‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 107 sur 263 · ROMANS · texte numérisé non relu

ROMANS

sont déjà dans la Diana Ile mélange de vers et do prose, les éléments autobiographiques et les allusions à la chronique galante, l'absence presque complète de tout sentiment sincère de la nature, le mélange de fictions mythologiques ou merveilleuses, enchantements, apparitions, fontaines magiques, etc.). Cependant, comparé à ceux qui étaient alors en honneur, ce genre offre une certaine simplicité relative, une douceur et une fraîcheur d'imagination qui justifie, ou du moins qui explique sa vogue.

Cet engouement est attesté par dix-sept réimpressions au xvi" siècle, huit au xvii", quatre suites espagnoles, enfin par de nombreuses et illustres imitations, en Espagne et à l'étranger. \.'AMrcc (1 610-20 1, d'Honoré d'Urfi-, est l'un des derniers échos de la Diana. Dans la forme comme dans le fond, les ressemblances entre ces deux romans célèbres sont frappantes. L'un et l'autre ont donné à l'amour courtois une forme, une expression nouvelle. Ils ont également contribué à polir les mœurs et à aiguiser les esprits; ils annoncent respectivement l'école de Gongora et la société de Rambouillet. Il y a plus de naïveté dans la Diana, une psychologie plus compliquée dans VAstrce, plus de sentiment dans celle-là, plus de mouvement et de drame dans celle-ci. Les deux romans ont eu enfin même influence sur la liltératurc d'agrément dans les deux pays.

S. La Nouvelle moresque et le premier roman

picaresque. — V Histoire de ^arvàez (ou Histoire de FAhcncerraijr Abindarràez et de la belle Jarifa) ' n'a que quelques pages, mais elle est charmante et c'est un modèle accompli des romans moresques qui, à leur tour, allaient devenir à la mode.

Le gouverneur ou Alcaide d'Anlequera, D. Rodrigo de Narvàez, personnage d'ailleurs historique, fait prisonnier

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