FIG. : 0<>. — MICHELOZZO. — PAI.AIS DES MÉDICIS, FLORENCE
congrès d’ingénieurs et d’architectes avaient été réunis pour s’en occuper, mais les immenses proportions qu’on
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LA RENAISSANCE ITALIENNE. 21 l
devait lui donner compliquaient le problème. Après bien
des difficultés, Brunelleschi put faire accepter son plan (1421) : sa coupole s’appuyait sur un tambour percé de fenêtres par lesquelles la lumière s’introduisait avec abon-
Cliché Alinari, Florence.
ITÈRE DE FLORENCE.
LA RENAISSANCE
dance dans l’édifice. Peu de temps après (1425), il commençait l’église de San Lorenzo, où il se rapprochait beaucoup plus des anciennes basiliques que des constructions du moyen âge et où il s’inspira aussi de l’art romain. Dans l’architecture civile, les parties du palais Pitti qu’il exécuta ont un grand caractère de force et de majesté. Son influence fut considérable. Parmi ceux qui s’engagèrent dans la même voie, un des plus célèbres fut Michelozzo (1391-1472). Cosme de Médicis le choisit pour construire le' palais de sa fanrille (maintenant palais Riccardi), dont le style fut souvent reproduit à Florence et dans le reste de l’Italie, et le couvent de Saint-Marc. A mesure qu’on avance, l’imitation de l’antiquité s’accentue; Alberti (1404- 1472) en est un des partisans les plus fanatiques : son Traité d' architecture le montre, et une de ses œuvres les plus importantes, l’église de Saint-François à Rimini, est un temple profane plutôt qu’un édifice chrétien. A Florence, la façade de Santa Maria Novella, une des églises les plus célèbres de la ville, et le palais Rucellaï sont de lui. Mais de tous les palais florentins du xv* siècle, le plus beau peut-être est le palais Strozzi, œuvre de Benedetto da Majano.
Ghiberti n’avait que vingt-trois ans lorsque les magistrats de Florence ouvrirent un concours pour les portes de bronze du Baptistère. Il l’emporta cependant. La porte qu’il exécuta tout d’abord est celle du nord (1403-1429); il fut ensuite chargé de celle de l’est, la plus célèbre, à laquelle il travailla de 1425 à 1452. Dix panneaux offrent des scènes de l’Ancien Testament : souvent plusieurs épisodes sont réunis dans un même cadre, ainsi la création d’Adam et d’Eve, leur chute, leur exclusion du paradis terrestre. Dans les intervalles des panneaux, Ghiberti plaça 24 statuettes de personnages bibliques et entre les statuettes 24 têtes. Enfin, il entoura l’ensemble d’une grande bordure où des animaux se jouent au milieu de fleurs et de feuillages. Les portes de Ghiberti ont de tout temps excité une vive admiration, et Michel-Ange déclarait qu’elles seraient bien placées à l’entrée du Paradis. Si leur aspect décoratif est d’une merveilleuse richesse, lorsqu’on examine les figures on est charmé de leur élégance. Ce qui frappe aussi dans la porte
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orientale, c’est la multitude des personnages qui figurent dans une même composition, à des plans différents, sans désordre ni trouble.
Ghiberti dit lui-même qu’il n’y arriva que par une longue étude des procédés de la peinture et des lois de la perspective. Il était d’ailleurs orfèvre autant que sculpteur : il n’a jamais travaillé le marbre, et, d’autre part, nous savons qu’il avait d’abord, étant jeune, .
étudié la peinture.
Donatello est bien plus fidèleaux principes mêmes de la sculpture.
Qu’il travaille le bronze ou le marbre, il fait preuve d’une science et d’une finesse d'exécution qui n’ont pas été dépassées. S’il a étudié l’antiquité, si parfois même, comme dans les médaillons du palais Riccardi, il en a fait de charmants pastiches, ce culte du passé ne diminue point son originalité. C’est un réaliste qui parfois, entraîné par le goût de l’observation exacte, ne recule pas devant des conceptions sauvages et tristes, ainsi que le montre son SaintJean-Baptiste, hâve, décharné, consuméen quelque sorte par l’ascétisme, et surtout l’effrayante Madeleine du Baptistère de Florence. Ailleurs, au contraire, il donne à
Cliché Alinari, Florence.
Io8. — DONATELLO. — DAVID.
(Bronze. — Florence.)
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la beauté son expression la plus délicate. Ces tendances n’ont cependant rien de contradictoire, elles se rattachent à
un même principe: reproduire la nature humaine dans la variété et la vérité de ses formes. Les œuvres de Donatello sont nombreuses : je citerai à Florence les Apôtres , les Prophètes et les Saints d 'Or San Michèle et du Campanile, pleins de grandeur et de majesté; le David, la Judith en bronze; les bas-reliefs qu’il avait exécutés pour la cathédrale de Florence et pour les chaires de l’cglise Saint- Laurent. Il a souvent représenté desenfants, et nul n’a mieux que lui rendu la souplesse de leurs mouvements et de leurs jeux.
Son activité s’exerça aussi en dehors de Florence, surtout à Padoue, ainsi que l’attestent la statue équestre du condottiereGattamelata et les bas-reliefs de bronze de l’église de Saint-Antoine. Depuis l'antiquité, aucune statue équestre n’avait été fondue en bronze.
Parmi ceux qui procèdent de lui un des meilleurs fut Verrocchio (1435-1488), qui exécuta la statue équestre du condottiere Colleone à Venise, si fièrement campée et si pleine d'énergie.
A côté de Ghiberti et de Donatello se place Luca délia
Guciie Aiiuati, Jbioicnee.
F! G. ÎOQ.