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MARIAGE MYSTIQUE DE SAINTE CATHERINE

(Musée du Louvre.)

Angelo Bronzino (002-1572), un des meilleurs portraitistes de 1 ecole florentine. En architecture, le goût de l’antique domine, mais les artistes l’interprètent souvent avec originalité, surtout dans la construction des palais, comme Bramante (1444-0 14), compatriote de Raphaël, qui, après avoir travaillé longtemps ci Milan, s’établit à Rome et devint

LA RENAISSANCE

l’architecte du Vatican. Le palais de la Chancellerie qu’il construisit est un modèle d’ordonnance régulière et élégante. Baldassare Perirzzi s’inspire des mêmes principes au palais Massimi (Rome). Antonio da Sangallo fut le principal architecte du palais Farnèse, que la France vient d’acheter pour y installer définitivement son ambassade à Rome. La partie supérieure est de Michel-Ange. C’est le plus majestueux des palais romains de la Renaissance. Vignole, qui travailla surtout à Rome, publie son célèbre traité des cinq ordres : jusqu’à nos jours le Vignole a été le manuel de l’architecture académique. A Venise et dans la région enyironnante, Sansovino, Scamozzi, Palladio donnent à leurs constructions un caractère de richesse décorative qui s’accorde avec les tendances générales de l’art vénitien.

Pourtant, dans l’Italie centrale, les temps de décadence sont déjà venus. Léonard de Vinci, Michel-Ange et Raphaël ont porté l’art à un tel point qu’après eux il ne peut guère que déchoir. Leurs élèves ou leurs contemporains, en s’efforçant de les imiter sans avoir leur génie, altèrent leur style et exagèrent les défauts qui çà et là perçaient déjà chez ces grands maîtres. Ceux de Michel-Ange, sous prétexte de vigueur, aboutissentà l’emphase et aux contorsions violentes; ceux de Raphaël glissent vers le maniérisme. On ne consulte plus la nature avec la sincérité des maitres du xve siècle, on s’asservit à l’antique, on se contente souvent de types, d’attitudes, d’expressions de convention. Même le soin du dessin et du coloris s’affaiblit. Jules Romain, le meilleur disciple de Raphaël, n'est, malgré son habileté, qu’un artiste de second ordre. On en peut dire autant de Daniel de Volterre, de Vasari, qui, en peinture, se rattachent à Michel-Ange. Parmi les sculpteurs, Benvenuto Cellini (iSoo-iàya), cet aventurier de l’art, qui a laissé de si curieux mémoires et que François Ier attira quelque temps en France, est surtout un habile orfèvre. Son chef-d’œuvre en statuaire, le Persée (Florence), quelle qu’en soit l’élégance, manque de simplicité. Baecio Bandinelli est un déclamateur. Jean de Bologne ( i 524- 1608), né en Flandre, mais Florentin d’adoption, a sculpté des figures d’une allure générale souvent heureuse, comme son célèbre Mercure , mais qui manquent d’accent.

(Musée du Louvre.)

expression poétique et tendre, Mariage mystique de sainte Catherine (fig. 127), au Louvre. Enfin, dans ses fresques de l’église Saint-Jean et du Dôme, à Parme, il aborde avec bonheur la grande décoration.

L’école vénitienne. — L'école vénitienne se développe avec une splendeur nouvelle. Le trait commun des peintres vénitiens est leur sentiment naturel et leur science du coloris; ils y ajoutent l'habileté de la composition et l'entente des grandes décorations, mais ils s’attachent moins à l'expression morale, ils recherchent les effets pittoresques, les

l’art ITALIEN AU XVI* SIÈCLE. 245

Le Corrège. — Si de l’Italie centrale on s’achemine vers Venise, à Parme, a vécu et travaillé un grand maître dans l’art de plaire, Allegri, dit « le Corrège » (1494-1534). Peintre de la grâce, il la répand sans effort dans ses compositions et sur ses figures, et son coloris, tout à la fois brillant et moelleux, séduit le regard. Son talent délicat se montre dans ses tableaux mythologiques ( Antiope , Louvre); mais, d autre part, il sait aussi donner aux sujets religieux une

LA RENAISSANCE

jeux de la lumière, l’éclat des riches étoffes; leur art est souvent plus matériel et plus extérieur, mais combien il est riche et brillant! De l’atelier de Jean Bellin sortent Gior-

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