‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 106 sur 263 · Coleccion de Lihros esp. rarns. t. IX, tS · texte numérisé non relu

Coleccion de Lihros esp. rarns. t. IX, tS

18G SIÈCLE d'or. PREMlÈliE PAHTIE. — PUOSE

inconnu. Quelques-uns ont voulu en faire honneur, ainsi que du Primaleùn, qui en forme la deuxième partie (tal6), à Francisco Vâzquez, de Ciudad Rodrigo, mais le rôle de ce personnagt' leste obscur. Le Caballoo Flaiir (1533j ajiparlient à celle série. Mais le seul Palmerin qui eut un réel succès, en grande partie mérité, est ie Palmerin dWv y leierrc. On s'accorde aujourd'hui à regarder comme l'original le texte portugais de Francisco Moraes (f lo72). Il est remarquable toutefois que ce derniei texte ne parut qu'en lo()7, alors que la traduction castillane était connue depuis vingt ans (la47- 11)48). On sait quelle estime faisaient de cet ouvrage le curé et le barbier du D. Qiikhotte, qui le considéraient comme « une chose unique » et auraient voulu M l'enfermer dans un cofTret semblable à celui où Alexandre conservait l'œuvre d'Homère. »

L'on pourrait remplir des pages entières avec les titres de ces fastidieux romans, dont les héros renaissaient- sans cesse de leurs cendres, avec la complicité du public. Bornons-nous à citer simplement, à la suite de Cervantes, Z-epolemo 6 el Caballero de la Cniz, l'un des plus anciens (1521, par Alfonso de Salazar? ou le Bachelier de Molina?); — D. CiruinjUio de Francia (lu45), de Bernardo Vargas; — Belianis (te Grecia 1547 1, de Toribio Feinàndez ; — Felixmartc de H<rcrtr(2a(loS6),deMelchorOrtega;— Olivante de Luura{iï>6^), d'Antonio de Torquemada ; — D. Clarital de las Flores', dont nous connaissons déjà l'auteur, JeiOnimo de Lirta. Et remarquons que, vers le milieu du siècle, les auteurs commentent à donner des signes d'épuihemenl et les lecteurs, de fatigue. On éprouve le besoin de rajeunir et de varier le genre. Les uns introduisent de plus en plus les vers dans leurs récits {Prlmaleun, Palme}- in, suvioui Clarisel); les autres les rédigent exclusivement en vers {Florando de Castilla, Cclcdûn de Iberia) ; d'autres enfin, pour sanctifier sans doute

L Ed. des Bibliii/ilos Andaluces, Séville, 18"!). (Cemprend seulement les vingt-rinq j)reiiiiers chapitres de la premièio (\e< trois paities).

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un genre contre lequel s'élevaient avec vigueur des hommes tels que Luis Vives, Melclior Cano, Arias Montano, Luis de Oranada et tant d'autres moralistes, sans parler des hommes d'Etat et des Cartes elles-mêmes, inventèrent la Caballeria '1 lo Divino, et présenlèrent les aventures romanescjues de leurs héros comme des allégories sous lesquelles apparaissaient aisément de pieux enseignements et une édiliante doctrine. De ce nombre furent Jeronimo Sempere (ou de San Pedro), auteur de la Cnbtillvim cflcslial de la Rosa Frayante (lo54), et Fernande/ de Villaumbrales, qui écrivit El Caballero fiel Sol il5o2). Le dernier roman de chevalerie composé en Espagne fut, dil-on, le Policisnc de Beocia. Il parut en 1602, et nous mène à la veille du Don Quichotte.

7. Pastorales. — Au moment où le déclin de la littérature chevaleresque commence à se faire sentir, apparaissent lespremiers romans pastoraux. Le genre, il cstvrai, n'était pas absolument nouveau. L'Italie, avec ÏArcadia de Sannazar. le Portugal, avec les Saudades, ou Menina é Mova de Bernaldim Ribeiro Mascarenhas (1500?, ''^ vers 1552), eussent fourni, au besoin, des inspirations et des modèles. Mais déjà la pastorale se montre, en Espagne, dans les E(//oy«»de Juan del Encina; elle continuera dans les Autan de Lucas Fernândez, de (Jil Vicente. De son côté la poésie lyrique, depuis Garcilaso, multiplie les tableaux champêtres.

Mais ce fut la Diana, de Jorge de Montemayor, qui ouvrit vraiment avec éclat la période des romans pastoraux. L'auleur était Portugais. 11 prit le ngni du village où il était né : Monlcmôr 0 Velha jMonlemayor el Viejo , près de Coïmbre, sur les rives de ce poétique Mondego, plus clianlé que le Lignon de VAsti'ée.

Musicien de la chapelle de D' .Maria, future femme de Felipe II (1"j43), soldat, fourrier {aposentad<ir) de l'infante DVJuana de Castille (i'»;J2-lo.^)i),il lésida en diverses parties

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d'Espagne, particulièrement à Valence, et moui'ut de mort violente en Piémont, en 1561.

La première édition de la Diana ne porte pas de date. Cui Ta placée parfois en 1543, en 1545, mais elle ne paraît pas antérieure à 1558 ; on nous pardonnera d'en placer l'étude sous le règne de Carlos V, car elle était en grande partie composée dans les années antérieures, et IfS autres œuvres de l'auteur Obras, Anvers. 1554, 2 vul : 2" édit. revue sous le titre de Canrionero, Anvers, 1558. 2 vol.) l'avaient rendue célèbre.

La Diana, aussi simple en son intrigue qu'étaient compliqués les romans de chevalerie, raconte les amours d'une Jeune bergère des rives de l'Ezla (province de Leôn ) avec le berger Sereno. Ces amours, contrariés par toutes sortes d'incidents, se terminent malheureusement pour Sereno: Diana Unit par épouser le berger Delio. Nul doute que de nombreuses allusions à des faits réels ne se mêlent à la fiction. Sereno parait bien être Montemayor lui-même et Diana passait, dès le xvi^ siècle, pour désigner une dame de Valencia de S. Juan ; mais il n'est pas prudent de pousser jusque dans le détail ces identifications. A la fable principale, qui, en elle-même, est peu de chose, Montemayor mêle d'autres épisodes, l'histoire de Félix et Felismena, empruntée à la 36'^ Nouvelle de Bandello, celle d'Arsenio et d'Arsileo, celle d'Ismenia, etc. Ces contes jettent quelque variété dans le récit, de même que les nombreuses pièces de vers qu'il contient.

I/immense succès du roman s'explique par son mérite littéraire, par la nouveauté du décor et des costumes, et sans doute aussi parce que celte idylle répondait bien aux aspirations inavouées d'un.e société fatiguée de tant de guern-s et d'agitations. Il va de soi que la campagne où se ]»asse la scène est fort artificielle, de même que les bergers langoureux qui y soupirent. Dans la Diane, comme dans les Eglogues de Garcilaso, c'est la nature vue de loin, à travers les fenêties de l'Alrazar de Tolède. Tous les caractères que l'on notera plus tard dans les romans pastoraux

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