‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 126 sur 263 · L. Di: GRANADA '2iU · texte numérisé non relu

L. Di: GRANADA '2iU

comprennent dt-s Sfrmoiis et des exercices de rhétDiiquc ecclésiastique (une dizaine de volumes) ; des biographies

d'Âvila, de MiliciaFernàudez, de Fray Bartolomé de los Mârtires, d'Flvira de Mendoza); des traductions (A-Kempis, saint

\. Climaque , et des œuvres spirituelles et uiystiques [le Libro de la oravion ij consUleraciôn (loo4), le Mémorial de la rida cristiana (15^6), etc.]. Parmi ces dernières, les deux plus importantes sont :l°La Giiia de pecadores,donl la popularité, même en dehors de l'Espagne, fut si considérable. (Publié tout d'abord à Lislionne,en liiT)!), puis, sous sa forme délinitive, en 1567.' L'ouvrjige a pour bulde « donner des conseils et des règles à l'homme pour arriver à la vertu ». Le premier livre montre la nécessité de la vertu et les biens que l'on en retire; le deuxième traite des vic.es et des vertus. — 2° Le Simbolo de la Fe (1582; prend l'homme à l'état de nature et l'élève peu à peu jusqu'aux mystères de la foi catholique. La première partie traite de la création du monde et, par la connaissance des créatures, nous élève à celle du créateur (Cf. la première partie du Traité de VExistence de Dieu, de Fénelon). C'est un résumé de toute la science du temps. La deuxième partie est historique et apologétique : puisqu'une religion est nécessaire, il n'en est pas de plus parfaite que le catholicisme. Dans la troisième partie, les mystères de la foi sont examinés à la lumière de la raison naturelle (philosophie), et, dans la quatrième, à la lumière de la foi (théologie;. Le Symbole est donc une sorte d'encyclopédie catholique à l'usage des profanes, fondée surune double méthode, démonstrative ou critique, et mystique. Grauada n'a rien de très original ni comme apologiste ni comme mystique. Il n'a point (et ne pouvait pas avoirj de doctrine propre : son œuvre est une systématisation des doctrines et des méthodes de quebjues-uns à l'usage de tous. C'est un vulgarisateur, parce qu'il met saint Augustin et Cicéron, Cano, et Soto à la portée des ignorants. Il l'est par son érudition très vaste, par le sage tempérament de ses doctrines qui évitent les extrêmes, par sa méthode d'exposition, où l'apiiarat scolastique est rem-

â'iO SIÈCLE d'or, deuxième PAKTIE. — MVSïIOL ES

placé par la clarté et la simplicité df la démonstration, (lui n'a rien de pédant, par son admirable éloquence, vraiment cicéronii'une. qui s'épanche magnifiquement en quelques-unes des plus belles pages qui ont été écrites en castillan, entin, par son style abondant, oratoire, un peu difï'us, et volontiers très imagé, plein de comparaisons ingénieuses et nouvelles. Sa langue est un modèle de pureté et de clarté. Ce vulgarisateur excellent était avant tout un moraliste, et c'est comme tel qu'il est resté populaire. Si Luis de Grenade n'a peut être excellé en rien, s'il y a eu sans doute en Espagne des théologiens, des mystiques, des prédicateurs, des écrivains même plus grands que lui, c'est cependant l'une des figures les plus nobles, les plus parfaites et les plus sympathiques du xvi'' siècle.

I I. Luis de Ledn naquit à Belmonte, dans la Manche, en 1.^27, et mourut à Madrigal, en 1591. De six à quatorze ans il vécut à Madrid avec sa famille, prit l'habit de saint Augustin, en 154.3, prononça ses vœux l'année suivante, obtint, en 1561 , à Salamanque, la chaire de saint Thomas, puis cell»' de Durando (de prima de Sagrada Escritura), et fut dénoncé, en 1572, à l'Inquisition par des collègues, tels que Leém de Castro et Fray Rartolomé de Minlina. On lui reprodiail de n'avoir qu'un i-espect médiocre pour l'autorité de la Vulgate de saint Jérôme, de lui préférer les interprétations rabbiniques, et d'avoir traduit en langue vulgaire le Canti(juc des Cantiqiica. Il resta près de cinq ans dans les prisons de Valladolid, d'où il sortit absous, le l.J août 1577. Il remonta alors dans sa chaire, dont il reprit possession, dit-on, par ces simples mots : Deciamos aycr.... mais il l'échangea contre une autre en 1578. Vicaire général de Castille le 2 luai 1591, provincial le 1 i- août i.T9l. il iiKnirut quel(|ues jours après, le 23 août.

Le chef-d'œuvre en prose île Luis de Lei'm est son ou-

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