‹ Précis d'histoire de l'artChapitre 96 sur 177 · FIG..I2Ç). — TITIEN. — ALLÉGORIE · texte numérisé non relu

FIG..I2Ç). — TITIEN. — ALLÉGORIE

(Musée du Louvre.)

gione (1478-1 5 1 1) et Titien (1477-1 576). Giorgione est coloriste entre tous les Vénitiens : ses tableaux produisent sur l’œil une impression magique, tant les nuances s’y fondent dans un ensemble chaud et moelleux. Le Concert champêtre, la Sainte Famille (fig. 1 28), au Louvre, donnent une exacte idée de son talent.

l’art ITALIEN AU XVIe SIÈCLE.

Titien se montre d’abord le disciple fidèle de Jean Bellin , bientôt le talent de son condisciple Giorgione influe sur lui, échauffe son coloris, mais il y ajoute plus d’inven-

FIG. l3o. — VÉRONÈSE. — VENISE, LA JUSTICE ET LA PAIX (Palais des Doges. — Venise.)

tion et de variété. Dès i5ii, il est à Venise le maître par excellence, le peintre officiel de la République. Sa renommée se répand dans toute l’Italie, les princes se disputent ses œuvres : Léon X veut, mais en vain, l’attirer à

LA RENAISSANCE.'

Rome; François I,r cherche à l’entraîner en France, Charles-Quirit lui prodigue ses faveurs. Lui cependant, fidèle à Venise où son talent s’épanouit dans son cadre naturel, ne s’en éloigne que pour de courts voyages. A quatre-vingt-dix-neuf ans il travaillait encore, lorsque la^ mort vint le frapper. Au milieu des oeuvres si nombreuses qu’il a laissées, ce n’est point sanà peine qu’on s’oriente : sujets religieux, compositions mythologiques, historiques, portraits, paysages, il a abordé tous les genres. Les tableaux de Titien conservés au Louvre suffiraient déjà pour faire connaître quelques côtés de son talent ; cependant, parmi ses chefs-d’œuvre, je citerai surtout : la Présentation , V Assomption (musée de Venise); les portraits des musées de Florence; Y Amour sacré et Y Amour profane (Rome, palais Borghèse), etc. On peut dire qu’il résume en lui toutes les qualités de l’école vénitienne : il excelle à rendre la beauté physique de la femme dans tout l’éclat de sa riche floraison; il sait aussi introduire dans ses compositions le moùvement et la vie, en même temps qu’il y prodigue toute la magie du coloris. Cependant son dessin n’est pas toujours assez précis et, dans ses plus belles œuvres, on ne trouve point cette force et cette noblesse d’expression qui font le génie des Raphaël et des Michel-Ange.

Autour de lui se groupent tous les peintres vénitiçnsde son temps : Pal ma le Vieux, Pordenone, Moretto, Bonifazio, Paris Bordone sont ses élèves, ses imitateurs, parfois ses émules. Parmi ceux qui étudièrent à son atelier, Jacques Robusti, dit « le Tintoret » (i 5 18-1 594), voulut le dépasseren unissant, comme il le disait, « le dessin de Michel-Ange et le coloris du Titien ». Artiste fougueux, mais inégal et heurté, ses œuvres nombreuses attestent une activité sans relâche : si ses compositions sont parfois étranges et désordonnées, il en est qui comptent parmi les chefs-d’œuvre, comme son Miracle de saint Marc (musée de Venise) et quelques vues des peintures qu’il exécuta au palais des Doges.

Enfin Paul Caliari ( 1 5 3 8- 1 588) , dit « le Véronèse » (il naquit à Vérone), est, avec Titien, le grand maître de l’école vénitienne et un des plus puissants décorateurs qui aient existé. Il a, pour ainsi dire, l’instinct des vastes composi-

lions : il y dispose sans confusion une foule de personnages, ordonnant les groupes, ménageant les contrastes, intéressant partout le regard# tandis que de l’ensemble se dégage une impression grandiose. Il dirige de même les jeux et les combinaisons des tons, les tempère ou les échauffe les uns par les autres, enlève ses figures aux draperies éclatantes sur des fonds d’architecture imposants ou sur un ciel dont quelques nuages blancs varient' l’azur. Nul n’est habile et pompeux avec plus de naturel et d’aisance. Dans ses repas évangéliques, dont les Noces de Cana , le Repas che% Simon (Louvre), sont de beaux modèles, le texte saint n’est qu’un prétexte à de fastueuses évocations des fêtes vénitiennes. Mais il faut le voir surtout à Venise, dans les édifices qu’il fut chargé de décorer, au palais des Doges ( Venise sur le globe terrestre [fig. i3oj, Triomphe de Venise , etc.); près deTrévise, an château'de Maser. Après Véronèse, la peinture vénitienne faiblit. La décadence est générale en Italie.

Bibliographie.

Voir les ouvrages généraux cités à la Bibliographie du chapitre

précédent. — Mûntz, Histoire de la Renaissance, t. II; l’Age d’or.

Lavisse et Rambaud, Histoire générale, t. IV, 1894; t. V, 1895, excellents chapitres d’André Michel sur l’art. — Bertaux, Rome, de l’avènement de Jules II à nos jours, dans la collection les Villes d'art célébrés, 1904. — Taine, Voyage en Italie.

Pour les trois grands artistes de cette période, les meilleures monographies sont : Séailles, Léonard de Vinci, l'artiste et le savant, 1892; — Mûntz, Raphaël, 2e ed. ; — Mûntz, Léonard de Vinci, 1899. — Dans la Galette des Beaux-Arts, 1876, tout un volume a été consacre à Michel-Ange à l’occasion du troisième 'centenaire de sa naissance; divers écrivains et artistes y ont collaboré, l’étude de M. Guillaume sur Michel-Ange sculpteur est particuliérement remarquable; — Ricci, Michel-Ange, trad. Crozals, 1902. — Dans la collection, les Maîtres de l'art: Romain Rolland, Michel-Ange, igo5 ; Gillet, Raphaël, 1907.

Pour d’autres artistes, voir notamment : Delà borde, Marc-Antoine Raimondi, 1888; Fra Bartolommeo, 1887; — Plon, Benvenuto Cellini, orfèvre, médailleur, sculpteur, 1 88 3 ; — Desjardins, la Vie et l’œuvre de Jean de Bologne, i883. — Lafenestre, Titien, 1886; — Yriarte, Paul Véronèse, librairie de l’Art. — Dans la collection les Grands Artistes : Séailles, Léonard de Vinci; fylarcel Reymond, Michel- Ange ; Hamel, Titien; Gauthier, Luini ; Molmenti, ia Peinture vénitienne, trad. de Crozals, 190D. — Hourticq, la Couleur vénitienne, Revue de Paris, 1907.

ph ('1-i  <*■

■lA

Page 1