H SIÈCLE DOR, DEUXIÈME PARTIE. ROMAN
contenaient parfois les romans de l'époque. Ce Duque fut une sorte de d'Artagnan ou de Sigognac au service dOsuna, qui l'employa à toutes les besognes. 11 raconte ses propres exploits avec une verve toute andalouse, mais dans un style qui ne vaut pas celui d'Alexandre Dumas ou de Théophile Gautier [Comentarios del dei^engano, ô Vida de D. Diego Duque de Estrada escrita por el mwno^).
Las Fantasias de un siisto [C Imagination excitée par la peur, vers 4 630), de Juan Martînez de Moya, montre comment le type courant du roman picaresque avait alors besoin d'être rajeuni. Lauteur imagine que, tandis quela voiture où il voyageait roule vers l'abîme, son esprit, surexcité par l'effroi, lui présente une série, rapide comme Téclair, de souvenirs et d'impressions qui se réveillent et qu'il nous raconte. Cette donnée, qui repose peut-être sur une observation exacte, rappelle quelque peu la manière d'Edgar Poë ou d'Hoffmann.
Nous joindrons à celle longue série de picaresques un livre qui a précisément pour but de mettre en garde les na'ifs et les ignorants contre les fourberies de nos héros : c'est la *Guia y Avisos de forasteros que viencn à la Carte Guide et Arertinsemcnts pour f étranger à Madrid, 1620). par Artonio Liiiân y Verdugo. Chacun des conseils (escarm/cnfos est accompagné d'une nouvelle. L'ensemble, grâce à l'aimable style de l'auteur, constitue une lecture à lafois amusante et instructive par les détails précis qu'elle nous fournit sur Madrid 2.
Nous ne poursuivrons pas plus loin ici l'histoire de ce genre, si fécond en Espagne. Nous en énumérerons les derniers représentants dans la période suivante.
1. Ed. Gayangos {Mémorial hislorico espariol, t. XII), Madrid,