n. A. K.. t. XXVI
:j. B. A. K.. t. XML — Trad. franc, de Charnav. Paris. 1896
A. DE GUEVAHA 177
liait, celle même année, sa Relaciôn de lo acdccido en lus dos Jornada^ i/ue tiizo n las ludiax.
3. Prose didactique. — La littérature didactique est très abondante dans la première partie dn xvi"' siècle. Deux noms cependant se détachent au-dessus de tous les autres en ce genre, plus utile d'ordinaire que passionnani : ceux de (aievara et de Valdés.
Antonio de Guevara f lo4o}, né dans les Asluries de Santiliana (à Trei-eno?), d'une famille noble, entra dans l'ordre des Franciscains. Distingué par l'Empereur, pri'-dicateur et historiographe impérial, il fut successivement évêque de Huadix (province de Grenade), et de Mondoùedo ( Lugo). Ses ouvrages, qui eurent presque tous un énorme succès, en Espagne et à l'étranger, sont les suivants: {"Marco Aurelio con cl liclox de Principes (M. A. avec V Horloge des Princes), qui formait primitivement deux ouvrages distincts, que l'auteur lui-même réunit en un seul. Connu d'abord par de nombreuses copies et contrefaçons, il fut publiien lo20, traduit en français par Berlautdès i")3J, et bientôt après dans presque toutes les langues du monde. Ce récit, fabuleux en majeure partie et fondé sur une vieimaginaii'.e de Marc-Aurèle, était destiné à tracer le portrait idéal d'un prince parfait, occupation favorite des moralistes, surtout dans les pays où le modèle réel est rare. Ledit prince, pour être parfait, devrait être bon chrétien i'^'' livre), — ce qui eût été diflicile à Marc-Aurèle ; bon époux et bon père (2« livre), — et les lettres galantes que l'empereur estcensé écrire à ses diverses maîtresses, le préparaient mal à ce l'Ole; enfin, bon administrateur (.SMivre). — C'est au livre III, aux chapitres ]ii, iv et x, que se trouve le long épisode du Villano ou Paijsan du Danube, que Cassandre prit dans la traduction française, et que La Fontaine, à son tour, lutdans Cassandre : la fable a fait aisément oublier le verbeux développement du peuscrupuleuxhistorien.Ln excellent, mais
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naïf humaniste, ]>rofesseurà Soria, ie bachelier Pedro de Rhua, prit au sérieux les fantaisies liistorico-didactiqufs de Guevara : jl en démontra la fausseté, en corrigea quelquesunes des innombrables erreurs dans trois lettres critiques assez pédantes 'Carias censorias, Burgos, 14")9), auxquelles Guevara répliqua dédaigneusement.
2° Le mépris de la Cour et Eloge des champs (Menosprecio de Corte y alabanza de aldea, 1539) est une longue antithèse, dont la banalité même devait plaire à cet adroit rhéteur, passé maître dans l'art de rhabiller en beau style iestilo alto^ les lieux communs défraîchis : des détails autobiographiques en relèvent parfois lintérèt languissant. - .3° La Décade des Césars, biographie des Empereurs d'après Dion Gassius, Suétone et Plutarquf, fut publiée en 1539. — 4° La même année parut la première partie et, en 1543, la seconde partie des Epitres familières {Epistolas familiares)*, qualifiées par Tadmiration universelle d'Epitres Dorées, mais <» ceux qui les ont appelées dorées, écrivait Montaigne, faisaient jugement bien autre que celui que j'en fais». Elles conliennent, en deux livres, quatre-vingts lettres, de sujets très variés, mais qui n'ont rien de l'abandon familier des lettres véritables. Quelques-unes toutefois sont fort amusantes, par exemple. Livre \, 50, Sur les médecins ; 51, Sur les rapports de mari à femme; 56, Pour la femme qui épouse un vieillard ; 57, Manuel des Veufs; — II, 1 , Contre les baise-mains : 17, A sa nièce, sur la mort d'une petite chienne, etc., etc. Qoelques autres sont intéressantes par le nom du correspondant, par exemple, Tévêque Acufia, D. Juan de Padilla, D' Maria de Padilla, etc.
5° Aviso de Privados y doctrina de Cor tesanos (Avis pour les Favoris et Manuel des courtisans, 1539), autre lieu commun que l'on ne se lassait point de ressasser, mais qui permettra de dire quelques vérités et de glisser quelques traits satiriques.
6° Enfin dilîérents traités a.sct;liq\ies Monlr i'nhin in. 1542;