FIG. 10. — A S S O U R B A N I P A I. SUR SON CHAR
(Musée du Louvre.)
HIST î e l’art.
l’antiquité.
mesure tous ses effets, toutes ses intentions ! » (Perrot.) Pourtant les Assyriens procédèrent de même quand ils s’attaquèrent à des matières moins tendres ; on retrouve le même stylesur leurs cylindres ou intailles, qui servaient de cachets, et qui étaient gravés dans des pierres souvent très dures.
Ces recherches d’exécution n’excluent pas une assez grande uniformité. Toutes les figures sont conçues d’après les mêmes modèles, toutes les têtes peuvent se ramener à quelques types. Dans les compositions les attitudes manquent de variété, et ce défaut frappe d’autant plus que les Assyriens traitent des sujets violents, des combats. D’autres œuvres retracent les chasses royales, les scènes de la vie ordinaire. Même ici perce le caractère cruel du peuple. Un basrelief représente Assourbanipal vainqueur qui, dansle jardin de son palais, célèbre un festin. Les oiseaux chantent, les musiciens jouent de la harpe, tout est joie ; mais aux branches d’un arbre pend le crâne du vaincu, du roi des Elamites. La polychromie intervenait, comme en Egypte, pour donner aux sculptures l’apparence plus, fidèle de la réalité.
La peinture et les arts industriels. — La peinture se manifeste chez eux surtout sous la forme de briques émaillées, aux tons éclatants, qui forment sur les parois extérieures et intérieures des décorations d’un effet très original : des personnages, des animaux y sont représentés. Ils appliquaient aussi ces qualités de coloris à la fabrication et à la broderie d’étoffes et de tapis qui étaient partout recherchés; les traditions s’en maintinrent: à Rome, au temps d’Auguste, on vantait encore les tissus d’Assyrie. Sur les bas-reliefs, les rois sont représentés quelquefois avec des manteaux décorés de véritables compositions. Des coupes, des armes, des meubles richement ornés prouvent que les Assyriens n’étaient pas moins habiles à travailler le bronze et les divers métaux. Le commerce répandait au loin les produits de leur industrie ; ils abondaient sur les marchés de la Syrie, de l’Asie Mineure, dans ces pays ou leurs rois faisaient sentir la force de leurs armes. Les monuments de l’art héthéen ou hittite, qui s’est développé dans ces régions et que des découvertes, quelques-unes encore toutes récentes, commencent à faire connaître, portent des traces nombreuses, dans la Syrie du nord, en Asie Mineure, en Cappadoce, de l’influence assy-
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influence que des déconvortps rr>
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A 1 intérieur de ces cités dominait aristocratie des négociants; on y trouvait aussi des rois, mais sans
profit. Tout chez eux trahit le marchand âpre au gain; la physionomie même est sans distinction, mais fine et rusée..
Leur religion était analogue à celle de l’Assyrie, à la fois sensuelle et sanglante. Les dieux de la Phénicie, voyageant avec leurs adorateurs, se répandirent au dehors, quelquesuns surtout, comme Astarté, la Vénus phénicienne, comme Melqart, le dieu de Tyr. Plusieurs sont les ancêtres des dieux de la Grèce. Les Phéniciens ont rendu d’autres services à la cause de la civilisation; ils ont créé et propagé l’écriture alphabétique, la substituant aux écritures incommodes de l’Egypte et de l’Assyrie.
Les fouilles. L'architecture. — Ce n’est pas en Phénicie même qu’on a pu le mieux étudier l’art phénicien. Les recherches et les fouilles n’ont pas produit, à ce point de vue, de résultats comparables à ceux qu’on a obtenus en Egypte ou en Assyrie. Il en a été de même à Carthage. Par contre. Elle de Cypre, située en face des côtes de Syrie, et où les Phéniciens fondèrent de grandes villes, a fourni à l'histoire de l’art de nombreux documents. Les Grecs, dès le xc siècle environ avant Jésus-Christ, se sont établis à leur tour dans ce pays et on. y peut observer par suite un des points de contact les plus curieux entre l’art oriental, depuis longtemps développé, et l'art hellénique en formation. Plusieurs explorateurs, mais surtout MM. de Cesnola, consul d’Amérique, Colonna-Ceccaldi, etc., ont, depuis 1860, déblayé sur divers points de l’île des édifices, des nécropoles; les plus beaux objets provenant de ces fouilles sont au musée métropolitain de New-York. Enfin en Grèce, en Italie, en Gaule même, on a retrouvé çà et là des objets importés par les trafiquants phéniciens.
L’architecture phénicienne ne mérite guère de fixer ici l’attention. Dans les débris qu’on en connaît domine la tendance à employer des matériaux de fortes dimensions, d’énormes pierres qui etonnent par leur masse : tel est le caractère des ruines de l’enceinte d’Arad. Les temples d’Amrit (Phénicie), de Golgos (Cypre), etc., étaient en général petits; les colonnes font parfois pressentir les formes du dorique et de l’ionique grecs, mais sont loin d’en atteindre l’harmonie et l’élégance. Les constructions auxquelles leur esprit pratique s’appliquait de préférence, les ports, les arse-
naux, les enceintes sont de celles où les préoccupations artistiques n’ont qu’un rôle secondaire.
Les exportations artistiques; la sculpture. — Sous la direction de Sidon et de Tyr, qui tour à tour ont exercé la suprématie, les Phéniciens ont été longtemps les maîtres de la Méditerranée. Puis, leur puissance déclina; d’autres avaient envahi la mer, peuplé les îles; il fallait compter avec les flottes grecques et étrusques. Pourtant la grande colonie phénicienne du nord de l’Afrique, Carthage, résista .longtemps; Rome seule put en triompher. Pendant les longs siècles de leur splendeur, ils ont sepié leurs comptoirs sur toutes les côtes de la Méditerranée, depuis le fond du Pont-Euxin jusqu’au détroit de Gibraltar. Leur audacieuse cupidité les a même entraînés au delà, sur l’Océan, si redouté des anciens; au nord, ils ont atteint la Bretagne, tandis qu’au sud ils faisaient le tour de l’Afrique. Dans ces vastes pérégrinations, ils exploitaient les richesses de chaque région, ils allaient chercher l’étain nécessaire à la fabrication du bronze, enlevaient même des jeunes tilles, des enfants, qu’ils revendaient ailleurs* comme esclaves; en revanche, ils colportaient leurs produits et ceux qui leur venaient de Thèbes, de Ninive, de Babylone. Par eux l’Occident entrait en rapport avec l’Orient.
Les œuvres d’art figuraient dans leurs articles de commerce. Ce n’est pas qu’ils eussent le goût artistique très développé; pour les arts plastiques, ils empruntent leurs modèles à l’Assyrie, à l’Égypte, les modifient, les combinent, mais sans y mettre rien de fort personnel. Les peuples encore incultes de l’Occident sont grands amateurs d’images religieuses: les Phéniciens contentent leurs clients et, ainsi qu’on l’a dit avec esprit, « ils fabriquent des dieux pour l’exportation ». Ils y joignent les vases de bronze, les verreries, etc., industries dans lesquelles ils excellent. Voués à l’imitation, quand plus tard l’art grec se fut développé, ils le copièrent, comme ils avaient copié l’Egypte et l’Assyrie.
Dans la sculpture, les éléments étrangers qui dominent en Phénicie se mêlent selon des proportions qui varient. En Syrie même, ce sont surtout des figurines en terre cuite qu’on a retrouvées, ou bien de grands sarcophages, taillés
l’antiquité.
en forme de corps, et auxquels on a donné le nom d'anthropoïdes (voir au Louvre). Dans toutes ces œuvres point d’originalité; l’artiste ne semble guère chercher à rendre soit les traits exacts de l'individu, soit même le type de la race. A Cypre, où les monuments de la sculpture abondent, le style se modifie (Hg. i i). Dans les grandes statues découvertes par M. de Cesnola, les vêtements, la coiffure et la barbe aux boucles serrées offrent avec les bas-reliefs assyriens de fréquentes analogies; pourtant on ne les copie pas exclusivement, et notamment on n’en adopte pas le modelé d’une excessive vigueur. On agit de même avec l’Egypte, et à ces emprunts l’esprit grec mêle déjà son action. Elle apparaît sans cesse dans l’arrangement des figures, dans l’expression des physionomies, et c’est là ce qui fait l'intérêt de cet art cypriote, asiatique et hellénique tout ensemble, dont les œuvres appartiennent d’ailleurs à des époques fort diverses. A côté des statues des divinités, d’Astarté surtout qui dominait à Cypre, figurent celles de leurs prêtres et de leurs adorateurs; au-dessous vient la foule des terrescuites. Les caractères qu’on vient de signaler se retrouvent sur tous les produits de l’industrie artistique de la Phénicie et de Cypre : céramique, orfèvrerie, étoffes. Les Phéniciens surent les premiers extraire de coquillages les éléments delà pourpre dont ils teignaient leurs tissus. L’art du verre, dont on leur a attribué l’invention, avait été pratiqué déjà par les Egyptiens; mais ilsy devinrent fort habiles, et leurs verres colorés ont une vivacité de tons remarquable. En un mot, s’ils ont peu créé, leur rôle dans le développement des arts n’en a pas moins été considérable.
La Judée. — En Syrie même on les imitait. Les Juifs, leurs voisins, étaient réfractaires au sentiment esthétique. Leurs relations avec l’Egypte et l’Assyrie, loin de provoquer chez eux le goût des arts, leur en avait inspiré l'horreur. La loi mosaïque prohibe, avec les termes les plus précis, toute représentation des êtres animés. Jahveh cependant ordonna de placer sur l’arche d’alliance deux keroubim d’or, qui devaient être copiés sur ces animaux ailés si fréquents dans les monuments assyriens; mais cette exception même confirme la règle, et les Juifs de Palestine l’observèrent scrupuleusement. La sculpture dut donc chez eux se
restreindre à de maigres ornements. Quant à l'architecture elle n eut aucune originalité. Lorsque Salomon, au xi* siècle’ voulut élever à Jahveh un temple superbe, ce fut à Hiram,'