‹ Précis d'histoire de l'artChapitre 89 sur 177 · FIG. I I 9. — LEONARD DE VINCI · texte numérisé non relu

FIG. I I 9. — LEONARD DE VINCI

(Dessin.)

LA RENAISSANCE

un épisode de la bataille d’Anghiari, gagnée par les Florentins. Le carton qu’il en lit avait excité une vive admiration ; quant à la fresque, après l’avoir commencée, il l'abandonna. On en est réduit à des descriptions, à quelques dessins insuffisants. Plus tard, François Ier l’appela en France f i 5 1 6) , mais il mourut bientôt à doux, près d’Amboise. Le Louvre possède plusieurs tableaux de Léonard : la Vierge aux rochers, la Vierge et Sainte Anne , le Saint Jean-Baptiste, le célèbre portrait de Mona Lisa ou Joconde , etc. « Si plaisante est l’expression, écrit Vasari au sujet de la Joconde, si doux le sourire, que l’œuvre semble plus divine qu'humaine : la vie n’a pas d’autre apparence. »

Une étrange fatalité s’est acharnée sur les plus belles œuvres de Léonard. Ce que nous en possédons prouve que nul peut-être n’eut à un aussi haut degré l’harmonie, le don de l’expression et de la grâce. Cet artiste si varié et d’un charme si pénétrant fut en meme temps un des esprits les plus originaux de son siècle. Ses manuscrits, qu'on a déchiffrés de nos jours, le montrent inquiet de tous les problèmes, mathématicien, naturaliste, philosophe, devançant sans cesse son siècle pour pressentir les découvertes du nôtre.

Son influence fut grande D’après Vasari, Raphaël encore jeune la subit, et, au sortir de l’école du Pérugin, imita sa manière sans parvenir à se l’assimiler. A Milan, autour de lui, se forma une véritable école lombarde, qui, conservant à un moindre degré quelques-unes des qualités du maître, s’attacha le plus souvent aux sujets religieux. De ces artistes, le meilleur est Luini (né vers 1470, mort après 1529), talent suave et fin ; parmi les nombreuses décorations qu’il exécuta, celles de Saronno, de Lugano sont les plus importantes, mais les fresques conservées dans les musées de Milan et du Louvre donnent une idée de son style (fig. 1 20). L'imitation de Léonard pouvait facilementconduireàquelque maniérisme : on le voit dans les œuvres de Sodoma (1477- 1549), malgré la grâce séduisante de ses figures de femmes (fresquesdc Y Histoire de saint Benoit, a Monte Oliveto; de Y Histoire d' Alexandre, à la Farnésine, à Rome, etc.). En Lombardie pénétraient aussi des influences septentrionales dont on retrouve parfois la trace dans les œuvres d’artistes commeGaudenzio Ferrari. Entre l’Italie du nord, la Flandre,

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l'Allemagne, les relations artistiques étaient fréquentes.

Michel-Ange. — Si l’on compare Léonard et Michel-Ange Buonarroti, le contraste est grand : l’un représente la mesure et l’harmonie, l’autre la vigueur dans la conception comme dans l’exécution. Élève de Ghirlandajo, Michel-Ange, dès sa jeunesse, est remarqué par Laurent de Médicis, qui le donne pour compagnon à son fils et à ses neveux jusqu’en 1492, il vit là, au milieu des lettrés et des artistes, étudiant les marbres antiques réunis par les Médicis. Déjà, dans son bas-relief en bronze du Combat des Centaures (Florence, maison de Michel-Ange), se manifestent sa fougue, sa passion du mouvement. Après la mort de son protecteur, de 1492 à 1496, il travaille tantôt à Florence, tantôt à Venise ou à Bologne. Son esprit enthousiaste et sombre subit l’influence de Savonarole; il lit la Bible, Dante, par là se forme son âme; il étudie avec passion l’anatomie, le corps, par là se forme son talent d’exécution. De 1496 à i5oi, il est à Rome; il y exécute sa Pieta de Saint-Pierre (statue de la Madone qui tient sur ses genoux le cadavre du Christ), œuvre de transition, moins vigoureuse que celles qui devaient suivre, mais simple et expressive. De retour à Florence, où il séjourne de i5ot à 1 5oq, il sculpte le David (Florence, Académie des beaux-arts), remarquablepar l’énergie du style, la fidélité du modelé. En peinture, il avait encore peu produit, lorsque la Seigneurie de Florence le chargea de décorer une des parois de la grande salle du Palais. Il choisit pour sujet un Combat sur les bords de l'Arno, où les soldats ' florentins, qui se baignaient, furent surpris par l’ennemi. La fresque n’a point été exécutée, le carton a disparu de bonne heure; on n’en peut juger que d’après des reproductions et des gravures. Michel-Ange s’y était surtout attaché à des études de nu et à des recherches d’attitudes variées.

Vers la fin de 1 504, Jules II l’appelle à Rome. Nul n’était mieux fait que ce rude vieillard pour comprendre le génie de Michel-Ange, et, en dépit de querelles fréquentes, une affection réelle les unit. Tout d’abord le pape veut faire exécuter par l’artiste son futur tombeau. Ce projet occupa Michel-Ange toute sa vie : après la mort de son protecteur, au milieu des travaux nouveaux qu’on lui imposait, il s’efforcait en vain de l’exécuter. Ses dessins font

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