LES PHILOSOPHES 2G
10. Les philosophes t — Graciân, par quelques côtés, peut passer pour un philosophe, surtout dans un pays dont la philosophie est considérée par les spécialistes (souvent, il est vrai, mal informés des choses d'Espagne), comme une quantité négligeable. Il est certain que les noms que la philosophie a transrais à la littérature espagnole, même pendant la grande époque, sont rares '. Le plus digne d'être connu est sans contredit celui de Juan Huarte, de Saint- .iean-Pied-de-Port (f 1590), l'auteur du célèbre Examen des Esprits E-vamen de Ingénias para las ciencias, 1575), où l'on a noté des aperçus assez pénétrants et une méthode originale, très nouvelle pour l'époque. — Une douzaine d'années plus tard (1587) paraissait la Niieva Filosofia de la Naluraleza del hombre, signée du nom de D* Oliva Sabuco de Nantes Barrera (1562-1590), ouvrage que l'on tend actuellement à attribuer au père de cette dernière, et dont il serait facile d'extraire quelques pages intéressantes et curieuses. — Pedro Simon Abril, le traducteur d'Aristote (1584), et de plusieurs œuvres latines, a, l'un des premiers, traité de matières philosophiques en langue vulgaire dans ses Apuntaciones de como se deben reformar las doctrinas.
Pour s'expliquer la pauvreté apparente de la littérature philosophique, il faut considérer d'abord que la plupart <!es penseurs de l'époque écrivaient en latin, tels que le grand Luis Vives (1492-1540), dont le sage éclectisme toucha â tant de sciences; — Sébastian Fox Morcillo [De aatiira philosophix, seu de Platonis et Arislotelis consensione, 1554), — ^ le médecin Gomez Pereira [La Antoniana Margarita, 1554, Médina del Campo), — Francisco Vallès, médecin lui aussi (Philosophia Sacra) ; — Francisco Sânchez, professeur de médecine à Toulouse et l'un des plus remarquables penseurs espagnols {De multum nobili, prima et