Farsus y Éylogas de Lucas Fernande:, 1867, p. i.x
196 siÈCLi: non. première partie. — théâtre
avait enfin porté à la scène un certain nombre de Farsas {Farsa Real, Farsa del Mundo, Farsa de (jcnealoyia, de l^iatiridad, etc.), dont les bergers sont les acteurs ordinaires. Pastorales également sont les coiiit'-dies du libraire Tolédan, Luis Hurtado, éditeur des Covtes de la Miierte et des Cortes del casto amor, attribuées à Miguel de Carvajal. Il publia un remaniement de la Comcdia de Preteoy Tlbaldo^, de Perâlvarez de Aylbai, et, pour son compte particulier, une Éçjlofja Silviana, d"un style un peu leni et diffus, mais clair et robuste.
Parmi tous ces dramaturges, dont les œuvres sont devenues rares et dont les noms sont bien oubliés, l'un des plus remarquables, et qui mérite une mention à part, est Lucas Fernândez, deSalamanque,dont les Farsas y Égloga^ se trouvent dans l'édition de 1514 (V. p. 195, noie i). Ce recueil comprend, outre un Diàlogo para cantar, six pièces, dont les trois premières, qualifiées de Comedia, Farsas y ciiasi comedias, nous dépeignent les très simples intrigues amoureuses de paysans ou de soldats, et ne contiennent chacune que trois ou quatre scènes. Viennent ensuite une Éç/loga ô Farsa, un Aîito à Farsa sur la Nativité, et enfin un Auto de la Pasiôn. La langue simple et expressive reproduit les différences dialectales (le charro et le sayagués) des divers interlocuteurs, presque tous empruntés aux classes populaires. Elle en reçoit un cachet de vérité très sensible. La métrique use surtout des villancicos, et des couplets octosyllabiques de pie quebrado. En somme, le théâtre de Lucas Fernândez n'est qu'un écho, un jieu affaibli, mais fort intéressant encore, de celui d'Encina.
13. Celui de Bartolomé de Torres Naharro ni^rt a|)ris L'»30; est plus original et plus i irhe. Né à la Torrede Miguel
I. Co)nedia Tibulda. réoditi-e par i^oiiilla S.iti Martin. Bihliol. Ilispan.. t. XIII.
TOniiKS N.VIIMiliO 197
Sexmero (Estremaduia , notre auteur, après beaucoup iTaventures, dont une captivité chez les Barbaresques, vint .1 Rome, y reçut les ordres et s'attacha à D. Bernardino ('arvajal, Cardinal de S"" Cruz. Il s'établit à Naples vers 1516, où il servit Fabricio Colonna. Ce fut là qu'il publia, en 1517, It' recueil de ses œuvres, sous le titre de Propalladia Prémii^ses de ma Minervei*, dédiée au célèbre marquis de Pescara, Francisco Dâvalos. Quelques poésies e^parses avaient précédé le recueil (un Psalmo. pour célébrer une victoire espagnole, comme ÏHymne de Lcpante, de Herrera, une parodie du concile de Latran, Concilio de (jalanes y cortesanas , une belle Lamentation sur la mort de Pedro Manrique de Lara, duc de Nâjera, inspin'-e par les Copias de Jorge ISTaurique, des romances, la première des trois Lamentaciones de amor, etc.). La Vropafladia contenait, outre des poésies lyriques, des poésies pieuses, une satire, sept épitres, des romances, des canciones, des sonnets, un Dialogue de Noël, et enfin six Comedias : la Seraphina, la Tiaphea, la Soldadesca, la Tinellaria, VHi/menea, la Jacinta. A ces dernières, il faut joindre les deux comédies postérieures, ÏAquilana et la Calamita, pour avoir la listt^ complète de ses œuvres théâtrales. Toutes ces comédies furent représentées en Italie,devant des prélats ou de grands seigneurs.
Le prologue de la P.ropalladia est intéressant : il nous fait connaître les théories dramatiques de Torres Naharro. Toutes les pièces, dit-il, se divisent en comedias a noticia 'réalistes i, et comedias à fantasia (romanesques, de pure imagination;. Parmi les premières, se placent la Soldadesca et la Tinellaria, suite de scènes de corps de garde et de cuisine, entre soudards et picaros; parmi les secondes, plus semblables cà la future comedia de capa y espada, la Serapna, VHimenea, la Calamita et VAquilana. Cette classification, assez vague, s'applique mal à la Trophea, qu\ célèbre les conquêtes des Portugais, ou même à