‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 123 sur 263 · B. A. F., t. XXI · texte numérisé non relu

B. A. F., t. XXI

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LES MVSrUJLES 243^

(les tableaux, l'intérêt dramatique des scènes ({ue le vieil historien avait vues de ses propres yeux apparaissent cncore^ sous le style, plus laborieux et plus savant, de son imitateur.

Ce sont les guerres des Pays-Bas (Las guerras de los Estailos Bajox^, depuis mai l'JSS jusqu'en 1599, que nous laconte Carlos Coloma, qui y avait personnellement pris |>art (1625. i.e récit en est élégant, parfois pittoresque: il respire un accent de vérité et trahit l'enthousiasme guerrier de l'auteur. Ce dernier s'était exercé en traduisant Tacite (1629), que, vers la même époque, traduisaient également Antonio de Herrera (1615), Alamos de Barrientos 1614) et Emanuel Sueiro (1619) : car Tacite, avec Sénèque, fut l'auteur favori de cette période conceptistc.

Le récit de Coloma fait suite airx Comentarios'^ (1592) de Bernardino de Mendoza (1541-1604), le célèbre ambassadeur d'Kspagne en France au temps de la Ligue, dans lesquels sont racontés avec plus de compétence et de précision que de génie, les événements des Pays-Bas, de 1567 à 1577. .Mendoza fait rarement songer à César, son modèle. Melo et Solis continueront ces traditions, mais ils appartiennent à la période suivante.

6. Les Mystiques. — Le grou|ie des écrivains religieux, dits mystiques, n'est pas moins important que celui des historiens, et peut-être est-il plus original. La littérature mystique n'était point assurément inconnue en Espagne jusqu'au xvi^ siècle. Le grand Illuminé, l'auteur génial des Contemplacioncs et du cantique de l'Ami et de rAimé, Ramôn LuU, fut l'un des plus remarquables mystiques de tout le moyen âge. Mais ce fut au xvi" siècle que la doctrine s'épanouit, produisit les fleurs les plus éclatantes et entra dans la littérature proprement dite. Elle réunissait, contenus dans les limites rigides de l'orthodoxie, bien des courants

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