‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 124 sur 263 · B. A. E.. t XXVIII · texte numérisé non relu

B. A. E.. t XXVIII

2i4 SJKCLli DOR. DEUXIÈME PARTIE. — MYSTIOLES

différents, bien dos inlluenees diverses, celle des anciens Platon, Plotin, Denis l'Aréopagite , celle des mystiques du moyen âge, depuis saint Jean Climaque, saint Augustin, Scot Erigène, jusqu'à saint Bonaventure, lEcole Franciscaine, et sainte Catherine de Sienne, depuis les Juifs et les Arabes, Avempace,Tofaïi,Averroès, AvicebroniSalomon ben Gabirol), jusqu'aux Allemands (Tauler, Ruyshrock, Denis le Chartreux, Henri Herph. et aux iNéo-platoniciens italiens, Cemiste Pletlion, Bessarion, Ficin ; tout concourait à favoriser Féclosion de la littérature mystique.

Même en dehors des cloîtres et de TEglise. le platonisme avait suscité des doctrines curieuses sur l'amour divin. L'un des traités les plus importants, à ce point de vue, est celui intitulé Dialof/ues d'Amour, du juif espagnol Abarbanel, plus connu sous le nom de Léon l'Hébreu. Cet ouvrage bizarre dont quelques parties, très éloquentes, sont imprégnées de poésie platonicienne, ne nous est parvenu que dans un texte italien de 1535 traduit en espagnol en 1568, puis en 1582, et en 1590 par Garcilaso llncai. Mais l'on suppose qu'il exista, antérieurement à la version italienne, un texte espagnol. Quoi qu'il en soit, il fut très lu, et il exerça une influence considérable jusque sur les mystiques. Les mêmes métaphores et comparaisons habituelles chez ces derniers se trouvent déjà chez lui [l'échelle mystique, le miroir, la /liimnie cVamour, le sommeil, etc.), et son platonisme ressemble bien souvent au leur. « Gomme la suprême et parfaite beauté est dans l'Intelligence divine, ràme,qui est une splendeur (jui en procède, s'énamoure de la souveraine beauté intelligible et désire la rendre heureuse par une union perpétuelle avec elle... 0 Sophia, quand lu te seras élevée par cette échelle au monde céleste et angélique, tu trouveras que ceux qui participent le plus de cette beauté intellectuelle de la Souveraine Beauté, connaissent mieux tout ce qui manque à la plus parfaite des créatures en comparaison de la beauté de son créateur. » Ce livre est une des sources profanes où s'abreuva le mysticisme espagnol. On pcTit dire, sans paradoxe, qu'il eu fui de

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même du Courtisan de Castiglione, traduit par Boscân : il renferme et condense toule Tcssence du platonisme italien.

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