CHAPITRE PREMIER
LA RENAISSANCE ITALIENNE DEPUIS LE XIIIe SIECLE JISQUE
Sommaire. — En Italie, à partir du xme siècle, se produit une brillante renaissance. Diverses causes y contribuent : le développement de la vie et de la prospérité urbaines, la naissance de la littérature italienne avec Dante, le réveil du mysticisme populaire avec saint François d’Assise, enfin l’étude des œuvres littéraires et artistiques de l’antiquité qui va grandissant, et, au xve et au xvic siècle, devient un véritable culte (c’est ce qu’on appelle l'humanisme).
Dans l’ftalie centrale, Pise, Sienne, mais surtout Florence, sont les centres de cette première renaissance. Nicolas de Pise, au xui* siècle, renouvelle la sculpture, en partie par l’imitation des bas-reliefs romains, Giotto renouvelle la peinture par l’observation de la nature. Au xve siècle, l’école florentine est dans tout son éclat avec l’architecte Brunclleschi, avec des sculpteurs tels que Ghiberti, Donatello, Luca délia Robbia; avec des peintres tels que Masaccio, Fra Angelico, Ghirlandajo, Botticelli, etc. Les Médicis la protègent. L’influence de l’antiquité, la tendance au naturalisme caractérisent la plupart de ces artistes. «Près de là, en Ombrie, l'école du Pérugin conserve les traditions de l’art religieux. Dans le nord, à Padoue, Mantegna se distingue par ses qualités de vigueur et
VERS LA FIN DU XVe SIECLE
LA. RENAISSANCE
la fière allure de ses compositions et de ses figures. A Venise, avec Crivelli, les Bellini, Carpaccio, s'e'panouit déjà une école remarquable surtout par la richesse du coloris. D’ailleurs, à cette époque, la plupart des villes ont leurs artistes, leurs écoles, l'Italie est tout entière animée de la fièvre du beau.
Situation de l’Italie. — On a souvent cru que toute culture artistique avait à peu près disparu en Italie pendant la période du moyen âge qui précéda le xm* siècle. Les monuments sont encore aujourd’hui assez nombreux pour réfuter cette erreur. Parfois même, sur divers points, se sont manifestés des mouvements de renaissance : ainsi, dans le nord avec les architectes lombards, les maestri comacini ; en Sicile, à l’époque normande; dans lesud de l’Italie, sous l’influence du grand monastère du mont Cassin, et plus tard, au temps de Frédéric II; à Rome, notamment avec les artistes connus sous le nom de Cosmati. Quel que soit l'intérêt de ces tentatives, la véritable renaissance italienne, telle qu’elle s’est développée d'une façon continue jusqu’au xvie siècle, ne commence nettement qu’au xme siècle. La sculpture en Italie était encore gauche et sans accent, alors qu'au xii* siècle et au commencement du xmc elle produisait en France des chefs-d’œuvre.
Dans le nord et le centre surtout, s’étaient formées de véritables républiques, prospères par leur industrie et leur trafic, et où la vie politique était très ardente. Au xii* et au xme siècle, Pise, Gênes et surtout Venise étaient à la tète du commerce chrétien en Orient; Milan dominait en Lombardie; Florence, la cité démocratique par excellence, répandait partout ses draps et ses soies. Cet accroissement de la richesse chez des populations intelligentes devait amener le progrès des arts. Pise, par exemple, a été un des premiers centres de l’art en Toscane. A la suite d’une victoire sur les Siciliens, les Pisans commencent la construction de leur cathédrale (io63), qui subsiste comme un des premiers monuments originaux de l’architecture italienne et où se trouve déjà ce mélange de marbres d£ divers tons qui sera un des traits de l’architecture toscane. A côté de la cathédrale, se dresse bientôt le Baptistère, œuvre de Diotisalvi ( 1 1 5 3), puis, le Campanile ou clocher, la Tour penchée,
LA KEN A ISS ANGE ITALIENNE
auxquels travaillèrent d’abord Guillaume d’Inspruck et Bonannus. Ces édifices, auquel s’ajouta plus tard le Campo Santo (cimetière), forment un ensemble d’art merveilleux. A Florence, la Renaissance s’annonce par la belle église de San Miniato (xii" siècle), sur une colline qui domine la ville. Le célèbre Baptistère, qui servit d’atjord de cathédrale, est peut-être un monument antique, mais remanié et transformé. L’amour-propre municipal étant fort vif, chaque ville voulut
Cl. Al mari, Florence.