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FIG. 85. — PORTAIL DE VÉZELAY

(xne siècle.)

violet), et d’une couleur d’émail brun appliquée. Les pièces de verre découpées sont réunies par des verges de plomb. Dès lors on couvrit les vitraux d’ornements, de figures, de compositions, et la peinture sur verre se développa rapide-

LE MOYEN AGE

ment. Au xic siècle, le moine Théophile en décrit les procédés dans sa Schedula.diversarum artium : à Angers, à Saint-Denis, à Bourges, au Mans, etc., subsistent encore quelques vitraux du xn* siècle. Sur un fond de couleur se détachent des médaillons historiés; les tons offrent déjà des qualités de chaleur et d’harmonie remarquables.

FIG. 8 6. — CHASSE DE SAINTE VALERE ET DE SAINT MARTIAL, A ÉMAUX DE LIMOGES.

Cependant les progrès mêmes des arts, le luxe qui s’épanouissait alors dans les églises alarmaient les esprits austères. Saint Bernard, dans une de ses lettres, condamne avec véhémence « la hauteur immense des églises, leur longueur extraordinaire, l’inutile ampleur de leurs nefs, la richesse des matériaux polis, les peintures qui attirent le regard ». Après avoir signalé le luxe des pièces d’orfèvrerie, il ajoute : « O vanité des vanités ! mais encore plus insensée

l’art roman.

que vaine. L’église brille dans ses murailles, elle est nue dans ses pauvres. Elle couvre d’or ses pierres et laisse ses fils sans vêtements. » Il s’irritait surtout contre ces animaux étranges, partout sculptés sur les frises et les chapiteaux, car a telle est la variété de ces formes fantastiques qu’on a plus de plaisir à lire sur le marbre que dans son livre, et qu’on aime mieux passer le temps à les admirer tour à tour qu’à méditer sur la loi de Dieu ». Aussi toute décoration trop riche était exclue des sévères églises cisterciennes. Mais les rigoristes ne formaient qu’une minorité, et Suger exprimait mieux l’opinion générale : « Que chacun pense sur ce point ce que bon lui semble. Quant à moi, j’avoue me complaire dans cette opinion que plus les choses ont de prix, plus il y a obligation de les consacrer au service du Seigneur. » Ainsi le mouvement imprimé aux arts se fortifiait en se propageant; le progrès était continu, rapide : à l’art roman allaient succéder, dans la plus grande partie de l'Occident, les magnificences de l’art gothique.

Bibliographie.

Sur l’art germanique et barbare, voir surtout : Lindenschmidt,//anJbuch des deutschen Alterthumskunde, 1889; — Barrière-Flavy, les Arts industriels des peuples barbares de la Gaule, 19°*» — Salomon Reinach, Antiquités nationales ; description raisonnée du musée de Saint-Germain-en-Laye, 1889. Le musée de Saint-Germain est fort intéressant à ce point de vue.

Pour le moyen âge proprement dit, voir les ouvrages de : Caumont, Cours d’antiquités monumentales, 6 vol., 1830-1841, et Abécédaire d’archéologie, 3 vol., doivent être cités en raison des services qu’ils ont rendus, mais ils" ont vieilli; — Lenoir, Architecture monastique, i85e-i836; — Viollet-le-Duc, Dictionnaire de l’Architecture française du XI' au XVI '• siècle, 10 vol., 1 858- x 868 ; Dictionnaire du mobilier français, 1838-1872 (c’est une véritable encyclopédie illustrée de l’art français du moyen âge; il y faut ajouter d'intéressants livres de vulgarisation : Histoire d’une cathédrale et d’un hôtel de ville. Histoire d’un château. Histoire de l’habitation humaine); — Quicherat, Mélanges d’archéologie du moyen âge, 1886, a été un des premiers, dans ses cours à l’école des Chartes, à définir avec précision les caractères distinctifs de l’architecture romane et de l’architecture gothique; — Choisy, Histoire de l'Architecture, t. II, 1899; — Courajod, Leçons professées à l’école du Louvre, t. I ; Origines de l’art roman et gothique,

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1899; — Brutails, l’Archéologie du moyen âge et ses méthodes, k»oo. — L’ouvrage d’ensemble, le plus récent est celui d’Enlart, Manuel d’archéologie française depuis les temps mérovingiens jusqu’à la Renaissance (t. 1 : Architecture religieuse, 1902; t. Il : Architecture civile et militaire, 1904); tous les travaux antérieurs y ont été utilisés et l’on y trouvera les indications bibliographiques qu’on ne peut donner ici. Dans l’Histoire de l'art publiée sous la direction d’André Michel, la deuxième partie du t. 1, 1905, concerne l’art roman.

Pour diverses régions ont paru d’importantes monographies de : Verneilh, l'Architecture byzantine en France, 1 85 1 ; — Révoil, l’Architecture romane dans le Midi <je la France, 1 866- 1 873 ; — Ruprich- Robert, l’Architecture normande aux XI’ et XII' siècles, 1884-1889; — Lefèvre-Pontalis, l’Architecture religieuse des XI' et XII' siècles dans l’ancien diocèse de Soissons, 1894-1898, etc.

Pour la sculptureet lesarts industriels, voir : de Baudot, la Sculpture française au moyen âge et à la Renaissance, 1878-1884; — Vitry et Brière, Documents de sculpture du moyen âge, 1904; — De Lasteyrie, Etudes sur la sculpture française du moyen âge, 1902, dans les monuments Piot publiés par l’Académie des inscriptions; — Molinier, Histoire des arts appliqués à l’industrie, 4 vol.; — Havard, Dictionnaire de l’ameublement et de la décoration depuis le XIII’ siècle.

Dans la Bibliothèque de l’enseisnemev-t des Beaux- Arts, plusieurs volumes intéressent la période traitée dans ce chapitre et dans le suivant : Corroyer, l’A rchitecture romane ; l’A rchitecture gothique ; — Lecoy de la Marche, la Miniature; — P. Mantz, la Peinture française du IX’ siècle à la fin du XVI • siècle; — Gerspach, la Mosaïque.

Il n’est point de région qui n’offre des spécimens intéressants de l’art du moyen âge. A Paris, le musée de Cluny est fort riche en ce qui concerne les arts industriels; et les moulages réunis au musée de sculpture comparée du Trocadéro permettent d’étudier dans d’excellentes conditions la sculpture du moyen âge.

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