bien comprendre la construction des voûtes, il sera indispensable de lire dans Viol!et-le-I)uc les articles construction, voûte et ie Manuel d’Enlart, cité à la fin du chapitre, t. I, p. 262 et suiv. On y trouvera des détails et des dessins que je ne puis donner ici.
2. Dans les églises antérieures, ia voûte n’était employée que pour
les cryptes ou pour de très petites églises. On passa de là aux voûtes
des nefs latérales, puis de la nef centrale.
l’art roman.
tèrent la résistance par les contreforts, c’est-à-dire par des piliers adossés au mur.
Plus tard ils imaginèrent la croisée d'ogives, dont il sera question plus loin. Pour en arriver à ces combinaisons, il y eut une période de tâtonnements; mais, à la fin du xi siècle, les formes essentielles de la construction romane étaient arrêtées .
De l’infleence
ORIENTALE EN ARCHI- TECTURE. — Si les architectes de cette époque se sont inspirés des traditions romaines, n’ont-ils pas fait d’autres emprunts à l’étranger? On a souvent admis que les croisades avaient exercé sur l’artoccidental une grande influence.
« Apartirduxi°siècle, dit Vitet, le règne du goût oriental n’est plus local et accidentel, il devient universel.
Toutefois, dans chaque contrée ,
chez ch aq u e peu— église de s a i n t • k h o n i de périgueux.
pie où il est accueilli, il se modifie plus ou moins. » D’après Viollet-le-Duc, avant les croisades déjà, on se serait inspiré en France des formes de l’architecture chrétienne de la Syrie. Cette hypothèse n’est pas justifiée, mais cependant, au xie siècle, l’influence orientale sur certains points n’est pas contestable. Un évêque d’Elne (Roussillon), en pèlerinage à Jérusalem, relève le plan en rotonde de l’église du Saint-Sépulcre, afin de l’imi-
(Vue perspective intérieure.)
HIST. DE l’art.