‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 145 sur 263 · ROMAN · texte numérisé non relu

ROMAN

prises; — El subtil Cordobiis, Pedro de Urdemalas (1620), récit des friponneries de Pedro et de sa prétendue sœur Marina qui ouvrent, à Valence, un salon élégant, une ruelle littéraire, où l'on récite des contes galants; — La sahia Flora MahabidiUa il62l), nouvelle dialoguer dans laquelle la satire des vices et travers à la mode tient beaucou[> de place; ^ El necio bien aforlunado; — El ciirioso y sabio Alejandro, — et surtout la Iiujetàosa Hclena, hlja de Celcatina (1612), la plus connue des nombreuses œuvres de Salas Barliadillo. Helena est une admiraMe Tartufe femelle, qui passe pouruue sainleà Séville, en compagnie de son complice iVlontufar et de sa suivante la Méndez. Il y a une fort belle scène qui, traduite par Scarron dans ses Hypocrites, a très probablement inspiré quelques passages du Tartufe de Molière.

I.e médecin ségovien Jerénimo de Alcalâ Yânez y Ribera 1363-1 632,, auteur de deux duvrages de piété, publia, en 1624 et 1626, le roman iVAlonso, mozo de nnickos amo^ (Alonso, serviteur de beaucoup de maîtres). Ce roman prit dans les éditions postérieures le titre de El donado hablador (le frère-lai bavard), qualiQcatif fort bien mérité par le héros, auquel sa manie déraisonner et de morigéner attire plus d'un ennui, (^est lui qui est chargé de faire de la morale aux soldats, aux étudiants, aux auteurs, aux fidèles, etc., et il s'en acquitte avec une loquacitt' inlassable.

La morale, honnête et bourgeoise, égayt-e de contes et de fables, fait le principal mérite du livre, taillé exactement sur le traditionnel patron picaresque.

Alonso del Castillo Solôrzano ' païaîl, lui aussi, avoir beaucoup écrit pour gagner sa vie, quoiqu'il ait été attaché à la peisonne du marquis del Villar (1624), puis, en

1. Edit. de />a S'iTki de loa e)n//usles, des Xoches de placer et de Las Uarpias de Madrid, par Em. Colarelo [Coleccinn selecfa de uni if/uas novelas esjju noies, t. 111, V et VII;. Madrid. 1!)00-190".

SOI.Ôli/.ANO. — CKSPEDES. — DIOUK 297

qualité de maeslrcxala (majordome), à ctdli' du marquis de les Vêlez, vice-roi de Valence (1625). En 1631, nous le trouvons à Barcelone ; en 163;'), à Saragosse. Ses derniers ouvrages parurent en 1640. Il écrivit beaucoup de comédies, d'iiiteimèdes, de poésies, d'ouvrages de piété {El Sar/ffirio de Valencia) et de romans. Parmi ces derniers, tous picaresques, citons La>i Jlarpias de Madrid y Coche de las estafas [les Harpies de Madrid ri la Voiture au.}' escroqueries), 1632; — La Nina de los ciidia.sles, Teresa de Manzanares [la Jeune Fourbe, T. du M.) ; — Las Avenluras del Bachil- Ic'-TrapazalQlii , suitedu précédent, et continué lui-même parla Garda fia de Sevilla >/ Anzuelo de las Boisas [la Fouine de Séville et t' Hameçon des bourseti, 1634;. Ce dernier est le plus connu des romans de Solôrz'ano : d'ailleuis les escroquerie? de riiéroïne Rutina sont alisulumcnt identiques à celles de la Marina de Rarbadillo, ou de la Justina d'I'beda. Du moins Solûrzano écrit-il mieux que ce dernier; quelques-unes des nouvelles intercalées (0«i veut tout n\t rien ; le Comte des Légumes, etc.) sont amusantes. Mais la rapidité de la composilion se trahil tiop dans les négligences de la forme.

Les Fortunes diverses du soldat Vitidaro Las Fortinias diversas del soldado Pindaro), 1 626, de Gonzalo Céspedesy Meneses ' . est une œuvre estimable, qui rappelle Vobregnn par l'inspiration générale et par la pureté de la morale, mais lui est inférieure par la surcharge d'épisodes et les longueurs du récit, ainsi que par le styletrop recherché. Le même auteur avait donné le Poema tràgico del Espaiiol Gcrardo (vers 1616).

Les mémoires de l'aventurier Diego Duque de Estrada ' Io80, 7 vers UU7), écrits dans les premières années du règne (le Felipe IV, montrent bien quelle part d'autobiographie

1. Ed. des llisturias peref/rinas // ejemplares, par Em. Cularelo [Coleccii'in selecla de anCu/uas novidus esprifioUis. t. 11). Madri<l.

Page 1